Face aux défis actuels : La résilience à la malienne

Dans la plus grande dignité, le peuple malien fait face aux difficultés et aux désagréments engendrés par de nombreux défis. Les sanctions ayant causé une augmentation du coût de la vie n’ont pas eu raison de la détermination des Maliens à assumer leur choix, conscients qu’il y a un prix à payer pour sa dignité et sa souveraineté. C’est du moins ce que pensent des Maliens interrogés sur des choix stratégiques et certaines décisions des autorités de la Transition.

Publié mardi 29 avril 2025 à 08:05
Face aux défis actuels : La résilience à la malienne

Manifestation populaire du 14 janvier 2022 contre les sanctions de la Cedeao

 


 Samou Samuel Koné, un membre influent du Collectif pour la défense des militaires (CDM) est l’un d’eux. Joint par téléphone, cet acteur de la société civile, très actif depuis 2020 rappelle que la grande mobilisation du 14 janvier 2022 est le symbole et l’expression de la résilience du peuple malien. De ce moment à nos jours, selon lui, dans les villes et dans les zones rurales, les Maliens acceptent volontiers de souffrir pour soutenir les autorités, estimant que cette souffrance est le prix à payer pour accéder au «Mali kura» de leur rêve.


À ce propos, il estime avec conviction que les récents progrès réalisés par notre pays, tant sur le plan politique que sécuritaire, ont été rendus possibles grâce à l’adhésion, au soutien et à la résilience de ses populations. Il rappelle avec enthousiasme la tenue des Assises nationales de la Refondation (ANR) et le Dialogue inter-Maliens, desquels sont issues moult recommandations, toutes visant à générer une nouvelle gouvernance dans la paix, la réconciliation et une harmonie sociale.

Cette nouvelle gouvernance peut se fonder sur une nouvelle carte administrative née à la suite d’un long processus de réorganisation administrative et territoriale. L’un des objectifs de cette nouvelle carte est de rapprocher l’administration des citoyens mais surtout de combler le vide territorial qui favorise des activités illicites et criminelles. Samou Samuel Koné ne passe pas sous silence la nouvelle Constitution et la reprise de la ville stratégique de Kidal le 14 novembre 2023 comme des motifs de satisfaction et la résultante de la résilience du peuple malien. Une date inoubliable dans la reconquête de notre intégrité territoriale.     

Ces résultats engrangés ne sauraient être enregistrés sans le soutien, voire la complicité de la population. Toute chose qui est la marque du patriotisme du Malien. «Ce combat, nous le mènerons et nous le gagnerons avec la volonté et l’engagement patriotiques nécessaires. Car nous sommes convaincus que ce combat est noble», renchérit le Président du Conseil national de Transition (CNT), le Général de corps d’armée Malick Diaw qui s’est aussi prononcé sur les nouvelles taxes sur les télécommunications et le mobile money entrées en vigueur le 5 mars 2025.

Le Chef de l’organe législatif est convaincu que loin d’être des mesures coercitives comme le pensent certains, ces taxes ont déjà montré leur utilité. «Cette initiative des autorités a permis d’améliorer considérablement la fourniture de l’électricité», a-t-il dit tout en soulignant que tout n’est pas encore parfait, mais il y a des progrès notables à encourager. Et de saluer le patriotisme des Maliens qui ont accepté avec courage et sagesse ces taxations qui seront des palliatifs pour renforcer notre économie. «Nous mettre debout pour résoudre nous-mêmes nos problèmes est une exigence des temps actuels», a insisté Malick Diaw.  

 

PLUS D’ENGAGEMENT- Sur la même question, un autre citoyen du nom d’Ibrahima Baba Diarra trouve que la résilience est extraordinaire chez la majorité de ses concitoyens. Il reconnaît toutefois la présence au sein de ce peuple de «quelques mauvaises graines» à la solde de l’impérialisme. «Dans un pays en guerre communicationnelle, un bon citoyen doit être le premier soldat de sa patrie en tout temps et en tout lieu», soutient-il. 

