Le marimba, les tam-tams et les vuvuzelas des supporters maliens s'unissent dans une symphonie assourdissante qui fait trembler les tribunes du Palais des sports de Treichville
Dès les premières heures de la matinée, retentissent les premiers essais de percussions. Les maillots aux couleurs nationales (Vert, Or, Rouge) sont ajustés, les drapeaux tirés à quatre épingles, et les visages peints avec soin. La préparation est millimétrée, quasi militaire, mais emportée par une ferveur débordante. On s'interpelle en bambara, on réajuste le serrage d'un djembé, on chauffe les voix à coups de vocalises rythmées. Lorsque le cortège s'ébranle enfin depuis Marcory pour franchir la lagune Ébrié en direction de Treichville, le bus du commando jaune vibre déjà au rythme des chants patriotiques.
À l'approche du Palais des sports, le cortège de l'UNASAM ne passe pas inaperçu. Mais c'est une fois installée dans les travées de la salle mythique de Treichville que la magie opère véritablement. Dès l'entrée des Aiglons et Aiglonnes sur le parquet pour l'échauffement, le dôme de Treichville s’embrase. Le marimba, les tam-tams et les vuvuzelas s'unissent dans une symphonie assourdissante qui fait trembler les structures du bâtiment. Pas une seconde de répit.
Debout du premier au dernier coup de sifflet, les supporters maliens transforment le Palais des sports en un chaudron en ébullition, rythmant chaque contre-attaque d'une accélération de djembé et chaque panier réussi d'une explosion de dunduns. Les jeunes basketteurs maliens, portés par ce mur sonore ininterrompu, semblent évoluer à domicile.
Au centre de ce dispositif parfaitement orchestré, baguette et sifflet entre les dents, se tient l'infatigable Django Keïta, chef de troupe emblématique de l'UNASAM. Dégoulinant de sueur mais l'œil étincelant, il recadre le tempo entre deux attaques : «Nous ne sommes pas venus à Abidjan en touristes», martèle Django Keïta dans un grand sourire communicatif. «Notre mission est claire : pousser nos enfants, filles comme garçons, jusqu'au sommet de l'Afrique. La Côte d'Ivoire est un pays frère, nous nous sentons comme à la maison à l'INJS et à Treichville. Tant que nos jeunes seront sur le terrain, notre devoir est de donner nos poumons et notre cœur pour qu'ils ne se sentent jamais seuls».
Cette énergie débordante et cette discipline festive finissent par contaminer tout le Palais des sports, dépassant largement les rangs de la diaspora malienne. Dans les tribunes adjacentes, de nombreux Ivoiriens ont délaissé la neutralité pour se joindre au spectacle. C'est le cas d'Awa Tioté, une jeune spectatrice abidjanaise venue initialement en simple amatrice de basket, désormais conquise par l'ambiance en tribune : «Franchement, les Maliens sont trop forts», s'enthousiasme-t-elle, en essayant de couvrir le bruit des tambours. «Ils ne s'arrêtent jamais, même pendant les temps morts. C'est impressionnant de voir autant de passion et d'organisation. Je suis Ivoirienne, mais aujourd'hui, je suis obligée d'être fan de leur groupe de supporters. Ce sont eux qui donnent la vraie couleur et la vie à cet Afrobasket».
Alors que les rencontres s'achèvent sous les acclamations, les tambours de l'UNASAM continuent de résonner longuement sur le parvis de Treichville. Une chose est sûre : sur le parquet comme dans les tribunes, le Mali a déjà marqué les esprits dans la capitale économique ivoirienne.
Seibou Sambri KAMISSOKO
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