Ce texte rigoureux, signé conjointement Désormais, l'importation, la production, la distribution, la vente, la commercialisation, la détention, la publicité, l'apologie ainsi que l'usage de la chicha (narguilé), du tabamel, de leurs arômes dérivés et de tout autre dispositif similaire sont formellement interdits sur toute l'étendue du territoire national.
Les ministères de la Sécurité, de la Justice, de la Santé, de l'Économie et des Finances, de l'Industrie et du Commerce, ainsi que de la Jeunesse et des Sports, marque un durcissement sans précédent des sanctions à l'égard des contrevenants. Les mailles du filet judiciaire se resserrent ainsi autour de l'ensemble de la filière.
Sur le plan pénal, les acteurs de la production ou de l'importation encourent désormais des peines allant de un à trois ans d'emprisonnement, assorties d'une amende comprise entre 5 et 15 millions de francs CFA. La simple détention de ces produits est désormais passible de trois à douze mois de prison et d'une amende pouvant atteindre 2 millions de francs CFA. De leur côté, les distributeurs et les commerçants s'exposent à des peines de un à trois ans d'enfermement et jusqu'à 3 millions de francs CFA d'amende. L'usage personnel, la publicité et l'apologie de la chicha font également l'objet d'une répression sévère, tandis que les peines prévues seront systématiquement doublées en cas de récidive.
Le volet administratif de l'arrêté se montre tout aussi dissuasif. Il prévoit la fermeture temporaire, pour une durée de six à douze mois, de tout établissement servant de lieu de dépôt ou de consommation de chicha, une sanction qui pourra se transformer en fermeture définitive si l'infraction est réitérée. Quant aux produits et matériels saisis par les forces de l'ordre, ils seront immédiatement confisqués puis détruits aux frais exclusifs des contrevenants.
Ce nouveau dispositif juridique abroge officiellement l'ancien arrêté interministériel du 15 août 2022. Pour garantir son application stricte sur le terrain, l'exécution des mesures a été confiée aux directeurs de l'Office central des stupéfiants, de la Police nationale, de la Gendarmerie nationale, des Douanes, du Commerce et de la Concurrence, ainsi qu'à celui de l'Industrie. À travers cette offensive réglementaire, les autorités maliennes affichent une détermination claire : protéger la santé publique, préserver la jeunesse des risques d'addiction et éradiquer des pratiques jugées nocives pour la société.
Souleymane SIDIBE
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