Monnaie : Ces gestes anodins qui peuvent coûter cher

Un billet froissé, griffonné ou utilisé à des fins commerciales peut sembler relever d’une simple habitude. Pourtant, derrière ces pratiques largement répandues se cachent parfois des atteintes aux signes monétaires prévues et sanctionnées par la réglementation communautaire.

Publié mercredi 26 août 2026 à 09:01
Monnaie : Ces gestes anodins qui peuvent coûter cher

Le siège de la Bceao à Dakar (Sénégal)

 

À Dakar, la BCEAO a rappelé aux journalistes économiques de l’UMOA que protéger la monnaie ne signifie pas seulement traquer les faux billets. Cela passe aussi par une meilleure connaissance des comportements à éviter au quotidien.

Qui aurait imaginé qu’écrire un numéro de téléphone sur un billet, reproduire l’image d’une coupure dans un document ou garder des pièces dans un objet décoratif puisse poser problème ? Pour beaucoup de citoyens, ces gestes relèvent de l’habitude, voire de l’innocence. Pourtant, ils peuvent avoir des conséquences sur la qualité de la circulation monétaire.

C’est justement cette réalité méconnue que la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a voulu mettre en lumière lors d’un séminaire organisé les 21 et 22 juillet 2026 à Dakar à l’intention des journalistes économiques de l’Union monétaire ouest-africaine.

Pendant longtemps, la notion de protection de la monnaie a été essentiellement associée à la lutte contre les faux billets et les réseaux de contrefacteurs. Mais l’enjeu est beaucoup plus large. La monnaie doit également être protégée contre les usages inappropriés qui peuvent réduire sa durée de vie, perturber sa circulation ou porter atteinte à son image.

La loi uniforme relative à la répression du faux monnayage et des autres atteintes aux signes monétaires dans les États membres de l’UMOA, adoptée en 2016, encadre ainsi plusieurs comportements que le public ignore souvent.

« Il y a des actes que nous posons et on n’a pas idée qu’effectivement ce sont des actes pour lesquels on peut être sanctionné », a expliqué Thierry Ahouanvoedo au cours des échanges. Parmi ces pratiques figure la reproduction des billets et des pièces. L’image d’une coupure ne peut pas être utilisée librement dans une publication, un document commercial ou un support de communication. Une autorisation préalable de la BCEAO est nécessaire, notamment lorsque la reproduction présente des caractéristiques proches du billet réel.

Cette disposition concerne aussi les médias. L’utilisation d’un billet comme illustration dans un article ou un support d’information ne relève donc pas d’un simple choix graphique. Elle obéit à des règles destinées à préserver l’intégrité des signes monétaires.

Au-delà de la reproduction, certaines utilisations commerciales des billets sont également interdites. Un signe monétaire ne peut devenir un outil publicitaire destiné à attirer l’attention sur un produit ou un service.

Mais l’une des principales préoccupations reste la dégradation volontaire ou involontaire des billets. Un billet sur lequel un citoyen inscrit son nom, son contact ou un message personnel peut rapidement perdre son aptitude à rester dans le circuit.

« Lorsque ce billet revient à la Banque centrale, il ne peut plus ressortir », a indiqué Thierry Ahouanvoedo. Le billet est alors retiré et remplacé, ce qui représente une charge supplémentaire dans la gestion de la circulation fiduciaire.

Les mauvaises habitudes sont nombreuses : pliages répétés, agrafage, inscriptions, déchirures ou encore conservation dans des conditions inadaptées. À l’échelle d’un individu, ces gestes peuvent sembler insignifiants. Mais multipliés par des millions d’utilisateurs, ils accélèrent l’usure des billets et augmentent les besoins de renouvellement.

Les pièces de monnaie ne sont pas épargnées. Certaines petites coupures métalliques, notamment celles de faible valeur, disparaissent parfois temporairement du circuit parce qu’elles sont conservées dans les maisons ou utilisées à d’autres fins. Pourtant, leur disponibilité participe à la fluidité des transactions quotidiennes.

La BCEAO a également attiré l’attention sur une autre pratique : les échanges de billets accompagnés d’une commission. Il arrive que certaines personnes demandent une somme supplémentaire en échange de billets neufs ou de petites coupures. Une opération qui peut paraître avantageuse pour certains usagers, mais qui n’est pas conforme à l’esprit des règles encadrant la circulation monétaire.

La protection de la monnaie ne relève donc pas uniquement des institutions financières. Elle implique aussi les citoyens, les banques et tous les acteurs qui manipulent quotidiennement les signes monétaires.

La BCEAO poursuit, de son côté, ses efforts pour améliorer la qualité des billets en circulation, renforcer leur sécurité contre la contrefaçon et moderniser les opérations de tri et de traitement. Mais aucune technologie ne peut remplacer la responsabilité individuelle.

Préserver un billet, accepter les pièces, éviter les usages interdits et signaler les signes suspects sont autant de gestes simples qui contribuent à maintenir la confiance dans la monnaie. Car avec chaque franc CFA en circulation, c’est une partie du fonctionnement économique de toute l’Union qui se joue.

Mariam A. TRAORÉ

Lire aussi : Le « Ton Sènô » : Les champs d’arachide, théâtre de la solidarité khassonké

Au-delà du revenu obtenu, ces journées dans les champs créent une véritable complicité entre les jeunes filles. Les discussions, les chants et les moments de détente transforment le travail en une expérience collective où se mêlent apprentissage et plaisir.

