L’enseignant-chercheur explique que le terrorisme au Mali s’est développé dans une dynamique de recomposition stratégique en réaction aux réponses progressives de l’état. Successivement défait, soutient Dr Boubacar Bocoum, dans ses offensives contre les installations militaires, puis dans ses tentatives de déstabilisation économique par des attaques ciblées contre les infrastructures critiques, le terrorisme évolue désormais vers une menace hybride, diffuse et protéiforme.
« Ces nouveaux modes opératoires reposent sur des coalitions mêlant groupes terroristes, mouvements séparatistes, soutiens internationaux et acteurs politiques cités dans des procédures relatives à des faits institutionnellement sensibles », souligne le maître de conférences, indiquant que ces acteurs subversifs visent désormais les responsables du commandement militaire, dans une stratégie d’atteinte méthodique à la continuité de l’État. Selon lui, face à cette menace hybride, le législateur entend y apporter une réponse pénale à la fois rigoureuse et structurée. L’analyste affirme que le nouveau Code pénal du Mali consacre, d’une part, le livre II, relatif aux crimes et délits contre la Nation, l’État et la paix publique, et, d’autre part, le livre V, exclusivement dédié à la répression du terrorisme.
Concernant les crimes et délits contre la Nation, notamment la centralité de l’incrimination de trahison, Boubacar Bocoum note que parmi les infractions les plus graves prévues au Livre II figure la trahison. à son avis, cet acte constitue l’archétype de l’atteinte à la Nation. « Est déclaré coupable de trahison et puni de mort, tout Malien qui porte les armes contre le Mali », argumente le spécialiste en droit pénal, précisant que l’incrimination vise ici l’atteinte directe à l’intégrité territoriale et à la souveraineté nationale, indépendamment de toute justification idéologique ou politique. Pour lui, relève également de la trahison, tout Malien qui entretient des intelligences avec une puissance étrangère en vue de l’engager à entreprendre des hostilités contre le Mali ou de lui fournir des moyens. Pour le juriste, le texte clarifie que cette assistance peut résulter, notamment, de la facilitation de la pénétration de Forces étrangères sur le territoire national, de l’atteinte au moral des Forces armées, de l’ébranlement de leur fidélité ou de toute autre manœuvre équivalente.
RESPONSABILITE PENALE- Dr Boubacar Bocoum soutient que l’élément matériel de l’infraction est donc volontairement large, traduisant une approche préventive de la protection de l’État. Il spécifie que la trahison est également constituée lorsque l’auteur livre à une puissance étrangère, un secret de la défense nationale, ou lorsqu’un Malien participe sciemment à une entreprise de démoralisation de l’Armée. « Enfin, en temps de guerre, le fait d’entretenir, sans autorisation du gouvernement, une correspondance ou des relations avec les agents d’une puissance ennemie suffit à engager la responsabilité pénale », fait remarquer l’expert en sciences criminelles.
« A côté de la trahison, le Code pénal incrimine l’atteinte à la sûreté extérieure de l’État, punie de 20 ans de réclusion criminelle et l’atteinte à la sureté intérieure punie de réclusion de 30 ans voire la peine de mort », informe le diplômé de l’Université Cheick Anta Diop de Dakar (Ucad). D’après lui, le législateur a précisé que la tentative est punie comme l’infraction consommée, marquant ainsi la volonté de neutraliser le danger dès son stade préparatoire.
S’agissant des infractions terroristes, le secrétaire général adjoint de l’Association malienne de droit pénal fait savoir que le Livre III du Code pénal consacre un régime autonome aux infractions terroristes. « Celles-ci se définissent par l’usage intentionnel de la violence ou de la menace dans le but de troubler gravement l’ordre public par l’intimidation ou la terreur », explique-t-il, tout en soutenant que l’originalité du dispositif réside dans l’anticipation de la répression. Le maître de conférences à l’Université Kurukanfuga insiste que ce régime traduit un déplacement du centre de gravité de la responsabilité pénale, qui ne sanctionne plus uniquement l’acte accompli, mais également la participation consciente à une entreprise terroriste. Pour Dr Bocoum, la logique est celle du démantèlement des réseaux terroristes.
Parlant de la responsabilité pénale et du statut des auteurs, Boubacar Bocoum développe que la conflictualité malienne ne se limite plus à l’affrontement classique entre l’État et des groupes armés. « Mais elle se déploie à travers des réseaux composites associant organisations terroristes, mouvements séparatistes, acteurs civils, figures politiques et relais transnationaux », souligne le pénaliste. D’après lui, cette hybridation des acteurs et des modes opératoires brouille les frontières traditionnelles de l’imputabilité pénale, en multipliant les formes indirectes de participation criminelle à savoir le soutien logistique, le financement, l’influence informationnelle ou la légitimation politique.
Malgré cette complexité, développe notre interlocuteur, la lutte contre la guerre hybride au Mali peut s’appuyer efficacement sur le cadre juridique pénal existant, dont la densité et la cohérence permettent déjà d’appréhender les formes contemporaines de conflictualité. L’enseignant à l’école de maintien de la paix Alioune Blondin Bèye retient que l’enjeu ne réside donc pas dans une prétendue réinvention du droit pénal, mais dans une mobilisation anticipative de ses instruments.
Dans un contexte marqué par l’hybridation des menaces, Dr Bocoum alerte sur l’efficacité de la réponse pénale, tout en recommandant une logique de prévention stratégique, fondée sur l’anticipation, le renseignement juridique, la détection précoce des risques et la gestion prospective des vulnérabilités institutionnelles. Pour lui, la prévention constitue non seulement une exigence sécuritaire, mais aussi une condition de préservation durable de l’État de droit. « L’efficacité de la réponse pénale dépendra de la capacité des juridictions et des autorités de poursuite à mobiliser cet arsenal normatif de manière rigoureuse et respectueuse des principes directeurs du procès pénal», conclut Dr Boubacar Bocoum.
Namory KOUYATE
L'examen du Brevet de technicien de santé (BT-Santé) au titre de la session 2026 commence ce lundi 20 juillet. Les candidats composeront jusqu'au 24 juillet dans les filières Santé maternelle et infantile, Santé publique et Laboratoire pharmacie..
Les Forces armées maliennes (FAMa) annoncent avoir détruit, ce samedi 18 juillet 2026, un important dépôt logistique appartenant à la coalition terroriste JNIM/FLA dans la zone de Kardjiba, à l’est de Gourma-Rharous..
Les Forces armées maliennes (FAMa) ont annoncé avoir repoussé, ce samedi 18 juillet 2026, une embuscade tendue par la coalition terroriste JNIM/FLA contre un convoi militaire à Tabrichat, dans le cercle de Bourem (région de Gao). En riposte, des frappes aériennes de précision ont été menée.
L’ancien gardien international malien Germain Berthé est décédé ce vendredi 17 juillet 2026 à Ségou, selon un avis nécrologique publié par Bougouni SPORT sur sa page Facebook. Le défunt évoluait cette saison sous les couleurs de l’Union sportive de Bougouni..
La 3è édition du Colloque international sur le thème «Décentralisation et le développement durable en Afrique» s'est ouverte, hier à la Faculté des sciences administratives et politiques (FSAP). Organisé par l'Université Kurukanfuga de Bamako (UKB) à travers son Centre d’excellence de.
Dans le but de promouvoir le mérite, célébrer l’excellence scolaire et encourager les élèves à redoubler d’efforts, les autorités de Sikasso ont rendu un hommage bien mérité aux trois premiers du DEF et du baccalauréat de l’académie d’enseignement de Sikasso. C’était le mercred.