Selon le président de l’Oclei, Dr Moumini Guindo (G), le secteur de l’éducation n’est pas épargné par le fléau
Près de 200 cadres du ministère de l’Éducation nationale ont suivi des présentations de l’Office central de lutte contre l’enrichissement illicite (Oclei) sur la lutte contre la corruption et l’enrichissement illicite. Ces deux fléaux impactent le développement de notre pays. C’était hier dans un Hôtel à la faveur d’un atelier d’information, de sensibilisation, d’échanges et de réflexion entre les cadres de l’Oclei et ceux du monde de l’éducation.
La rencontre s’inscrit dans le cadre de la 9è édition de la Semaine de la jeunesse contre la corruption du 18 au 25 février sous le thème : «S’unir avec la jeunesse contre la corruption. Former l’intégrité de demain».
Il s’agit donc de lutter contre les pratiques corruptives et discriminatoires qui affectent les droits humains notamment ceux des plus vulnérables (femmes, filles). Les échanges ont porté sur les instruments juridiques nationaux et internationaux de la lutte contre l’enrichissement illicite, l’implication des agents, leur rôle et responsabilité dans l’atteinte de cet objectif. Le renforcement, la valorisation des principes d’intégrité, la culture de bonnes pratiques, l’éthique et la transparence dans l’exercice des responsabilités en milieu scolaire, l’impact de la corruption sur les projets socioéconomiques de base étaient aussi au cœur des échanges.
Le président de l’Oclei, Dr Moumini Guindo, a dit que le secteur de l’éducation n’est pas épargné par le fléau. Selon lui, les différentes structures de contrôles ont confirmé que l’éducation nationale est affectée par des fraudes, des conflits d’intérêt et de favoritisme aboutissant à un enrichissement illicite des acteurs publics et privés du secteur. Ce constat appelle à agir de concert avec le département pour sensibiliser les agents des services centraux au respect des règles de bonne conduite dans la gestion des affaires publiques.
Le directeur du Projet d’appui à la lutte contre la corruption pour et par l’égalité des genres (Luceg), Dramane Yacouba Diallo, a rappelé que la corruption constitue l’un des principaux obstacles au développement socio-économique de notre pays. Elle détourne des ressources publiques, réduit les investissements dans les infrastructures et les services sociaux de base (éducation, santé et accès à l’eau). Pour lui, il est clair que «les pratiques de corruption et d’enrichissement illicite compromettent la qualité de l’enseignement, portent atteinte à l’avenir des jeunes et érode les fondements mêmes de notre démocratie».
De son côté, la présidente de la Communauté de pratique en matière de lutte contre la corruption (CPLC), Mme Mariam Diama Sanogo, a soutenu que la jeunesse est plus que jamais concernée par la lutte contre la corruption financière et éducative qui consiste à valoriser les principes d’intégrité et de promotion des actions d’intégration, de l’égalité des genres.
Pour sa part, le chef de cabinet par intérim du ministère de l’Éducation nationale, Mahamadou Camara, a reconnu toute l’utilité de la rencontre qui permet de se faire une idée de ce que représente l’Oclei. Il a exhorté tous à verser leurs savoirs, savoir-faire et savoir-être dans le débat. Il existe un numéro vert de l’Oclei (80.00.22.22) à partir duquel, on peut dénoncer en toute confidentialité les cas de corruption et d’enrichissement illicite.
Il est bon de préciser que le contrôleur général d’état adjoint de l’Autorité supérieure de contrôle et de lutte contrôle la corruption au Burkina-Faso, Urbain Milogo, le commissaire Abdouramane Salah Adoum, membre de la Commission de lutte contre la délinquance économique, financière et fiscale au Niger, le directeur du département de l’éducation et de la prévention du bureau indépendant anti corruption de Madagascar, Ralaimanampira Faly Andriamamonjimanana, et la lauréate nationale 2024 du concours de slam anti-corruption à Madagascar, Mlle Mosesy NDrambavimanjakarivo Luciana, ont participé à l’atelier.
Sidi WAGUE
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