Les prix
varient entre 7.500 et 300.000 Fcfa pour les mèches brésiliennes qui tiennent
le haut du pavé
Les mèches
perruques font partie de l’arsenal de séduction de la gent féminine tout comme
les perles et autres atours féminins. Les rayons des boutiques et étals de
vente de produits cosmétiques sont toujours achalandés avec ces parures. Les
mèches perruques ont donc de beaux restes et continuent d’être utilisées par
les femmes pour être plus coquettes.
Ces atours
féminins semblent être appréciés par des inconditionnels de la mode. Par
contre, les puritains ne tolèrent guère le port de ces mèches. Ceux-ci traitent
la question sous l’angle de la religion musulmane.
Fatoumata
Diallo utilise les mèches perruques. Elle estime que ces coiffures
artificielles font partie de l’arsenal de beauté de la femme. Pour cette jeune
dame, se faire belle n’est pas la seule motivation, il y a aussi un aspect
économique. «Une perruque dure longtemps.
C’est surtout réutilisable, ce qui n’est pas le cas avec les tresses
traditionnelles», argumente-t-elle. Oumou Coulibaly qui entend aussi coller à
l’air du temps raffole des perruques parce qu’elles sont démontables au moment
de faire des ablutions pour les prières
quotidiennes. On s’en débarrasse aussi facilement quand elles deviennent
gênantes pendant la journée. Comme toutes celles qui sont portées sur la mode,
Djénébou Traoré exprime sa préférence, surtout pour la variété des styles des
perruques, longues, courtes, lisses, bouclées, colorées, entre autres. Et qui
s’adaptent parfaitement aux différentes cérémonies sociales.
L’engouement pour ces parures féminines dope
le marché. Salimata Diakité est vendeuse de mèches perruques au Grand marché de
Bamako. Elle témoigne que le commerce de ces articles est rentable. Selon la
vendeuse, toutes les catégories de femmes ou presque achètent les perruques.
L’un des avantages, dit-elle, c’est que les perruques protègent les femmes
contre l’alopécie (la chute des cheveux), un phénomène qui touche bien de
femmes. Alima Diarra est aussi vendeuse de perruques au marché Raida. Elle
explique que les femmes raffolent de ces perruques, parce qu’elles leur
permettent d’économiser du temps et de vaquer à leurs occupations contrairement
au temps fou qu’elles mettent à faire une tresse traditionnelle. Au-delà des
vendeuses, les salons de coiffure portent le même regard sur les
perruques.
Awa Fofana, promotrice d’un
salon de coiffure au Grand marché de Bamako, révèle que les vendeurs de
perruques se frottent les mains. Ce qui de son point de vue semble être une
très bonne chose, parce que toutes les femmes y trouvent leur compte. Et de
dire que les prix varient entre 7.500 et 300.000 Fcfa pour les mèches
brésiliennes qui tiennent le haut du pavé en la matière. Par ailleurs, Awa
Fofana pense que l’essentiel pour les passionnées de cette coiffure, c’est de
paraître plus belles quel que soit le coût.
ACNÉ SUR
LE FRONT, LA NUQUE ET LES TEMPES- Si les femmes sont férues de perruques leur
port excessif n’est pas sans conséquences préviennent les professionnels de
santé. Cependant, les professionnels de la santé mettent en garde contre les
conséquences du port excessif des perruques.
Dr Kalidou
Koné, est médecin généraliste exerçant à la Polyclinique Amitié de Kalaban
Coura ACI. Ce disciple d’Hippocrate prévient que le port des perruques a des
conséquences sur les cheveux naturels et sur la peau. À le croire, le port
prolongé et serré des mèches ou perruques tire sur les cheveux naturels et
causent leur chute progressive. Et le médecin généraliste d’expliquer
clairement que les cheveux sous la mèche, privés d’air et de lumière,
deviennent fragiles. Dr Kalidou avertit que le manque d’aération ralentit la
croissance et étouffe les cheveux.
S’agissant
de la peau, le toubib explique que la perruque peut provoquer l’acné sur le
front, la nuque et les temples. Il y a aussi l’éruption cutanée qui renvoie à
la réaction de la chaleur ou aux matières synthétiques. Y compris l’allergie au
bonnet en synthétique provoquant des réactions. Le médecin informera aussi que
le port de la perruque en période de chaleur peut provoquer une transpiration
excessive, des démangeaisons et irritations, des mycoses, des infections
fongiques, et folliculite.
Le médecin
généraliste conseille de toujours hydrater ses cheveux naturels avant la pose
de la perruque, d’appliquer une huile légère sur le cuir chevelu, mais surtout
ne pas poser la perruque sur des cheveux mouillés. Il recommande ceci :
«il faut préférer les perruques naturelles ou en fibres respiratoires plutôt
qu’en synthétique, un bonnet en coton ou en bambou, qui absorbe la
transpiration, choisir des mèches légères durant la saison sèche, éviter
également les poses trop volumineuses». Dr Kalidou Koné conseille d’éviter de
dormir avec sa perruque ou sa mèche, de consulter un dermatologue en cas de
démangeaisons persistantes, de chute anormale ou de plaie, d’alterner les
périodes avec et sans perruque. En pleine saison chaude, il faut privilégier
des styles naturels.
Pour Dr Koné, la beauté ne doit pas se faire au détriment de la santé et un cuir chevelu sain est la base de beaux cheveux sur le long terme.
Amsatou Oumou TRAORE
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