Recherche agropastorale : Le ministre Youba BA à l’IER

Notre pays dispose d’un immense potentiel en matière de recherche agricole. Mais, pour atteindre les objectifs de la Vision 2063 : «nourrir le Mali et la sous-région», l’IER doit proposer des réponses opérationnelles et des résultats concrets en vue de la satisfaction des besoins fondamentaux de nos compatriotes

Publié lundi 14 juillet 2025 à 07:12
Recherche agropastorale : Le ministre Youba BA à l’IER

Le ministre Youba Ba (chapeau) s’est dit satisfait des efforts accomplis pour l’amélioration

de la productivité des animaux

 

La recherche agricole est un levier de sécurité alimentaire et du développement économique. À cet effet, notre pays dispose de l’Institut d’économie rurale (IER) dont le portefeuille scientifique compte 6 Centres régionaux de recherche agronomique (CRRA) opérationnels à travers le pays. Mais aussi de 19 programmes, 11 laboratoires de recherche, une banque des ressources génétiques et un centre d’étude et d’expérimentation en machinisme agricole.

Parmi ces programmes, 4 sont du secteur de l’élevage et de la pêche. Le ministre de l’Élevage et de la Pêche, Youba Ba, dans le cadre de sa mission de supervision s’est rendu le week-end au centre de l’IER à Sotuba en Commune I du District de Bamako. Le ministre était accompagné d’une délégation comprenant le directeur général de l’IER, Dr Kalifa Traoré. L’IER a pour missions la mise au point de technologies appropriées pour l’accroissement de la production et la productivité ainsi que l’amélioration des revenus du monde rural, l’appui technique pour le développement agricole à travers la formation et l’information scientifique et technique des acteurs du secteur.


En outre, la diffusion des résultats de recherche et d’études et la réalisation de prestations de services dans les domaines relevant de sa compétence. Les acquis sont, entre autres, l’amélioration des différentes races bovines locales et étrangères, celle de l’alimentation des animaux, la recherche cameline, ainsi que la création des races métisses de petits ruminants. Enfin, la création de poulet métisse «wassachiè», l’amélioration de rizipisciculture, etc.   

Dr Kalifa Traoré a évoqué les difficultés des chercheurs, malgré les résultats engrangés. Celles-ci ont trait à la vétusté des infrastructures et des équipements, mais aussi à l’absence de financement des activités de recherche et de l’entretien des animaux en station, ainsi que l’insuffisance du personnel et le manque d’appui à certains programmes, etc. Le ministre Youba Ba a pris bonne note de ces contraintes et s’est dit satisfait des efforts accomplis par l’IER qui a pu mettre au point, et avec brio, des technologies adaptées pour l’amélioration de la productivité des animaux. Il a souligné qu’au Mali, le sous-secteur de l’élevage contribue à hauteur de 15% au Produit intérieur brut (PIB) et reste 3è contributeur aux recettes d’exportation après l’or et le coton. 

Il produit 80% des revenus des pasteurs, 18% des agropasteurs et constitue la principale source de revenus pour plus de 30% de la population malienne. Selon le ministre Ba, le Mali, en tant que pays sahélo-saharien à vocation agro-sylvo-pastorale, possède un potentiel zootechnique immense. Mais celui-ci est encore insuffisamment valorisé. C’est pourquoi, le peuple doit faire de l’amélioration génétique animale le fer de lance de la politique de développement de l’élevage.

Dans cette perspective, la dynamisation de la commission nationale d’orientation et de surveillance de l’amélioration génétique animale (CNOSAGA) est une priorité, a-t-il fait savoir. Il a ajouté que cette commission, dont le secrétariat général est assuré par l’IER, a pour vocation de définir les grandes orientations stratégiques en matière d’amélioration génétique animale au Mali. Il a aussi rappelé la signature d’un protocole sanitaire entre le Brésil et le Mali, lors de sa participation aux travaux du deuxième dialogue Brésil-Afrique à Brasilia en mai 2025. Ce protocole vise à faciliter les échanges d’animaux vivants, mais aussi de produits d’origine animale et de technologies vétérinaires entre les deux pays. Il a cité en exemple, une vache brésilienne qui a établi un nouveau record avec 127,57 litres de lait par jour en 2020.

Cela montre qu’on doit explorer d’autres alternatives génétiques tropicales, efficaces et durables pour assurer la souveraineté alimentaire et nutritionnelle des Maliens en protéines animales. Et d’ajouter que notre pays ne doit pas rester en marge de l’opportunité de transfert de technologies innovantes sud-sud, pouvant booster la production et la productivité de son élevage pour le bonheur des populations.

Pour en être un acteur de premier plan, le ministre chargé de l’Élevage compte sur l’IER et tous les services publics compétents pour une introduction contrôlée et sécurisée des techniques et technologies animales innovantes. En vue d’atteindre les objectifs du Projet N°1 de la Vision 2063 (farafina jiginɛ) «nourrir le Mali et la sous-région», l’IER doit proposer rapidement des réponses opérationnelles et des résultats concrets pour la satisfaction des besoins fondamentaux des populations maliennes.

Cela, en s’intéressant davantage aux races prometteuses et en menant des études comparatives et les adapter au contexte malien. Youba Ba a beaucoup insisté sur l’amélioration de nos races locales. Le ministre et sa délégation ont ensuite visité les programmes bovins, volailles, mais aussi un laboratoire et le champ fourrager dans lequel, on expérimente 14 espèces de fourrage.

N'Famoro KEITA

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