Après Tabaski : Bamako, le grand dépotoir

Après la fête de l’Aid El Kebir, la ville des «Trois caïmans» est engloutie par des déchets. Les caniveaux, les rues et autres grands espaces deviennent des dépotoirs de peaux, viscères et autres produits issus des animaux immolés.

Publié mercredi 13 juillet 2022 à 06:00
Après Tabaski : Bamako, le grand dépotoir

Les déchets d’animaux sont souvent jetés dans les cours d’ea

Ce qui entraîne un véritable problème de salubrité et d’hygiène pour les Bamakois. La gestion des déchets (viscères, peaux, sang) issus des milliers de moutons et autres bêtes immolés lors de la fête de Tabaski constitue un casse-tête pour les habitants de la capitale. Au garbal de Faladié où nous nous sommes rendus hier, difficile de respirer à cause de l’odeur fétide que dégagent les déchets laissés par les moutons et leurs propriétaires. Un mélange de crottes, fourrages pourris, peaux en putréfaction coupe le souffle au visiteur.


À l’entrée du garbal, certains gamins s’affairent à brûler des têtes et pattes de moutons. Tandis que d’autres ramassent quelques peaux non abîmées pour les vendre.

À l’intérieur du parc, flaques d’eau stagnantes, boue et  matières fécales rendent tout mouvement difficile. Les piétons sont obligés de patauger dedans. Les quelques motocycles qui osent s’y aventurer, risquent de s’embourber. «L’endroit était relativement propre, mais la pluie du lundi a empiré la situation», dit Abdou Maïga, un vendeur de moutons. «En réalité, aucun garbal au Mali ne dispose de système d’assainissement digne de ce nom. Outre les parcs d’animaux, il y a des peaux de mouton dispersées partout à Bamako. Personne ne se préoccupe», regrette Abdou Maïga.

 Le vendeur de mouton, Alkassoum Mahamane, pense que les autorités n’ont jamais fait l’assainissement de la capitale leur priorité. «Il y a quelques années, un ministre s’était engagé à aménager les parcs d’animaux. Quand ce dernier a été relevé, son successeur ne s’est jamais intéressé au dossier», déplore  notre interlocuteur.

Au garbal de Sabalibougou, les vendeurs de moutons s’organisent comme ils peuvent pour tenir l’endroit relativement propre. Leur chef, Habib Dénon, un septuagénaire, est assis sous un hangar de fortune. «Notre parc est relativement propre comparé à bien d’autres», se réjouit-il. Selon Habib Dénon, les matières fécales sont très prisées par les maraîchers et agriculteurs. Ces derniers viennent fréquemment s’y approvisionner gratuitement.

Concernant les peaux et autres déchets comme les viscères, le vieux Dénon précise que cette situation est due aux bouchers qui ont développé leur activité autour du garbal. Allaye Bocoum dit vendre les peaux de moutons et de bœufs de temps en temps. «Au lieu de laisser certaines peaux pourrir, je les collecte pour les vendre»,  affirme-t-il.

Allaye Bocoum explique qu’auparavant, les peaux de bœufs les plus prisées étaient vendues aux Ghanéens et Ivoiriens qui les transportaient dans leurs pays. Le prix unitaire  était de 7.000 à 8.000 Fcfa. Mais aujourd’hui, c’est  2.500 Fcfa.

Plus loin, Cheickné Sidibé, un boucher, est occupé à brûler des têtes et pattes de moutons en compagnie d’autres jeunes. Sueur au front, il nous fait savoir que tous les déchets issus de leur activité sont récupérés. « Tous les animaux sont égorgés dans un endroit spécifique qui sera nettoyé par des vidangeurs. Les peaux en bon état sont exposées à l’air libre, séchées et vendues. Le reste est emporté par les  éboueurs rétribués par les vendeurs de bétail», raconte-il.

 Au Mali, l’assainissement des parcs à bétail est toujours effectué de manière rudimentaire laissant toujours place à l’insalubrité malgré les efforts des acteurs, estime Habib Dénon.

«J’ai été en Côte d’Ivoire et au Sénégal pour vendre mes animaux, je peux vous assurer que les autorités ont mis à la disposition des vendeurs des parcs ultras modernes, avec des couloirs carrelés faciles à nettoyer,», affirme-il. Pour lui, il faut juste une volonté politique pour aménager les différents garbals du Mali.

Oumar SANKARE

Lire aussi : Supposée libération de terroristes : La DIRPA dénonce une pure manipulation

Acculés par la pression militaire exercée par les Forces armées maliennes (FAMa), les groupes armés terroristes et leurs parrains se rabattent désormais sur le terrain médiatique pour tenter de déstabiliser notre pays. Cette dénonciation a été faite par le patron de la Direction de l’inf.

