L’Essor : Les judokas maliens se sont illustrés récemment sur les scènes continentale et internationale. Quel regard portez-vous sur ces performances et quelle victoire symbolise, selon vous, la progression actuelle du judo malien ?
Mamadou B. Traoré : Ces résultats sont le fruit d’un travail patient, structuré et collectif. Après avoir traversé une période difficile, le judo malien récolte aujourd'hui les fruits d'une nouvelle dynamique basée sur la formation, la discipline et un meilleur suivi des athlètes.
La performance emblématique est sans conteste la médaille de bronze de Mahamadou Doucara lors du Championnat d’Afrique seniors, Nairobi 2026, dans la catégorie de -81 kg. Cette médaille met fin à 23 ans d’attente pour le Mali à ce niveau continental chez les seniors. Elle a une portée historique car elle nous replace parmi les nations compétitives du judo africain. Au-delà du métal, je retiens surtout l’état d’esprit : nous avons une génération ambitieuse qui croit enfin en ses capacités.
L’Essor : Comment expliquez-vous cette montée en puissance du judo ?
Mamadou B. Traoré : Elle repose sur trois piliers. D'abord, la stabilité technique. La direction technique nationale, les clubs et les ligues régionales partagent désormais une vision commune. Ensuite, il y a un changement de mentalité : nos athlètes participent régulièrement aux Opens africains, ce qui leur donne l’expérience du haut niveau.
Enfin, nous bénéficions d’un accompagnement crucial du ministère en charge de la Jeunesse et des Sports ainsi que du Comité national olympique et sportif (CNOS-Mali). Le soutien accordé récemment à Mahamadou Doucara et Fatimata Adama Touré est un signal fort envoyé à toute la jeunesse sportive.
L’Essor : Une nouvelle génération de combattants émerge. Comment assurez-vous la transition entre les cadres actuels et les pépites issues des dojos de Bamako et de l’intérieur ?
Mamadou B. Traoré : L’avenir passe par la relève. Notre stratégie repose sur la détection précoce. Chaque championnat national est une occasion d'identifier de nouveaux profils. Les ligues régionales jouent ici un rôle fondamental. Notre objectif est de créer une passerelle fluide entre les juniors et les seniors en exposant très tôt nos espoirs aux compétitions internationales. Mais attention, le judo est aussi une école de valeurs : le respect, le courage et la maîtrise de soi. Le judoka doit être performant sur le tatami, mais exemplaire dans la société.
L’Essor : Quels sont vos objectifs pour les prochaines échéances, notamment les tournois qualificatifs olympiques ?
Mamadou B. Traoré : Nos objectifs sont clairs et progressifs. À court terme, nous voulons consolider notre présence sur le podium africain et améliorer notre classement continental. Nous ambitionnons également de qualifier davantage de judokas maliens pour les grands rendez-vous internationaux, notamment les tournois qualificatifs olympiques.
Cela nécessite une présence régulière sur le circuit des Opens africains et mondiaux afin d’accumuler des points précieux au classement de la Fédération Internationale de Judo (IJF). Par ailleurs, nous tenons à renforcer la compétitivité de nos athlètes féminines. Le potentiel est réel et nous travaillons pour que les dames puissent, elles aussi, briguer des médailles continentales et décrocher des qualifications internationales.
Notre vision est de bâtir un judo durable, capable non seulement de produire des performances ponctuelles, mais surtout de maintenir le Mali de façon permanente dans le cercle des nations africaines respectées.
L’Essor : Au-delà de l’élite, quelle est votre stratégie pour vulgariser la pratique du judo à travers le pays ?
Mamadou B. Traoré : C'est une priorité absolue. Une fédération ne peut se limiter à l'élite. Nous multiplions les initiations dans les écoles et les quartiers, tout en encourageant la création de dojos dans les régions. Le judo est un outil de formation citoyenne. Beaucoup de parents comprennent aujourd’hui qu’il aide l'enfant à développer sa confiance en soi.
L’Essor : Le manque de moyens est souvent le «talon d’Achille» des sports de combat. Comment parvenez-vous à boucler vos budgets de préparation et de voyage ?
Mamadou B. Traoré : C’est effectivement un défi permanent. Le haut niveau exige des déplacements fréquents et un suivi médical rigoureux. Pour y faire face, nous comptons sur le soutien institutionnel, mais aussi sur la solidarité du mouvement sportif et, parfois, sur les sacrifices personnels des dirigeants. Nous travaillons également à convaincre des partenaires privés que soutenir le judo, c’est investir dans une jeunesse disciplinée et porteuse de valeurs positives.
L’Essor : Quel message souhaiteriez-vous adresser aux acteurs du sport pour améliorer la synergie entre le terrain et l’administration ?
Mamadou B. Traoré : Le sport moderne exige une concertation permanente. Fédérations, ministère et CNOS-Mali doivent ramer dans la même direction : l’intérêt supérieur du Mali. Il faut privilégier le dialogue et le respect des rôles. Lorsque nous mettons l’athlète au centre des préoccupations, les tensions s'apaisent d'elles-mêmes. Notre responsabilité est de créer les conditions de la réussite pour que nos sportifs représentent dignement le Drapeau national.
Interview réalisée par
Seibou Sambri KAMISSOKO
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