Achat collectif de bœufs : Une tradition multi-avantages

Des amis, des voisins ou des collègues de service se mettent ensemble pour que chacun puisse avoir de la bonne viande dans les assiettes le jour de la fête. La pratique, en plus du partage des frais, a le mérite de consolider les liens de solidarité entre les membres

Publié vendredi 29 avril 2022 à 05:45
Achat collectif de bœufs : Une tradition multi-avantages

Nos ancêtres avaient vite compris que l’union, vecteur de cohésion et de prospérité, fait la force d’une communauté ou d’un peuple tout entier. Ainsi, toute la vie sociale, culturelle, politique, religieuse, économique… était bâtie autour de gens ayant soit le même âge, les mêmes visions des choses, ou exerçant les mêmes activités socioéconomiques. Les tontines sont nées de cette volonté d’entraide mutuelle visant à unir les efforts pour atteindre un objectif commun : la paix, la cohésion et la prospérité des adhérents.   

L’achat collectif de bœufs à l’occasion de l’Aïd al-Fitr (fête du Ramadan) entre dans ce cadre là. Appelée communément «ton-ton ou tônon», cette tradition fondée sur la cotisation individuelle des membres de la «coopérative» se perpétue. Chaque année, elle permet ainsi à des centaines de milliers de Maliens (pauvres comme riches), d’avoir suffisamment de viande à disposition pour fêter en toute convivialité en famille.

L’initiative est appréciée par Abdoulaye Guindo, jeune fonctionnaire. Lui et cinq autres collègues ont cotisé chacun 50.000 Fcfa. Grâce à la somme des cotisations, ils ont payé un bœuf à 285.000 Fcfa au marché à bétail de Niamana. «Nous l’avons ensuite transporté au marché à bétail de Sabaliboubou qui est proche de nous. Là-bas, la garde de l’animal est confiée à un éleveur avant le jour d’abatage», explique Abdoulaye Guindo, l’initiateur du «ton-ton».


Cet habitant du quartier de Kalaban-coura, Commune V du District de Bamako, trouve le projet plus économique, comparé à l’achat de viande au marché. Il estime que chaque contributeur pourrait rentrer chez lui avec neuf kilos de viande, espérant perpétuer cette union.

Yaya Diarra, habitant de Garantiguibougou, est membre d’une tontine depuis près de cinq ans. Ce chef de famille précise qu’ils sont 40 personnes qui cotisent chacun 10.000 Fcfa chaque année. «Nous sommes entre amis, frères et collègues de travail. L’année passée, nous avons pu acheter deux bœufs.


Chacun a eu un tas de viande pesant quatre kilos. Pour le moment, nous n’avons pas enregistré de cas de conflits. Le partage se fait dans la convivialité», souligne-t-il. Pour ce faire, précise-t-il, une liste est établie en fonction de laquelle le partage s’effectue. Yaya Diarra juge viable cette initiative des aînés, qui permet à chacun d’avoir le maximum de viande pour la fête mais surtout de renforcer la paix, l’unité et la cohésion sociale.

Après la rupture du jeûne, Souleymane Traoré bavarde avec ses amis autour du thé dans un «grin» à Kalaban coura. Sujet central : la cotisation pour l’achat collectif d’un bœuf. Ce jeune homme, un habitué du «ton-ton», propose de recourir cette année à une balance pour peser sur place les tas de viande afin de réduire les frustrations récurrentes constatées lors des précédentes opérations.

Le «ton-ton» n’est pas une exigence de la religion musulmane. Abdou Doumbia, un érudit, explique clairement qu’il n’a rien à voir avec la religion. Selon lui, cette pratique existe au Mali depuis des siècles. Elle est, selon l’homme de Dieu, une convention entre un groupe de personnes qui s’accordent à acheter un bœuf pour se partager la viande. La pratique a l’avantage de mutualiser les efforts au sein du groupe. La religion s’intéresse uniquement à la manière d’égorger l’animal. Elle doit être faite par un musulman sinon il est interdit au musulman de consommer sa viande, conclu l’érudit.

Makan SISSOKO

Lire aussi : Supposée libération de terroristes : La DIRPA dénonce une pure manipulation

Acculés par la pression militaire exercée par les Forces armées maliennes (FAMa), les groupes armés terroristes et leurs parrains se rabattent désormais sur le terrain médiatique pour tenter de déstabiliser notre pays. Cette dénonciation a été faite par le patron de la Direction de l’inf.

