Les acteurs politiques souhaitent que cette Charte aboutisse à la paix et à la renonciation entre les Maliens
La Commission de rédaction du projet de la Charte nationale pour la paix et la réconciliation nationale a rencontré, hier au Centre international de conférences de Bamako (CICB), les responsables des partis politiques et des associations à caractère politique dans le cadre de sa série de consultations avec les forces vives de la nation. Au total, ce sont 102 formations politiques qui ont répondu présentes à cette rencontre.
Après les mots introductifs du président de la Commission, l’ancien Premier ministre Ousmane Issoufi Maïga, les responsables politiques ont unanimement salué l’initiative de la Charte. Ils ont également fait savoir leurs propositions et suggestions. Premier à prendre la parole, Cheick Oumar Diaby du Rassemblement pour le changement (MPC) a demandé de moraliser la vie publique. Pour lui, les administrateurs ne prennent pas soin des administrés dans notre pays. « Partout où tu vas, les fonctionnaires ne s’occupent presque même plus des usagers», a-t-il déclaré.
Alassane Dembélé de l’ANCD-Mali a, de son côté, demandé le retour de leurs camarades politiques en exil et la libération de ceux détenus en prison. D’après lui, c’est cela aussi le vrai dialogue pour la recherche de la paix et de la stabilité au Mali. Ibrahima Coulibaly du Rassemblement des Maliens (Rama) trouve que le comportement de certaines de nos structures publiques ne favorise la paix et la réconciliation, faisant allusion à la corruption.
El Hadji Baba Haïdara du RDA-Mali souhaitera que cette Charte aboutisse à la paix et à la réconciliation entre les Maliens afin que les armes se taisent. Les responsables politiques ont évoqué la suspension du financement public des partis politiques, la prise en compte du cousinage à plaisanterie dans le document.
Ils ont aussi demandé de criminaliser toutes les revendications sur la base des armes et d’appeler les régions par leurs noms. S’y ajoutent le développement des élevages modernes pour éviter des conflits communautaires, le retour des services sociaux de base dans des zones récupérées par nos Forces de défense et de sécurité et la préservation de la liberté d’expression.
MORALISATION DE LA VIE PUBLIQUE- En retour, les membres de la Commission de rédaction du projet de la Charte nationale pour la paix et la réconciliation nationale ont donné des éléments de réponse. D’après eux, pratiquement, l’ensemble de la Charte doit contribuer à la moralisation de la vie publique. Ils ajouteront que le document contribue à l’éveil de conscience, à la moralisation de la vie publique et à la reconstruction nationale dans la paix retrouvée.
L’équipe de l’ancien Premier ministre a signalé que dans le document, il est conçu que lever les armes contre la République est un crime. D’après elle, le fait pour un Malien de prendre une arme contre le pays est qualifié de trahison, ajoutant que cette infraction est punie de la peine de mort. S’agissant de la situation des hommes politiques établis à l’extérieur ou en prison, la Commission a souligné le Mali est en refondation qui passe par le courage d’assumer l’application des textes de la République.
«Je ne pense pas qu’il y ait des interdictions de séjour contre des Maliens sur le territoire national», a déclaré Abdoulaye Nantoumé, un des rapporteurs de la Commission. D’après lui, on doit avoir le courage, aujourd’hui, de faire face à la justice pour des questions qui sont judiciarisées et de laisser l’appareil judiciaire faire, librement, son travail. L’équipe de l’ex Chef du gouvernement a indiqué que la Charte qui sera élaborée, sera le document de référence pour toutes les interventions en matière de paix, de sécurité, de réconciliation nationale et de recherche de vivre ensemble.
D’après le rapporteur général de la Commission, quand la Charte sera adoptée par le Chef de l’état, la future Assemblée nationale ne peut pas intervenir dans ces domaines, si elle ne se conforme pas aux dispositions du document. « Vu l’importance de la Charte, le Président de la Transition a estimé que la concertation doit être la plus large possible pour que le document final prenne en charge toutes les préoccupations», a confié Boubacar Sow. «Nulle part dans le document, il n’est inscrit Nord, Sud et Centre», a précisé Aly Tounkara de la Commission de rédaction du projet de la Charte.
De son côté, l’ancien Premier ministre dira qu’on ne concevra jamais une nation sans les partis politiques, assurant que son équipe examinera l’ensemble des questions posées, notamment celles de l’énergie, de la sécurité et du vivre ensemble. Ousmane Issoufi Maïga a aussi promis l’inclusivité autour du processus.
Bembablin DOUMBIA
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