Cela, pour des actes présumés, sur l’unique fondement du rapport des Nations unies sur «les évènements de Moura» sans attendre la conclusion des enquêtes judiciaires menées par les autorités maliennes
Le gouvernement de la
Transition, dans son communiqué, rappelle avoir contesté le rapport biaisé tant
sur l’approche que son contenu et a décidé d’ouvrir une enquête judiciaire
contre la mission d’établissement des faits pour actes criminels. Au-delà de la
mesure elle-même, sans fondement et injuste, le message que le gouvernement des
États-Unis d’Amérique véhicule, ainsi que la forme publique de son annonce,
portent atteinte à la présomption d’innocence des intéressés et jettent le
discrédit sur l’ensemble de l’Institution militaire.
Cette situation s’ajoute à
celle créée quelques jours auparavant, le 22 mai 2023, par l’accusation formulée
par le Porte-parole du Département d’État américain, lors d’un point de presse,
et relative à un prétendu rôle que le Mali aurait joué pour faciliter la
fourniture d’armes, dans le cadre d’une crise pour laquelle notre pays a observé
la stricte neutralité lorsque les aspects substantiels étaient examinés.
En réaction
à cette accusation du Département d’État, le 25 mai 2023, quelques heures avant
l’annonce des sanctions contre les deux officiers maliens, dans une démarche
constructive, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération
internationale, Abdoulaye Diop, a convié l’ambassadrice des États-Unis d’Amérique
au Mali, pour lui signifier, entre autres, l’extrême gravité des fausses
accusations portées contre notre pays.
«En plus de la nature infondée des allégations,
le gouvernement de la Transition dénonce leur légèreté confirmée par le
Porte-parole du Département d’État américain», indique le communiqué, rappelant
que ce dernier a avoué lui-même en avouan ceci : «à date, nous n’avons
aucune indication que ces acquisitions aient été finalisées ou réalisées».
À travers cette attitude des États-Unis
d’Amérique, précédée de leur refus de livrer en 2021, un avion de l’Armée de
l’air malienne «le Casa», le gouvernement de la Transition indique être
contrarié par ces actions qui impactent négativement la coopération bilatérale,
à un moment où le Mali lutte obstinément contre la junte française, promotrice
du terrorisme dans le Sahel. Saisissant cette occasion, le gouvernement rejette
avec force l’instrumentalisation et la politisation des droits de l’Homme pour
des visées géopolitiques et dénonce la politique des «deux poids deux mesures».
À ce sujet, les autorités
maliennes rappellent au gouvernement américain son silence troublant, suite au
bombardement par la France, le 3 janvier 2021, de paisibles citoyens maliens
qui célébraient un mariage à Bounti. Ce, bien que la responsabilité de la
France ait été établie par la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations
unies pour la stabilisation au Mali (Minusma).
Face à la complexité de la
crise sécuritaire au Mali et dans la région, prévient le gouvernement, les
mesures unilatérales inconsidérées sont contre-productives, voire dangereuses
et ne feront que renforcer les groupes terroristes et les forces obscurantistes
qui se sont renforcés, depuis l’intervention militaire en Libye et contre
lesquels se battent nos vaillantes Forces armées maliennes (FAMa).
Les autorités maliennes lancent un appel au gouvernement américain pour l’arrêt de la campagne de désinformation contre le Mali et l’invitent à respecter les trois principes définis par le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta et qui guident l’action publique au Mali. Il s’agit du respect de la souveraineté malienne ; du respect des choix stratégiques et des choix de partenaires opérés par le Mali ainsi que de la prise en compte des intérêts du peuple malien dans toutes les décisions.
Le gouvernement rassure l’opinion nationale qu’aucune manœuvre ne saurait le pousser à adopter une position partisane, sur fond de tensions géopolitiques, ni compromettre l’œuvre de la Refondation en cours au Mali, ainsi que la montée en puissance des FAMa. Le Mali réitère son engagement pour la promotion et la protection des droits de l’Homme dans le cadre du dialogue et du respect mutuel.
Souleymane SIDIBE
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