Lire aussi : Ministère de la Justice et des Droits de l’Homme: Le rapport annuel d’activités 2025 remis au Garde des Sceaux

Les deux tomes du rapportLe rapport annuel d’activités 2025 constitue un document monumental de 1.087 pages, structuré en deux volumes distincts avec un premier tome de 381 pages consacré aux services centraux et un second tome de 706 pages dédié aux juridictions nationales..

Lire aussi : Un choc exogène lié aux tensions géopolitiques

La hausse des prix du carburant au Mali, observée il y a quelques jours, suscite de nombreuses interrogations et inquiétudes au sein de la population..

Lire aussi : À l’heure du Mali : La résilience malienne, face au choc pétrolier venu d’Ormuz

Dans une de nos tribunes, au tout début de la guerre au Moyen Orient, nous avions souligné la proximité temporelle de ce conflit, même s’il se déroule à des milliers de kilomètres de chez nous. Le monde d’aujourd’hui est devenu un petit village où l’on entend le moindre coup de pilon.

Lire aussi : Il y a 30 ans, la Flamme de la Paix à Tombouctou

Par décision N° 96-06 /PM du 26 Février 1996, il a été crée une Commission nationale d’organisation de la cérémonie «Flamme de la Paix» présidée par SEM Dioncounda Traoré, ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, des Maliens de l’Extérieur et de l’Intégration afri.

Lire aussi : 35 ans de démocratie au Mali : Entre héritage des martyrs de 1991 et refondation de l’Etat

Trente-cinq ans après les évènements historiques de mars 1991, le Mali ne se contente plus de commémorer. Il s'interroge. À l'heure où la Transition place la souveraineté au cœur de l'action publique, la question de l'héritage des martyrs de la démocratie revêt une dimension nouvelle.

Les articles de l'auteur

Hausse des prix du carburant : Le gouvernement veille au grain

L’État consent 3 milliards Fcfa de subventions mensuelles pour maintenir les prix à la pompe. Cet effort est fait pour préserver le pouvoir d’achat des citoyens et surtout pour garantir la disponibilité du précieux liquide.

Par Oumar SANKARE


Publié mardi 31 mars 2026 à 11:35

Wave Mali et Orabank Mali : Un beau partenariat pour booster l’inclusion financière

Ce partenariat permet des transferts instantanés entre comptes bancaires Orabank et portefeuilles mobiles Wave. Il renforce l’inclusion financière au Mali en reliant banque traditionnelle et mobile money pour une gestion plus simple et sécurisée des fonds.

Par Oumar SANKARE


Publié mardi 31 mars 2026 à 11:25

Ligue de football de Bamako : La liste Issa Sidibé prend acte de l’annulation de l’élection

Quelques jours après la décision de la Commission d’appel des élections (CAE) de la Fédération malienne de football (Femafoot) d’annuler le procès-verbal de l’assemblée générale élective de la Ligue de football de Bamako, tenue le 14 mars dernier, le camp du président sortant, Issa Sidibé est sorti de sa réserve..

Par Oumar SANKARE


Publié lundi 30 mars 2026 à 08:25

Emploi au Mali : 65.503 postes créés en 2025

L’annonce a été faite par la ministre de l’Entrepreneuriat national, de l’Emploi et de la Formation professionnelle lors d’un point de presse tenu, vendredi dernier, à la Primature. Mme Oumou Sall Seck précise que ce solde positif record en matière d’emploi est porté principalement par le secteur public et les politiques d’insertion.

Par Oumar SANKARE


Publié lundi 30 mars 2026 à 08:05

Mali : 65.503 emplois nets créés en 2025

Le Mali a créé 69.298 emplois bruts en 2025 contre 3.795 pertes, soit un solde net positif de 65.503 emplois, a annoncé, ce vendredi 27 mars, la ministre de l’Entrepreneuriat national, de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Oumou Sall Seck, lors d’un point de presse à la Primature..

Par Oumar SANKARE


Publié vendredi 27 mars 2026 à 18:26

Cybercriminalité : le journaliste Youssouf Sissoko condamné à deux ans de prison ferme

Poursuivi pour «diffusion de fausses informations», «atteinte au crédit de l’État» et «offense à un chef d’État étranger», le directeur de publication du journal.

Par Oumar SANKARE


Publié mardi 24 mars 2026 à 09:07

Iran : Le pari du chaos ?

L’hypothèse d’une élimination du Guide suprême iranien par Washington, malgré les mises en garde internes, posait une question stratégique majeure : peut-on provoquer un changement de régime en décapitant son sommet, sans déclencher une dynamique plus radicale encore ?.

Par Oumar SANKARE


Publié mercredi 11 mars 2026 à 08:43

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner