Le ministre Ba procédant à la vaccination et au marquage symboliques de quelques petits ruminants
Le
ministre de l’Élevage et de la Pêche, Youba Ba, a présidé, jeudi dernier à
Koulikoro, le lancement de la campagne spéciale de vaccination et de marquage
contre la Peste des petits ruminants (PPR). Cette cérémonie organisée par son
département, avec l’appui du Projet régional d’appui au pastoralisme au Sahel phase
2 (Praps 2), sur cofinancement de la Banque mondiale et du gouvernement, s’est
déroulée en présence du gouverneur de la région, le Colonel Lamine Kapory
Sanogo, des représentants des services centraux de l’élevage et de la pêche.
«L’élevage
occupe une place centrale dans notre économie et dans la vie des millions de
concitoyens. Il constitue un pilier essentiel de la résilience des ménages
ruraux, un vecteur de stabilité sociale et un levier stratégique pour le
développement durable du Mali», a rappelé le ministre de l’Élevage et de la
Pêche. Malheureusement, a souligné Youba Ba, la PPR demeure aujourd’hui l’une
des principales menaces sur l’élevage d’ovins et de caprins dans notre pays.
Aussi, a-t-il ajouté, «cette maladie virale, hautement contagieuse provoque des
pertes économiques considérables, fragilise les moyens de substances des
éleveurs et met en péril la sécurité alimentaire dans nos zones rurales».
Face à
cette situation, a précisé le ministre Ba, le gouvernement à travers le
ministère de l’Élevage et de la Pêche a réaffirmé son engagement ferme à
éradiquer la peste des petits ruminants d’ici l’horizon 2030, conformément à la
stratégie mondiale de lutte pilotée conjointement par l’Organisation mondiale
de la santé animale (OMSA) et l’Organisation mondiale pour l’agriculture et
l’alimentation (Fao).
Au cours
de la campagne, 15 millions de petits ruminants seront vaccinés et marqués à
travers toutes les régions. Cette opération gratuite et obligatoire, selon
Youba Ba, mobilisera l’ensemble des services vétérinaires publics et privés,
les autorités administratives, les collectivités territoriales et les
organisations professionnelles d’éleveurs.
Le
lancement a été marqué par l’exposé du chef de division surveillance et
production sanitaire sur le plan national stratégique pour l’éradication de la
peste des petits ruminants au Mali, Dr Dramane Dao. Selon lui, le sous-secteur
de l’élevage contribue dans l’économie malienne à hauteur de 13,6% du Produit
intérieur brut (PIB), et représente également 24% de la production du secteur
rural. L’effectif du cheptel (ovins et caprins) était estimé en 2024 à
55.511.857 têtes. Malheureusement, a-t-il regretté, l’impact de la mortalité
est souvent élevé jusqu’à 80% dans un troupeau, la baisse de productivité et de
production des animaux, l’accès aux marchés internationaux plus porteurs et les
pertes minimales annuelles au Mali estimées à environ 7,56 milliards de
Fcfa.
Dr Dao a aussi précisé que le budget du Plan
national stratégique (PNS) se chiffre à un peu plus de 16,76 milliards de Fcfa
sur lesquels un peu plus de 5, 27 milliards de Fcfa sont financés par le Praps
2 et un peu plus de 3,03 milliards de
Fcfa par l’État. Le Projet de développement durable des exportations pastorales
au Sahel (PDDEPS) apporte 16 millions de Fcfa. Il reste à mobiliser un peu plus
de 8,43 milliards de Fcfa pour boucler le financement du programme jusqu’en
2028.
Aussi, Dr Dao a rappelé que le nombre de
petits ruminants vaccinés et marqués contre la PPR est estimé à 2.600.000 têtes
contre une cible annuelle de 18.600.000 de têtes. Le Praps se propose de
vacciner et de marquer 81.300.000 têtes avant la fin du programme.
La cérémonie s’est achevée par la vaccination et le marquage symboliques de quelques petits ruminants par le ministre chargé de la Pêche, le gouverneur de la région et d’autres autorités.
Amadou Libo DIARRA / AMAP - Koulikoro
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