Il a tenu à rendre hommage aux chefs des différents GTIA ainsi qu’à leurs hommes et leur a transmis le message de félicitation et d’hommage des plus hautes autorités de la Transition. Il n’a pas manqué de revenir sur la stratégie qui a vu l’ennemi aller en débandade, un ennemi qui a commis des crimes contre l’humanité
Vous êtes aux côtés de FAma aujourd’hui à Kidal, face au fort historique de la 8ème Région administrative. Mon Général, pourquoi vous êtes aux côtés de vos hommes aujourd'hui ?
Général de division Jean Elysée Dao : Merci pour l'occasion que vous me donnez de pouvoir m'exprimer à l'occasion de ma visite à Kidal. Je suis là, aujourd'hui, c'est pour rendre hommage à nos vaillants combattants. Ces hommes qui ont combattu pendant de longues semaines pour venir libérer Kidal. Donc, il est normal que je vienne en tant que chef d’état major général des Armées pour venir vraiment admirer tout le travail qu'ils ont fait ; leur rapporter le salut de toute la nation malienne. Leur apporter aussi le soutien du Président de la Transition, de tout le gouvernement et de toutes les autorités militaires aujourd'hui. Donc pour leur dire que nous sommes fiers du travail qu'ils ont abattu et que nous sommes à leurs côtés.
Donc, je viens pour leur transmettre les salutations de toute la nation malienne, les saluer pour le travail, la bravoure qui a été la leur pendant cette montée vers Kidal qui a conduit aujourd'hui à la libération de cette ville. Donc, je viens vraiment pour les encourager davantage et puis renouveler notre engagement à les soutenir, à créer les conditions qui leur permettront d'avancer pour libérer totalement et détruire tous les autres ennemis qui sont disséminés par-ci, par-là.
Mon général, pourquoi un tel renforcement du dispositif sécuritaire des Forces armées maliennes dans la 8è région administrative ?
Général de division Jean Elysée Dao : Oui, un renforcement, c'est tout à fait normal. Vous savez, nous avons quitté la ville de Kidal le 26 avril 2026 dans la douleur, mais nous n'avons jamais désespéré. En partant d'ici, nous savions que nous reviendrons et Dieu l'a permis. Nous avons réuni les conditions qui permettaient à nos hommes de revenir avec beaucoup plus de force, avec la détermination, avec assez de moyens pour pouvoir conquérir Kidal.
C'est pourquoi nos hommes sont arrivés à pénétrer Kidal, à saisir cette ville sans grande difficulté. Tout cela, c'est parce que depuis le 26 avril déjà, quand nous quittions, nous savions que nous reviendrions et nous commencions déjà à préparer. Une guerre ne se prépare pas le jour où on l'ouvre, le jour où on fait le premier coup de feu, ce n'est pas ça, c'est une question de phasage.
Donc la première phase consistait à créer des conditions d'affaiblissement de l'ennemi, ce que nous avons fait en nous attaquant à des objets importants, en nous attaquant à ses moyens logistiques, en nous attaquant à ses armements majeurs, en nous attaquant à tout ce qui peut l'aider dans sa manœuvre. Puisque nous avons réussi à affaiblir cet ennemi sur plusieurs points, alors la phase offensive a été lancée le lundi passé. Et cette phase a constitué non seulement à faire une marche sur Anefis, mais aussi à continuer sur Kidal pour saisir ce qui reste.
Alors l'ennemi qui n'a pas souhaité se battre a préféré fuir. Nous ne lui avons pas dit de nous laisser rentrer à Kidal. Nous ne lui avons pas dit : alors vous pouvez partir, nous ne vous ferons rien. Mais c'est tout bonnement parce qu'il n'avait pas suffisamment de capacités pour être en face des hommes qui venaient.
Donc du coup, cette entrée à Kidal, elle est bien triomphale, elle est bien glorieuse, ce n'est pas parce qu'il n'y a pas eu le coup de feu. Et ce coup de feu n'a pas eu lieu parce que l'ennemi n'a pas souhaité affronter, n'a pas souhaité être au contact. Néanmoins, même dans sa fuite, nous l'avons rattrapé par nos vecteurs aériens, nous avons détruit ceux qui étaient à notre portée.
Alors ceux qui restent aussi, nous continuons à les rechercher et puis à détruire. Je vais continuer encore à encourager les commandants GTIA qui sont aujourd'hui les chefs de guerre. Les GTIA qui ont fait l'assaut sur Kidal.
« Nous n'allons pas nous arrêter à Kidal ».
Rendons hommage aussi aux partenaires qui les ont appuyés, qu'ils soient des partenaires locaux, qu'ils soient des partenaires stratégiques comme l’ Africa Corps. Et dire que tout le monde a mouillé le maillot. C'est pourquoi nous sommes là aujourd'hui. Les activités, les actions qui ont été programmées, planifiées et conduites ont permis de limiter en tout cas les pertes de notre côté.
Créer les conditions pour que nous puissions saisir Kidal, nous l'avons fait et ça s'est passé de manière parfaite. Voir tous ces hommes-là en train de patrouiller avec leurs engins, sur des motos, me rassure et rassure tous les Maliens. C'est pourquoi je les encourage à aller encore de l'avant, parce que nous n'allons pas nous arrêter à Kidal.
Kidal c'est juste une étape. La ville de Kidal, j'allais dire, il y a les autres endroits que nous allons continuer à fouiller aussi. Alors quand nous quittions Kidal, c'était bien la ville de Kidal, mais nous avons fait en sorte que Kidal soit invivable pour l'ennemi.
Et puis les pertes que l'ennemi a subies à Anefis sont importantes. Et ce qui a fait déjà que l'ennemi ne veut plus en réalité nous affronter, il va continuer dans sa fuite. Je voudrais mentionner que quand il est arrivé à Kidal, il est venu avec des mercenaires d'autres pays, des gens violents, des drogués, des trafiquants de tous genres, qui ont envahi la ville, qui ont violé des femmes, qui ont violé des filles devant leurs parents, qui ont violé des femmes devant leurs maris, qui ont pillé les biens, qui ont pillé les boutiques et qui ont tué des gens.
Tout ce qui pouvait être des gens qui parlent une langue autre que la leur, ils ont porté atteinte à ces gens-là. Et à ceux qu'ils en voulaient, sérieusement, ils les ont même tués. On a vu des gens qui ont pendu tous les maux qu'ils ont fait à Kidal.
Jamais de l'histoire de notre pays, de l'histoire de Kidal, ça n'a jamais été vu. Jamais des gens n'ont envahi une ville de cette manière-là, pillé, comme une horde folle, tué des gens, violé des filles en présence de leurs parents, violé des femmes en présence de leurs maris, de manière massive, c'est la toute première fois. Donc du coup, il faut reconnaître que c'est une véritable complicité de crimes de guerre.
Voir des gens qui s'adonnent à ces pratiques-là et qui se font aider par des pays tiers, cela est grave, et je le dis même très grave. Mais nous sommes décidés, la ville de Kidal que nous avons cédée il y a quelques mois, nous l'avons reprise. Nous allons continuer notre rouleau compresseur, comme je l'avais dit tantôt.
On va continuer à les pourchasser et on va les rattraper partout où il est. C'est fini, c'est parti, et nous allons continuer.
(Source : DIRPA/ORTM)
Rédaction Lessor
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