À l’heure du Mali : «Mali kura taasira», avec la torche de Sika Koné

Du 29 mai au 4 août, le décompte nous donne deux mois et six jours. Cet intervalle correspond à la période consacrée à la publication des comptes rendus des émissions du programme de communication gouvernementale intitulé «Mali kura taasira», qui en était à sa troisième édition, sous la férule du Centre d’Information Gouvernementale (CIGMA).

Publié vendredi 08 août 2025 à 10:06
À l’heure du Mali : «Mali kura taasira», avec  la torche de Sika Koné

Votre journal a tout suivi, tout noté, tout publié : du passage du Premier ministre à celui des 28 membres du Gouvernement. Le ministre de la Défense et des Anciens combattants a ouvert le bal dans nos colonnes le jeudi 29 mai et le Chef du gouvernement a clos la série dans notre livraison du lundi 4 août dernier. Diffusé sur l’ORTM, décliné sur d’autres chaînes de télévision et relayé dans votre journal, le programme a le mérite de mettre en avant une volonté de redevabilité du Gouvernement, qui conduit l’action publique dans le but d’apporter le bien-être aux Maliens. En ces heures de résilience, dans un contexte de lutte contre le terrorisme et de guerre hybride sans visage, accepter de parler aux populations est un véritable défi, tant la demande sociale est forte. S’il y a une constante qui fait la force de notre pays, c’est bien la résilience des Maliens. Ils continuent à avoir une lecture lucide des enjeux géopolitiques du moment, qui exigent sacrifices, douleurs et efforts pour assurer la diète quotidienne. C’est parce que pouvoirs publics et populations sont convenus, depuis les événements du 18 août 2020 et la rectification de la Transition le 21 mai 2021, que plus rien ne ressemble au passé dans la vie sociopolitique du Mali.

Les orientations fortes en matière de sécurité et de diplomatie font qu’aujourd’hui, le Mali ne doit compter que sur lui-même, en attendant de maîtriser les ajustements nécessaires à la nouvelle gouvernance. Celle-ci construit le «Mali kura» : un nouveau Mali, plus fort, plus souverain, porteur de belles et grandes espérances pour les Maliens et les Maliennes. En cinq ans, les changements sont profonds, mais certainement pas au rythme que souhaiteraient beaucoup de nos compatriotes. C’est ce que le Premier ministre et les membres du Gouvernement, chacun en ce qui le concerne, ont développé lors des 29 numéros de Mali kura taasira.

Le Quotidien National a collé à sa vocation : être le transmetteur de la voie officielle, notamment celle des porteurs de l’action publique. Nos manchettes, tout au long de ces deux mois et six jours, ont tenté de refléter fidèlement les propos de chaque ministre. En résumé, tous ont cherché à faire comprendre qu’ils entendent les échos du Mali profond, en mettant le doigt là où les attentes sont fortes, tout en valorisant les acquis. La plupart de nos gros titres, mis bout à bout, offrent un aperçu général du programme d’action gouvernemental, des attentes, des promesses, mais aussi une photographie de notre vie sociopolitique post-18 août 2020. Lisez plutôt : «La réconciliation passera aussi par la fin de l’impunité», «Aujourd’hui, l’ennemi est presqu’en fin de vie», «Quand un pays est attaqué, sa presse l’est aussi», «Des actions et réformes urgentes pour sortir définitivement de cette crise énergétique», «12 000 emplois ont été créés au premier trimestre 2025», «Aujourd’hui, les élections ne sont pas une priorité». Sur les mines : «Les intérêts du peuple d’abord», «Promouvoir l’industrie n’est pas une urgence, c’est une exigence», «Les indicateurs de croissance sont au vert», «Il faut contrer tous les narratifs négatifs collés aux trois pays de l’AES»

Cette revue de nos titres sur la campagne 2025 de «Mali kura taasira» constitue un véritable panorama de l’état de la Nation, au regard de l’action gouvernementale contée par ses membres. À tout point de vue, les ministres et leur chef ont tenté de dépeindre la situation du pays à travers le prisme de l’action publique, sans tomber dans les déclarations d’intention, les coups d’éclat ou les promesses irréalisables. Cela n’exclut pas les interprétations critiques qu’une partie de l’opinion a pu faire de certains chiffres avancés. Mais les ministres concernés ont eu le réflexe de rappeler que ces données restent fiables, car issues de services spécialisés. Le Mali kura est un projet de société à long terme, dont la réussite dépendra de chaque Malien. C’est ce que le Président de la Transition, le Général d’armée Assimi Goïta rappelle lors de ses différentes sorties. Et cela se comprend, aux dires du Premier ministre dans l’émission, car «le Chef de l’État a la passion de sortir notre pays définitivement de la crise multidimensionnelle». Mali kura est un esprit, un acte quotidien, une vision partagée d’un nouveau Mali, cohérent avec ses nouveaux choix stratégiques, notamment dans ses partenariats bilatéraux et multilatéraux.

Depuis 2020, «le Mali n’a jamais été isolé et le Mali ne sera jamais isolé», selon les mots du Général de division Abdoulaye Maïga. Le Chef du Gouvernement en donne lui-même l’illustration avec ses séjours récents en Asie : d’abord au Japon, à l’occasion de l’Exposition universelle, puis au Turkménistan pour participer à la Conférence des pays sans littoral. Au même moment, le chef de la diplomatie malienne, Abdoulaye Diop, est reçu à Caracas par le président vénézuélien Nicolás Maduro. Dans la sous-région, le Mali forme une Confédération avec le Burkina Faso et le Niger. Le ministre des Affaires étrangères égyptien a été reçu le mois dernier par le Président de la Transition, et a co-présidé avec son homologue malien, ici à Bamako, un forum maliano-égyptien.

Les visites du Président de la Transition en Chine et plus récemment en Russie sont autant de preuves de la présence du Mali sur l’échiquier diplomatique mondial. Nos compatriotes établis à l’extérieur seraient les premiers à subir un isolement du Mali, s’il y avait lieu. Mais au contraire, par les actes posés, chaque Malien se trouve magnifié sous d’autres cieux, souvent envié. Mali kura est en chacun de nous, vivant, dormant ou latent. L’acte posé par notre jeune compatriote basketteuse Sika Koné est évocateur de cet élan d’une nouvelle citoyenneté. Elle a bravé son club de NBA aux États-Unis, mis en péril son juteux contrat de basketteuse professionnelle, pour répondre à l’appel du pays à travers sa participation à l’Afrobasket féminin, Abidjan 2025. Pour le Mali, aucun sacrifice n’est trop grand. Geste de noblesse et de grandeur.

C’est la leçon qui peut servir de torche pour éclairer le chemin vers un nouveau Mali, celui pour lequel une nouvelle Charte nationale pour la paix et la réconciliation vient d’être adoptée par le CNT. Elle balise le chemin vers un Mali prospère et envié, avec la baraka d’un nouveau contrat, pour toutes les Sika Koné du pays, porteuses du Mali dans le cœur.

Alassane Souleymane

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