Moussa Coulibaly, consultant indépendant, est du même avis que Ibrahima Baba Diarra. Il dresse le constat selon lequel, les gens sont déterminés et croient encore que les dirigeants actuels pourront répondre à leurs attentes. «Nous sommes tous des citoyens maliens. Nous croyons encore et davantage à l’avenir», fait-il savoir, tout en appelant au renforcement du contrat de confiance qui existe entre les autorités et le peuple.

Mme Soumaré Kadidiatou Sylla, femme de ménage, abonde dans le même sens mais invite les autorités à plus d’engagement pour pallier les déficits constatés çà et là et à faire face aux défis actuels. Dans son grin, la dame clame à qui veut l’entendre que la grandeur d’un pays se construit par l’endurance et la persévérance face aux défis. Elle invite à dépasser les discours pour instaurer le respect et la reconnaissance de notre pays. Ce qui passe par des actes concrets et des sacrifices à consentir, entre autres, la réduction du train de vie de l’État. 

Comme beaucoup de ceux qui l’ont précédé sur la question de la résilience des Maliens, Dr Fodié Tandjigora salue la capacité du peuple malien à s’adapter et à se montrer résilient aux défis multiples. La crise actuelle que nous traversons est liée à nos choix politiques et économiques, selon l’enseignant-chercheur à l’Université Yambo Ouologuem de Bamako. «Le peuple a compris que nous avons opté pour un certain nombre de choix. Ce choix nous coûte extrêmement cher et il l’assume», soutient Fodié Tandjigora. Et de relever que les gens ont su adapter leur économie, leur façon de vivre, leur métier et ont supporté avec stoïcisme ces périodes difficiles. Le sociologue estime que cette résilience est due, une fois de plus, au fait qu’ils sont conscients des enjeux liés notamment aux choix politiques et stratégiques faits par le Mali.

Fodié Tandjigora pense qu’un peuple peut être résilient pendant un temps, mais pas pour tout le temps et souligne la nécessité de trouver des solutions progressives, secteur par secteur. Vu que l’État ne peut pas résoudre tous les problèmes en même temps, il doit les gérer progressivement. Cela, afin que les progrès réalisés puissent être évidents et que la résilience qui est tant observée par les Maliens, puisse continuer à donner la chance à notre pays d’avoir un nouveau départ. L’enseignant-chercheur croit que cela passe également par une vraie vision stratégique. Il explique que c’est la mise en évidence de cette réponse stratégique qui pourra faire en sorte que le peuple puisse croire à un lendemain meilleur. «Si le peuple cesse de croire à un lendemain meilleur, il pourrait se transformer en un peuple extrêmement monotone sans vision…», prévient-il.

Souleymane SIDIBE

Lire aussi : Supposée libération de terroristes : La DIRPA dénonce une pure manipulation

Acculés par la pression militaire exercée par les Forces armées maliennes (FAMa), les groupes armés terroristes et leurs parrains se rabattent désormais sur le terrain médiatique pour tenter de déstabiliser notre pays. Cette dénonciation a été faite par le patron de la Direction de l’inf.

Lire aussi : Ministère de la Justice et des Droits de l’Homme: Le rapport annuel d’activités 2025 remis au Garde des Sceaux

Les deux tomes du rapportLe rapport annuel d’activités 2025 constitue un document monumental de 1.087 pages, structuré en deux volumes distincts avec un premier tome de 381 pages consacré aux services centraux et un second tome de 706 pages dédié aux juridictions nationales..

Lire aussi : Un choc exogène lié aux tensions géopolitiques

La hausse des prix du carburant au Mali, observée il y a quelques jours, suscite de nombreuses interrogations et inquiétudes au sein de la population..

Lire aussi : À l’heure du Mali : La résilience malienne, face au choc pétrolier venu d’Ormuz

Dans une de nos tribunes, au tout début de la guerre au Moyen Orient, nous avions souligné la proximité temporelle de ce conflit, même s’il se déroule à des milliers de kilomètres de chez nous. Le monde d’aujourd’hui est devenu un petit village où l’on entend le moindre coup de pilon.

Lire aussi : Il y a 30 ans, la Flamme de la Paix à Tombouctou

Par décision N° 96-06 /PM du 26 Février 1996, il a été crée une Commission nationale d’organisation de la cérémonie «Flamme de la Paix» présidée par SEM Dioncounda Traoré, ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, des Maliens de l’Extérieur et de l’Intégration afri.

Lire aussi : 35 ans de démocratie au Mali : Entre héritage des martyrs de 1991 et refondation de l’Etat

Trente-cinq ans après les évènements historiques de mars 1991, le Mali ne se contente plus de commémorer. Il s'interroge. À l'heure où la Transition place la souveraineté au cœur de l'action publique, la question de l'héritage des martyrs de la démocratie revêt une dimension nouvelle.

Les articles de l'auteur

Ministère de la Justice et des Droits de l’Homme: Le rapport annuel d’activités 2025 remis au Garde des Sceaux

Les deux tomes du rapportLe rapport annuel d’activités 2025 constitue un document monumental de 1.087 pages, structuré en deux volumes distincts avec un premier tome de 381 pages consacré aux services centraux et un second tome de 706 pages dédié aux juridictions nationales..

Par Souleymane SIDIBE


Publié mardi 31 mars 2026 à 11:40

35 ans de démocratie au Mali : Entre héritage des martyrs de 1991 et refondation de l’Etat

Trente-cinq ans après les évènements historiques de mars 1991, le Mali ne se contente plus de commémorer. Il s'interroge. À l'heure où la Transition place la souveraineté au cœur de l'action publique, la question de l'héritage des martyrs de la démocratie revêt une dimension nouvelle.

Par Souleymane SIDIBE


Publié mardi 31 mars 2026 à 11:28

Forces armées maliennes : Un convoi de matériels militaires accueilli à Bamako

Dans la nuit du mardi 24 au mercredi 25 mars, la capitale malienne a vibré au rythme de l’arrivée d’un convoi imposant de plusieurs centaines de véhicules blindés de nouvelle génération et d’autres équipements militaires en provenance de la Guinée..

Par Souleymane SIDIBE


Publié vendredi 27 mars 2026 à 08:48

35 ans de démocratie au Mali : Du sacrifice de 1991 à l’exigence de Refondation

Le 26 mars 1991 demeure une date charnière dans l’inconscient collectif malien..

Par Souleymane SIDIBE


Publié jeudi 26 mars 2026 à 18:45

Guinée : «Toumba souffrait de plusieurs pathologies», dixit l'Administration pénitentiaire

L'Administration pénitentiaire guinéenne a annoncé ce mercredi 25 mars le décès du commandant Aboubacar Diakité, connu sous le pseudonyme de « Toumba ». L'ancien aide de camp de Dadis Camara bénéficiait d'une « prise en charge spécialisée » à l’hôpital militaire du camp Samory Touré..

Par Souleymane SIDIBE


Publié mercredi 25 mars 2026 à 18:22

Conseil national de sécurité alimentaire : Une assistance d’urgence de près de 20.000 tonnes de céréales annoncée

Le Premier ministre Abdoulaye Maïga, qui a présidé les travaux, a insisté sur la nécessité de veiller au respect des restrictions sur l’exportation des céréales et à l’approvisionnement régulier des marchés pour garantir l’accès des populations aux denrées de base pendant la période de soudure.

Par Souleymane SIDIBE


Publié mardi 24 mars 2026 à 09:02

Régions de Sikasso et Ségou : Les FAMa neutralisent plusieurs terroristes

Dans le cadre des opérations de sécurisation du territoire national, les Forces armées maliennes (FAMa) ont mené avec succès, le dimanche 22 mars 2026, deux actions coordonnées d'envergure contre des Groupes armés terroristes (GAT)..

Par Souleymane SIDIBE


Publié lundi 23 mars 2026 à 20:05

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner