En effet, tiraillé par l’émotion et la tristesse, il était difficile pour moi de trouver les mots justes pour exprimer mon ressenti et parler de l’homme. J’ai connu Seydina Oumar Sow, quand il était président de la section football du Stade malien de Bamako. Dès notre première rencontre dans son bureau situé à l’époque au Quartier du Fleuve, j’ai découvert un homme affable, courtois et d’un commerce agréable.
Je m’en souviens encore, ce jour, une dizaine de personnes majoritairement composées de dirigeants sportifs, d’anciens joueurs et de joueurs en activité, étaient présents dans son bureau. Ce jour marquera le début de mon amitié avec Seydina Oumar Sow, une relation qui s’est renforcée au fil des années, au point qu’il m’appelait tous les deux, trois jours pour prendre de mes nouvelles et discuter avec moi, des sujets liés au football.
Ainsi, quand il quitta le Stade malien de Bamako pour créer la Jean d’Arc de Bamako (J. A.), j’ai été, avec mon confrère Bakari Cissé dit Bakci de Radio Kledu, parmi les premiers journalistes du pays, à avoir l’information. Après la création de la J. A., Sow comme on l’appelait familièrement, m’invita à la séance d’entraînement de sa nouvelle équipe à l’annexe du stade Modibo Keïta.
Sur place, quelle ne sera ma surprise de constater que plus d’une quarantaine de joueurs, issus des clubs de Bamako, avaient décidé de rejoindre l’équipe du président Sow. Sans compter les nombreux techniciens et anciens internationaux de football qui ont été séduits par le projet du dirigeant sportif pour qui ils avaient tous une profonde admiration. Mieux que quiconque, ils savaient que l’illustre défunt, contrairement à beaucoup de dirigeants sportifs du Mali, était un fin connaisseur du football et étaient conscients de ses capacités à transformer ses rêves en réalité.
Tout le monde peut le témoigner, Sow ne lésinait jamais sur les moyens pour faire plaisir à ses joueurs et entraîneurs et les motiver dans le travail. Mais sa générosité ne se limitait pas à la seule famille de la J. A., il était l’ami de tous les joueurs maliens et toujours prêt à rendre service. Je m’en souviens, quelques mois après la création de la J. A., la direction du club a décidé d’interdire aux joueurs toute visite au domicile du président Sow, à cause des nombreuses sollicitations de l’illustre disparu.
Cette mesure ne concernait que les seuls joueurs de la J. A ; et malgré les problèmes qu’il a rencontrés et qui l’ont contraint à quitter la direction de la J. A. Seydina Oumar Sow a continué à rendre service au monde du sport malien jusqu’à sa mort. Du moins, à chaque fois qu’il a été sollicité.
Dès lors, on comprend la grande mobilisation du monde du sport malien pour rendre un dernier hommage à Seydina Oumar Sow, dimanche à son domicile à Sébénicoro où il a été enterré dans la cour familliale aux côtés des siens.
Pour la petite anecdote, la prière funèbre du juriste de formation (le président Sow a fait ses études supérieures en ex-URSS et en France) s’est déroulée dans la petite mosquée qu’il a fait construire dans la cour familiale. Seydina Oumar Sow laisse derrière lui une veuve et cinq orphelins. Repose en paix Président.
Sow, Jarama !
*Jarama signifie salut en peul.
Soulemane Bobo TOUNKARA
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