La monnaie commune, le pacte de convergence, le tarif extérieur commun et la libre circulation des personnes et des biens figurent aujourd’hui parmi les principaux acquis du processus d’intégration.
Cependant, l’Union doit désormais composer avec de nouveaux défis : un environnement géopolitique fragile, une jeunesse en quête d’opportunités, des économies encore fortement dépendantes de l’exportation de matières premières et la nécessité d’accélérer un développement à la fois inclusif et durable.
Pour y répondre, l’organe exécutif de l’Union, suivant les orientations de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement et sous la direction du Conseil des ministres statutaires, a élaboré, en collaboration avec les organes et institutions spécialisées de l’UEMOA, à travers un processus participatif, une Vision prospective à l’horizon 2040. Dans le sillage de cette Vision, la Commission de l’UEMOA trace une nouvelle voie avec son ambitieux plan stratégique 2025-2030, dénommé IMPACT 2030.
Les enjeux liés à ces deux référentiels ont été au cœur d’une communication présentée par Koffi Romain R. Dognon, chef de la Division Stratégie, Études et Prospective, lors de la session d’information et de sensibilisation destinée aux journalistes sur les chantiers de l’UEMOA, à Ouagadougou. Son exposé a permis de mettre en lumière les principaux défis liés à la Vision prospective UEMOA 2040 et au Plan IMPACT 2030, ainsi que les avancées enregistrées dans leur mise en œuvre.
La Vision 2040 fixe les orientations de long terme de l’espace communautaire. Elle vise à faire de l’UEMOA « un espace économique et monétaire durablement intégré, paisible et prospère, ouvert sur l’Afrique avec une position stratégique consolidée dans le monde ». Dans cette dynamique, le plan stratégique IMPACT 2030 fixe à la Commission une ambition claire à l’horizon 2030 : devenir « une Institution agile, locomotive de l’approfondissement de l’intégration et de la transformation structurelle des économies de l’UEMOA ».
Adopté le 20 septembre 2024, ce plan entend offrir des perspectives durables à une population jeune et en quête de signaux forts. Il mise sur le développement de chaînes de valeur régionales intégrées, génératrices de forte valeur ajoutée, dans les secteurs où l’Union dispose d’atouts concurrentiels.
Le plan IMPACT 2030 s’articule autour de cinq axes : le développement d’écosystèmes de production ; le développement d’infrastructures économiques supports à la compétitivité ; la promotion du développement humain et de la citoyenneté ; le renforcement des fondements de l’intégration ; et la modernisation de la gouvernance institutionnelle.
La Vision 2040, quant à elle, repose sur cinq piliers : la sécurité et les institutions, la prospérité économique, l’intégration régionale, l’épanouissement des populations et le rayonnement international. Elle prend en compte deux déterminants majeurs de l’avenir de l’Union : l’engagement communautaire des États membres et le niveau de transformation structurelle de leurs économies.
De leur combinaison se dégagent quatre scénarios. Le « délacement des lianes » traduit une fragilisation de l’Union, tandis que le « fil du rasoir » renvoie à une situation de quasi-statu quo. À l’inverse, le « vol des grues couronnées » repose sur une forte dynamique de transformation et de croissance. Enfin, « l’aigle majestueux » incarne le scénario le plus vertueux.
La Commission de l’UEMOA a retenu comme trajectoire le troisième scénario, celui du « vol des grues couronnées ». Selon Koffi Romain R. Dognon, cette étape doit permettre de progresser vers la réalisation du quatrième scénario, « l’aigle majestueux ».
Dans le cadre du Plan IMPACT 2030, plusieurs avancées ont déjà été enregistrées. En 2025, des livres blancs pilotes ont été élaborés sur les filières coton-textile, phosphate-engrais et riz. Des programmes filières coton-textile, phosphate-engrais et riz ont également été lancés, avec la mise en place des Comités de suivi des programmes filières (CSP-filières). Koffi Romain R. Dognon a également évoqué la tenue, en cours, de réunions de haut niveau avec les ministres sectoriels autour de ces livres blancs.
La Commission poursuit, par ailleurs, la mise en œuvre de son plan de transformation structurelle, destiné à renforcer son agilité et son efficacité. Des partenariats sont également en développement avec des acteurs privés afin de favoriser la mobilisation du secteur privé dans la construction de chaînes de valeur régionales compétitives. Selon le chef de la Division Stratégie, Études et Prospective, l’élaboration de livres blancs sur les filières anacarde et industries culturelles et créatives (ICC) de l’UEMOA est également en cours.
Malgré ces avancées, la mise en œuvre du Plan IMPACT 2030 reste confrontée à plusieurs difficultés.
La préservation de la cohésion et de la dynamique d’intégration régionale entre les États membres demeure un enjeu majeur. Le contexte sécuritaire constitue également une préoccupation. Certaines zones concernées par les écosystèmes prioritaires sont confrontées à des défis sécuritaires qui peuvent affecter les activités économiques, les investissements et les échanges commerciaux. « L’enjeu est donc de continuer à développer des réponses régionales qui renforcent à la fois la résilience des économies et les conditions nécessaires à leur transformation », a indiqué Koffi Romain R. Dognon.
L’expert a également souligné la nécessité de renforcer l’appropriation et l’engagement des États membres et de fédérer les acteurs autour des programmes régionaux filières. À cela s’ajoute le défi de la mobilisation des financements et des investissements.
« La mise en œuvre des ambitions de l’Union suppose naturellement des ressources financières importantes. Dans un contexte où les marges budgétaires sont restreintes, l’un des enjeux sera de renforcer la mobilisation des différentes sources de financement et de créer davantage de conditions favorables à l’investissement privé. Il s’agit notamment de faire en sorte que les programmes régionaux puissent passer de la conception à des projets effectivement financés et réalisés », a-t-il préconisé.
Selon Koffi Romain R. Dognon, l’un des principaux enjeux réside également dans la capacité du Plan IMPACT 2030 à produire des effets concrets sur les populations de l’Union. Sa réussite devra se mesurer à ses effets concrets sur les populations : davantage d’emplois, de revenus, de compétitivité, de mobilité, de services et d’opportunités. « C’est cette capacité à transformer l’intégration régionale en bénéfices concrets pour les populations qui permettra, à terme, de renforcer son appropriation », a-t-il souligné.
Le chef de la Division Stratégie, Études et Prospective a également mis l’accent sur le passage d’une logique de conception à une logique de mise en œuvre et de résultats, le renforcement des capacités des cadres et le développement d’une véritable culture du pilotage par les résultats.
« La réussite d’IMPACT 2030 suppose également de renforcer une culture commune du pilotage par les résultats. Au-delà du suivi des activités réalisées, il s’agit de mieux mesurer les effets produits, de disposer d’indicateurs permettant d’orienter les décisions et, lorsque cela est nécessaire, d’ajuster les actions en fonction des résultats obtenus », a-t-il dit.
Aminata Dindi Sissoko
Les parties ont convenu d’œuvrer au raffermissement de leurs relations économiques et commerciales. Et, surtout, d’aplanir à brève échéance les contraintes liées à cette réorganisation temporaire du service de délivrance des visas.
En marge de la session d’information et de sensibilisation des journalistes des États membres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), ouverte le 14 septembre 2026 à Ouagadougou, le président de la Commission de l’UEMOA, Abdoulaye Diop, a reçu, ce mercredi 16 septembre.
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