Lire aussi : Ministère de la Justice et des Droits de l’Homme: Le rapport annuel d’activités 2025 remis au Garde des Sceaux

Les deux tomes du rapportLe rapport annuel d’activités 2025 constitue un document monumental de 1.087 pages, structuré en deux volumes distincts avec un premier tome de 381 pages consacré aux services centraux et un second tome de 706 pages dédié aux juridictions nationales..

Lire aussi : Un choc exogène lié aux tensions géopolitiques

La hausse des prix du carburant au Mali, observée il y a quelques jours, suscite de nombreuses interrogations et inquiétudes au sein de la population..

Lire aussi : À l’heure du Mali : La résilience malienne, face au choc pétrolier venu d’Ormuz

Dans une de nos tribunes, au tout début de la guerre au Moyen Orient, nous avions souligné la proximité temporelle de ce conflit, même s’il se déroule à des milliers de kilomètres de chez nous. Le monde d’aujourd’hui est devenu un petit village où l’on entend le moindre coup de pilon.

Lire aussi : Il y a 30 ans, la Flamme de la Paix à Tombouctou

Par décision N° 96-06 /PM du 26 Février 1996, il a été crée une Commission nationale d’organisation de la cérémonie «Flamme de la Paix» présidée par SEM Dioncounda Traoré, ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, des Maliens de l’Extérieur et de l’Intégration afri.

Lire aussi : 35 ans de démocratie au Mali : Entre héritage des martyrs de 1991 et refondation de l’Etat

Trente-cinq ans après les évènements historiques de mars 1991, le Mali ne se contente plus de commémorer. Il s'interroge. À l'heure où la Transition place la souveraineté au cœur de l'action publique, la question de l'héritage des martyrs de la démocratie revêt une dimension nouvelle.

Les articles de l'auteur

Nord de Niono : L'armée élimine un groupe armé terroriste

Dans un communiqué rendu public ce dimanche, l'État-major général des Armées a annoncé la neutralisation d'un groupe armé terroriste repéré au nord de Niono, dans la Région de Ségou..

Par Makan SISSOKO


Publié dimanche 29 mars 2026 à 19:10

2è édition du Festival de la mangue : L’or vert au cœur des ambitions économiques

Du 25 au 29 mars, Bamako vibre au rythme de la 2è édition du Festival «Mali Mangoro Sugu» entre dégustations, expositions, échanges professionnels..

Par Makan SISSOKO


Publié vendredi 27 mars 2026 à 16:57

Formation professionnelle : La Chine dote le CFP-Sénou en équipements de maintenance

Avec un appui matériel estimé à 25 millions de Fcfa, la Chine consolide les capacités du Centre de formation professionnelle de Sénou, au service d’une jeunesse en quête de compétences et d’employabilité.

Par Makan SISSOKO


Publié vendredi 27 mars 2026 à 08:34

Gouvernance publique : Le CERCAP mise sur des réformes et des actions innovantes en 2026

Face aux exigences croissantes d’efficacité de l’action publique, le Centre d’études et de renforcement des capacités d’analyse et de plaidoyer (CERCAP) affiche ses ambitions pour 2026..

Par Makan SISSOKO


Publié vendredi 27 mars 2026 à 08:27

Une course de pirogues pour sensibiliser à la préservation

En prélude à la célébration de la Journée mondiale de l’eau, le ministère de l’Énergie et de l’Eau, à travers la Direction nationale de l’hydraulique, a organisé, samedi dernier, une course de pirogues mettant en compétition las six communes du District de Bamako..

Par Makan SISSOKO


Publié lundi 23 mars 2026 à 08:27

Proche et Moyen-Orient : La situation des Maliens reste stable

Dans un communiqué publié ce jeudi 19 mars 2026, le ministre des Maliens établis à l'Extérieur et de l'Intégration africaine, Mossa Ag Attaher, informe l'opinion nationale et internationale sur la situation de nos compatriotes résidant au Proche et Moyen-Orient, dans un contexte régional marqué par des tensions sécuritaires et des perturbations du trafic aérien depuis fin février 2026..

Par Makan SISSOKO


Publié jeudi 19 mars 2026 à 21:30

Baguinéda : La CAD-Mali et Oxfam apportent un souffle d’espoir à 70 familles de déplacés internes

À quelques jours de la fête de Ramadan, un geste de solidarité est venu soulager des familles déplacées internes de Baguinéda Camp. Soixante-dix ménages ont reçu, samedi dernier, des kits alimentaires d'une valeur estimée à environ 5,2 millions de Fcfa..

Par Makan SISSOKO


Publié mardi 17 mars 2026 à 08:48

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner