Durant deux jours, les experts de l’artisanat venus des 28 pays membres proposeront des pistes de solutions afin de valoriser l’artisanat en Afrique.
Cette rencontre est placée sous le thème « Quelle stratégie pour le repositionnement de notre artisanat dans les domaines prioritaires du développement de nos pays ? ».
Selon le ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Mamou Daffé, cette thématique revêt une importance majeure et invite à franchir une nouvelle étape. « L’artisanat est bien plus qu’un héritage commun. C’est une véritable économie de proximité, créatrice de valeur et de richesse. Il constitue également un vecteur essentiel de préservation de l’identité de nos peuples », a-t-il déclaré.
Mamou Daffé a précisé que le repositionnement de l’artisanat dans les politiques publiques repose sur cinq piliers. Selon lui, le premier consiste à accorder une place centrale à l’artisanat dans les politiques publiques nationales et régionales. Le deuxième porte sur l’investissement dans la formation, la professionnalisation et la transition numérique afin de préparer les artisans aux défis d’aujourd’hui et de demain. Le troisième pilier concerne l’accès aux marchés et au financement, à travers la facilitation de l’accès aux débouchés commerciaux et la mise en place de mécanismes de financement adaptés. Le quatrième est consacré à la qualité et à la normalisation, avec le renforcement de la qualité des produits, de leur standardisation, de leur labellisation ainsi que des indications géographiques. Enfin, le cinquième pilier met l’accent sur la coopération entre les États membres afin de promouvoir une collaboration renforcée entre les pays et les différents acteurs du secteur.
Soulignant que l’artisanat constitue un véritable pilier économique, le ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme a revélé que l’artisanat représente près de 20 % du PIB du continent, assure 70 % de l’emploi et fait vivre environ 60 millions d’Africains, avec un taux de croissance supérieur à 5 %.
De son côté, Mme Irène Marie Cécile M’boukou KimbatsaN’goma, ministre des Petites et Moyennes Entreprises et de l’Artisanat du Congo-Brazzaville, présidente en exercice de l’ODEPA, a rappelé que les attentes sont centrées sur les résultats des travaux des experts, lesquels serviront de base aux décisions ministérielles. Elle a souligné que l’ODEPA doit renforcer son rôle dans la valorisation de l’artisanat sur le continent. Parmi les priorités évoquées figurent la reconnaissance du métier d’artisan comme une véritable profession et source de revenus ; la valorisation de l’artisanat africain ; l’unité des peuples à travers le rapprochement des cultures africaines, du Mali au Congo, du Maroc à l’Algérie. Concernant les défis majeurs, la présidente de l’ODEPA a insisté sur la formation, le financement et l’accompagnement des artisans par les États, ainsi que sur l’importance des innovations.
Pour sa part, Fidèle Ilboudo, secrétaire général de l’ODEPA, a rappelé que l’organisation, anciennement Comité de Coordination pour le Développement et la Promotion de l’Artisanat Africain (CODEPA), a engagé depuis 2023 des réformes majeures pour se redynamiser. La 11ᵉ Conférence des ministres, tenue le 12 août 2024 à Brazzaville, a acté le changement de dénomination en ODEPA et renforcé sa structuration. Les organes de gouvernance se composent de : la Conférence des ministres, instance suprême réunissant les ministres en charge de l’artisanat, les Coordinations régionales, quatre relais régionaux (Mauritanie, Tchad, Niger, Zimbabwe).
Ilboudo a précisé que la rencontre sera sanctionnée par l’adoption d’une déclaration finale, avant d’exprimer sa gratitude aux experts et intervenants. Il s’est dit convaincu que des recommandations pragmatiques émergeront pour guider les autorités vers un engagement fort en faveur du secteur de l’artisanat et du rayonnement de l’ODEPA.
Moussa M Dembele
Rédaction Lessor
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