Lire aussi : Pesticides agricoles : Quand le remède peut devenir un danger

Ils protègent les cultures contre les ravageurs, limitent les pertes et contribuent à améliorer les rendements. Mais lorsqu’ils sont mal choisis, mal dosés ou mal manipulés, les pesticides peuvent devenir une menace pour ceux qui les utilisent, pour les consommateurs et pour l’environnement.

Lire aussi : Budget 2026 : 3.455 milliards de fcfa pour concrétiser les priorités

Le budget de l’État entre dans sa seconde moitié de l’année avec un niveau d’exécution qui reflète les priorités affichées par les pouvoirs publics : renforcer les secteurs sociaux, soutenir la production nationale, améliorer les infrastructures et consolider les fonctions régaliennes.

Lire aussi : Budget 2026 : Consolider la dynamique des recettes

À mi-parcours de l’exercice budgétaire 2026, les finances publiques affichent une embellie encourageante. Malgré un contexte économique exigeant, l’État a réussi à mobiliser plus de 1814 milliards de Fcfa de recettes au 30 juin, dépassant la moitié de ses objectifs annuels. Une performa.

Lire aussi : Ouélessébougou : Evolution satisfaisante

La campagne agricole bat son plein dans le Cercle de Ouélessébougou, les regards sont tournés vers les champs..

Lire aussi : Bafoulabé : Entre espoir et inquiétude

Alors que la saison pluvieuse s’annonce déficitaire dans le Cercle de Bafoulabé, la campagne agricole 2026 s’organise activement. Dans les zones rurales, les producteurs s’affairent dans les champs de niébé, de maïs, de sorgho et de mil, espérant une meilleure pluviométrie pour sauver l.

Les articles de l'auteur

N’Tomikorobougou : Un bosquet pour immortaliser feu El Hadj Mamadou Sidibé

Le collectif «N’Tomikorobougou Siguida Nièta» a organisé une opération de reboisement dans le quartier de la Commune III du District de Bamako. L’initiative vise à renforcer la protection de l’environnement tout en rendant hommage à l’ancien chef de quartier, feu El Hadj Mamadou Sidibé..

Par Mariam A. TRAORÉ


Publié jeudi 27 août 2026 à 08:46

Pesticides agricoles : Quand le remède peut devenir un danger

Ils protègent les cultures contre les ravageurs, limitent les pertes et contribuent à améliorer les rendements. Mais lorsqu’ils sont mal choisis, mal dosés ou mal manipulés, les pesticides peuvent devenir une menace pour ceux qui les utilisent, pour les consommateurs et pour l’environnement. Sur le terrain, producteurs, vendeurs agréés et techniciens agricoles racontent les difficultés d’un usage qui exige davantage de prudence et d’accompagnement.

Par Mariam A. TRAORÉ


Publié jeudi 27 août 2026 à 08:42

Budget 2026 : 3.455 milliards de fcfa pour concrétiser les priorités

Le budget de l’État entre dans sa seconde moitié de l’année avec un niveau d’exécution qui reflète les priorités affichées par les pouvoirs publics : renforcer les secteurs sociaux, soutenir la production nationale, améliorer les infrastructures et consolider les fonctions régaliennes..

Par Mariam A. TRAORÉ


Publié mercredi 26 août 2026 à 09:04

Vacances scolaires : Quand les familles réinventent le bonheur des enfants

Au-delà du repos et des loisirs, les vacances scolaires offrent à certaines familles l’occasion de renforcer les liens, de transmettre des valeurs et d’apprendre aux enfants le sens du partage et de la solidarité. Entre retrouvailles familiales, sorties éducatives et apprentissages, les parents rivalisent d’initiatives pour faire de cette période un moment inoubliable.

Par Mariam A. TRAORÉ


Publié lundi 24 août 2026 à 08:28

Budget 2026 : Consolider la dynamique des recettes

À mi-parcours de l’exercice budgétaire 2026, les finances publiques affichent une embellie encourageante. Malgré un contexte économique exigeant, l’État a réussi à mobiliser plus de 1814 milliards de Fcfa de recettes au 30 juin, dépassant la moitié de ses objectifs annuels. Une performance portée par les régies financières, qui confirme les efforts engagés pour renforcer la souveraineté budgétaire.

Par Mariam A. TRAORÉ


Publié lundi 24 août 2026 à 08:09

Hydrocarbures : La crise s’éloigne, le Mali retrouve le chemin de la stabilité

Le soulagement était perceptible autour de la table de la 31è réunion hebdomadaire sur les hydrocarbures. Le ministre de l’Industrie et du Commerce, Moussa Alassane Diallo, entouré de l’ensemble des acteurs de la chaîne d’approvisionnement, a affiché sa satisfaction face à l’évolution positive de la situation..

Par Mariam A. TRAORÉ


Publié vendredi 21 août 2026 à 09:12

Pesticides agricoles : Le difficile équilibre entre productivité et préservation de la santé

Utilisés pour protéger les cultures contre les ravageurs et les maladies, les pesticides sont devenus des alliés importants des producteurs. Mais leur usage incontrôlé soulève de nombreuses inquiétudes liées à la santé humaine, à la dégradation des sols et à la préservation de la biodiversité. Entre nécessité économique et impératif environnemental, le monde agricole cherche le juste équilibre.

Par Mariam A. TRAORÉ


Publié jeudi 20 août 2026 à 08:43

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner