Une vue du présidium lors de la cérémonie
L’Université Kurukanfuga de Bamako, en partenariat avec l’Université des sciences sociales et de gestion, a officiellement inauguré, hier, la première édition de son école d’été dédiée au thème : «Exploitation minière au Mali et contenu local : pratiques, réformes, enjeux et perspectives pour le développement ».
La cérémonie d’ouverture s’est tenue au bloc pédagogique de la Faculté des sciences administratives et politiques, en présence du ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, le professeur Bouréma Kansaye. Y ont également pris part des représentants des départements ministériels en charge de l’Économie et des Finances, des Mines, ainsi que de l’Environnement et de l’Assainissement.
Cet événement de trois jours s’adresse aux experts, enseignants-chercheurs, étudiants et doctorants. Dans son allocution, le recteur de l’Université Kurukanfuga, le professeur Paul Traoré, a mis en lumière l’importance de cette initiative dans le contexte des réformes engagées par les autorités depuis 2023.
Ces réformes se sont concrétisées par l’adoption d’un nouveau code minier et d’une loi relative au contenu local, marqueurs inédits dans l’histoire du Mali. «Les résultats de cette réforme commencent déjà à se manifester. Nous observons une augmentation considérable des recettes minières », a déclaré le recteur. Il a aussi souligné que les universités ne sauraient demeurer en marge de ces transformations destinées à ériger le secteur minier en véritable levier de développement.
Par ailleurs, le professeur Traoré a annoncé la création d’un master en droits miniers, droits des investissements et gouvernance des ressources naturelles, dont le lancement est prévu dès l’année universitaire 2026-2027. L’objectif consiste à former des juristes spécialisés dans la négociation de contrats miniers, les droits des investissements et les politiques de gouvernance des ressources naturelles. « L’Université Kurukanfuga a résolu de poursuivre cet accompagnement de la réforme minière », a-t-il affirmé, tout en exprimant l’espoir de voir cette école d’été se reconduire au cours des années ultérieures.
Pour sa part, le ministre Bouréma Kansaye a rappelé les dispositions de la loi relative au contenu local, laquelle impose le recours prioritaire aux compétences nationales, limite le personnel expatrié à un plafond de 10 % et exige qu’au moins 35 % des participations des entreprises étrangères soient détenues par des associés maliens. «Cette loi demeurera une promesse et une simple inscription sur le papier si nos structures d’enseignement ne parviennent pas à former l’élite technique requise », a-t-il averti.
Le ministre Kansaye a salué la création récente des écoles des mines et du pétrole du Mali, ainsi que le déploiement de pôles d’excellence en ingénierie minière, qu’il a qualifiés d’avancées historiques permettant de maîtriser l’ensemble de la chaîne de valeur extractive. Il a plaidé en faveur d’une approche interdisciplinaire, suggérant notamment d’associer les économistes au futur master en droits miniers, afin de former des cadres aptes à analyser les flux financiers sectoriels, la traçabilité fiscale et la gestion des fonds de développement locaux.
Le ministre a également insisté sur la dimension environnementale : le contenu local doit garantir la protection des écosystèmes, à travers des programmes intégrant la réhabilitation des sites, les traitements propres et la préservation de la biodiversité.
Le professeur Kansaye a lancé un appel solennel aux entreprises du secteur : ouvrir largement leurs portes aux étudiants pour des stages d’immersion, financer des recherches et solliciter les laboratoires nationaux pour les analyses géologiques et environnementales. « En connectant nos universités aux réalités du marché, nous assurons une insertion professionnelle immédiate et pérenne pour nos diplômés », a-t-il déclaré.
Cette première école d’été, constitue ainsi un pas décisif vers une appropriation nationale renforcée du secteur minier, en plaçant la formation supérieure au cœur des enjeux de souveraineté économique et de développement durable du Mali.
Amara Ben Yaya TRAORE
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