Droit d’auteur : Une legère modification dans les règles

On le constate depuis quelques années maintenant, les artistes sociétaires du Bureau malien du droit d’auteur (Bumda) ou leurs ayants droit se bousculent aux portillons de l’établissement pour percevoir leurs droits d’auteurs. On parle beaucoup du droit d’auteur et des droits voisins du droit d’auteur au sein des regroupements des créateurs.

Publié vendredi 28 août 2026 à 09:55
Droit d’auteur : Une legère modification dans les règles

Le directeur général du Bumda, Dr Yaya Sinayoko

 

Au titre de l’exercice écoulé, la sentinelle qui veille sur les droits des artistes a procédé à la répartition des droits. Mais une nouvelle réglementation a apporté une légère modification à la clé de répartition, acceptée par les représentants des différentes organisations faitières. À noter que tous les artistes ne sont pas logés à la même enseigne. La situation a fait des heureux, notamment ceux qui perçoivent plus (des montants assez intéressants) et fait grincer des dents chez d’autres. Une chose est sûre, c’est que les montants alloués sont fonction de l’usage fait des œuvres.

Le directeur général du Bumda, Dr Yaya Sinayoko, précise qu’aucune modification substantielle n’a été apportée aux règles de répartition parce que les derniers textes en vigueur ont été adoptés en 2023. S’agissant de l’Ordonnance, récemment ratifiée par le Conseil national de Transition (CNT) en juin dernier, il est important de souligner que celle-ci n’introduit pas de changements spécifiques en matière de répartition des droits.

Son apport principal réside dans la modernisation du cadre juridique général, le renforcement de la protection des titulaires de droits et l’intégration de nouveaux mécanismes de rémunération, conformes aux normes communautaires. 

  Dès l’adoption de cette Ordonnance, le ministère de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, à travers le Bumda, a entrepris les démarches nécessaires à la mise en œuvre effective des dispositions relatives à la rémunération pour copie privée. À cet effet, un Arrêté interministériel est actuellement en cours d’adoption afin de définir les modalités pratiques d’application de ce mécanisme, d’organiser la collecte des redevances correspondantes et de garantir son opérationnalisation effective au bénéfice des créateurs et autres titulaires de droits. Dr Sinayoko poursuit ses explications. Il a été question des directives de l’Union économique et monétaire ouest africain (Uemoa), en matière de droit d’auteur, de leur transposition dans la loi malienne et leur impact sur l’amélioration des revenus des artistes maliens.

Il convient de noter que la Commission de l’Uemoa a adopté cinq directives visant à harmoniser les cadres normatifs des États membres dans des secteurs stratégiques de la culture et de la propriété intellectuelle. Parmi lesquelles, trois concernent spécifiquement le domaine de la propriété littéraire et artistique. Il s’agit de la Directive du 26 juin 2020, relative à la lutte contre les atteintes aux droits de propriété littéraire et artistique au sein des États membres, de la Directive du 21 septembre 2018 portant harmonisation du dépôt légal des documents audiovisuels au sein des États membres de l’Union. Mais aussi de la Directive du 22 septembre 2023 portant harmonisation des dispositions relatives au droit à rémunération pour copie privée au sein des États membres de l’Uemoa.

Cette dernière, introduit, pour la première fois dans l’espace communautaire, un cadre harmonisé de mise en œuvre de la rémunération pour copie privée. Les deux autres respectivement relatives au dépôt légal et celle portant cadre réglementaire pour la production et la circulation de l’image au sein de l’espace Uemoa.

La transposition de ces directives constitue une étape majeure dans le processus de modernisation du cadre juridique régissant le droit d’auteur et les droits voisins. Elle permet non seulement d’adapter les mécanismes de gestion collective aux évolutions technologiques, numériques et socio-économiques, mais également de renforcer l’efficacité et l’applicabilité des textes réglementaires nationaux.

Selon le Dr Sinayoko, cette réforme répond à des exigences juridiques, institutionnelles, économiques et technologiques devenues incontournables dans un contexte marqué par la transformation rapide des modes de création, de diffusion et de consommation des œuvres. Sur le plan économique, les retombées attendues sont particulièrement significatives, notamment l’introduction du droit à rémunération pour copie privée. Le directeur du Bumda soutient aussi que la mise en œuvre de ces différentes directives favorisera une meilleure rémunération des auteurs, artistes-interprètes, producteurs et autres titulaires de droits.

Et cela a été possible grâce au renforcement des mécanismes de perception et de répartition des redevances. Ce qui va contribuer à réduire les pertes économiques engendrées par la contrefaçon et le piratage des œuvres, tout en améliorant la sécurité juridique des investissements dans les industries culturelles et créatives. Et de dire que l’harmonisation des règles au sein de l’espace Uemoa facilitera la circulation des œuvres, le développement des échanges culturels et l’émergence d’un marché régional plus structuré et plus attractif. Enfin, l’enseignant-chercheur explique que ces réformes vont favoriser la création d’emplois, l’accroissement de revenus générés par le secteur culturel et contribuer à la croissance économique nationale et communautaire.

