La délégation malienne était conduite par Mohamed Ag Albachar, Chef de cabinet du ministre chargé de la Communication. (Crédit photo : Rémi ZOERINGRE)
Pour le ministre burkinabè de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, le forum constitue un cadre de réflexion sur les enjeux de la guerre communicationnelle et ses implications pour les professionnels de l’information et de la communication. Il a relevé que la guerre ne se limite plus aux champs de bataille, mais se joue également dans les rédactions, sur les plateformes numériques et par différents canaux de diffusion.
Le ministre Pingdwendé Gilbert Ouédraogo a appelé les professionnels des médias à renforcer leurs capacités face à la désinformation, à développer une stratégie de communication concertée et à produire davantage de contenus valorisant les réalités et les initiatives sahéliennes. Le président de la Commission nationale de l’AES, Bassolma Bazié, a, pour sa part, estimé que l’information constitue une arme importante dans la bataille engagée par l’espace confédéral pour l’affirmation de son indépendance. Il a appelé les pays membres à renforcer leurs capacités de production et de diffusion de contenus et à construire un éditorial indépendant permettant de porter le regard de l’AES sur l’Afrique et le monde.
Au cours de la rencontre, l’enseignant-chercheur Dr Lassina Kaboré a présenté une communication consacrée aux réactions des internautes à la suite de la publication d’articles produits par la Radiodiffusion-Télévision du Burkina (RTB) et les médias publics du Mali et du Niger. Il a appelé les journalistes de l’espace confédéral à s’appuyer sur l’éthique et la déontologie, tout en accordant une place importante aux normes sociales et aux valeurs endogènes dans la construction d’un nouveau narratif médiatique.
Les participants ont identifié plusieurs pistes pour renforcer la coopération entre les médias des trois pays. Elles concernent notamment la coproduction de séries et de documentaires, les immersions de professionnels dans les rédactions des pays membres, la création d’une base de données commune de contenus et d’archives, ainsi que le développement de productions destinées aux plateformes numériques.
L’intelligence artificielle et les nouvelles technologies ont également été évoquées comme des outils pouvant renforcer les capacités de production et de diffusion des médias de l’espace confédéral. Les participants ont souhaité développer davantage de contenus consacrés à l’histoire, aux cultures, aux langues nationales, à la jeunesse et au patrimoine des trois pays. Le forum a également permis aux professionnels des médias de l’AES de partager leurs expériences et d’échanger sur les acquis, les enseignements et les perspectives de leur coopération.
La directrice générale des Éditions Sidwaya, AssétouBadoh, a présenté l’état de la coopération entre les presses écrites de l’AES. Celle-ci repose notamment sur les échanges d’informations, le partage d’expériences, l’accompagnement des équipes en déplacement et les immersions professionnelles. Les rédactions ont également commencé à produire des contenus communs et à partager certains articles, malgré l’absence d’une convention officielle. Les perspectives portent sur la modernisation des plateformes numériques, la valorisation des archives, la formation commune des professionnels, la mutualisation de certains équipements et consommables, ainsi que la mise en place de mécanismes communs de lutte contre la désinformation.
Dans le secteur de l’audiovisuel, le directeur général de la RTB, Galip Somé, a indiqué que la coopération a permis de créer un espace médiatique commun fondé sur le partage quotidien de contenus, d’émissions et de programmes. La création de la page AES s’inscrit également dans cette dynamique, de même que la mutualisation des compétences techniques et logistiques.
Makan SISSOKO
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