Youssouf DOUMBIA

Lire aussi : 6è mandature du CESEC : À l'heure du bilan

Tourner la page d'un cycle quinquennal en dressant un état des lieux sans complaisance. C’est la démarche entreprise par le Conseil économique, social, environnemental et culturel (CESEC), ce mardi 20 octobre 2026, au siège de l'institution, à l'occasion de l'ouverture solennelle de sa sixiè.

Lire aussi : Refondation de l’Etat : La place et le rôle du juge constitutionnel en débat

La Cour constitutionnelle organise, depuis ce mardi 20 octobre 2026 dans un hôtel de Bamako, un colloque international sur le thème : « Place et rôle du juge constitutionnel dans la refondation de l’Etat »..

Lire aussi : Journalisme économique : Le RJEM renforce les capacités de 20 journalistes

Réseau des journalistes économiques du Mali (RJEM) a organisé ce mardi 20 octobre 2026 une formation spécialisée destinée à renforcer les capacités de 20 journalistes maliens dans la couverture des questions économiques..

Lire aussi : Mois de la solidarité à Gao : Cadeaux aux doyens de la cité

Le chef de l’exécutif régional, le Général de division Moussa Morba Traoré, a officiellement lancé, mardi dernier, les activités du Mois de la solidarité et de lutte contre l’exclusion au 7ème quartier en faisant un geste symbolique de vivres, de non vivres et une enveloppe symbolique Ã.

Lire aussi : San : Le gouverneur suit la révision des listes électorales

Le gouverneur de la Région de San, le Colonel-major Ousmane Sangaré, a effectué, mardi 13 octobre, une visite à la mairie de la Commune urbaine de San pour s’enquérir de l’état d’avancement de la révision annuelle des listes électorales..

Lire aussi : Koulikoro : Rencontre de notification de la répartition des ressources du fonds minier de développement local

Le gouverneur de la Région de Koulikoro, le Colonel-major Lamine Kapory Sanogo a notifié, mercredi, aux 67 collectivités territoriales, les montants qui leur sont alloués dans le cadre de la répartition des ressources du Fonds minier de développement local..

Les articles de l'auteur

Langue nationale : L’alphabet Bamanan «ngo» jusque-là méconnu du grand public

Il y a un alphabet bamanan qui existe depuis 1964. Il s’intitule le Ngo (Je dis en français). Il a été initié par Abdoulaye Mori Djiré de la famille Djiré dans le quartier Somonosso de Ségou..

Par Youssouf DOUMBIA


Publié jeudi 15 octobre 2026 à 09:25

Adama Diabaté : Un virtuose des musiques mandingue et urbaine

À la fois guitariste prodige, auteur, compositeur, arrangeur et directeur musical, Adama Diabaté s’impose comme un architecte discret des plus grands succès de la scène locale et internationale..

Par Youssouf DOUMBIA


Publié jeudi 01 octobre 2026 à 09:26

Cinéma : Manden Sina, la vie et l’œuvre du dernier maître du Sinbi

C’est un film documentaire de grande qualité que Mahamadou Kotiki Cissé a montré jeudi dernier, en avant première aux professionnels. Intitulé « Manden Sina », ce docu-fiction a été projeté dans la salle du Centre national de la cinématographie du Mali (CNCM). En effet, cette structure cinématographique entend, depuis quelques années revivre les « Projections techniques » qui consistent à soumettre les œuvres aux yeux experts des pairs..

Par Youssouf DOUMBIA


Publié mardi 08 septembre 2026 à 10:07

Abdoulaye Konaté : « L’âme des signes » pavoise le musée national

Ces œuvres impressionnantes de beauté extraordinaire sont réalisées avec des morceaux de tissus colorés par les soins de l’artiste.

Par Youssouf DOUMBIA


Publié vendredi 04 septembre 2026 à 09:14

Manuscrits anciens : La bibliotheque Cheick Mouhamad Mouctar Minta logée de neuf

Le quartier de Somonosso de Ségou était particulièrement animé lundi dernier. En effet, femmes, jeunes, adultes et surtout notabilités, chefs de quartier, imams et maîtres coraniques ont rué vers le cœur de ce quartier populaire pour l’inauguration de cette bibliothèque de manuscrits anciens de la famille Minta..

Par Youssouf DOUMBIA


Publié mercredi 02 septembre 2026 à 08:38

Photographie : John Kalapo, lauréat de l’académie des beaux-arts

Le photographe est sélectionné parmi des dizaines de candidats dans le cadre du programme "Arts visuels" qui accueille chaque année 4 artistes du domaine. Il sera aussi probablement l’une des attractions de la 15è édition de la Biennale africaine de la photographie.

Par Youssouf DOUMBIA


Publié mardi 11 août 2026 à 08:25

Harouna Samaké : Le visionnaire qui transforme le kamale N’Goni

Harouna Samaké est sans doute un artiste malien peu connu du grand public. Pourtant, depuis plus de deux décennies, il parcourt les scènes internationales avec son instrument : «le kamale n’goni». Cet ancien compagnon du célèbre musicien Salif Keïta, finira par créer son groupe avec des amis africains, européens et américains..

Par Youssouf DOUMBIA


Publié vendredi 03 juillet 2026 à 08:54

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner