#Mali : Au Rebond: Mohamed Camara au centre d'un faux débat

L'international malien est accusé d'avoir refusé de participer à la campagne contre l'homophobie initiée par la Ligue de football professionnel lors de la dernière journée du championnat français de D1. La polémique s’est amplifiée à cause des propos tenus par la ministre des Sports de la France

Publié mardi 21 mai 2024 à 16:55
#Mali : Au Rebond: Mohamed Camara au centre d'un faux débat

Depuis samedi dernier, le milieu de terrain malien de l’AS Monaco, Mohamed Camara est au centre d’une polémique pour avoir refusé de porter un maillot contre l’homophobie lors de la dernière journée du championnat français de première division. En fait, l’international malien a mis du scotch blanc sur le patch de son maillot pour masquer le logo «Stop Homophobie» et refusé de prendre part à la photo d’avant-match, devant le panneau contre l’homophobie. Il n’en fallait pas plus pour soulever des vagues en France.

Outre les réseaux sociaux, qui ont rapidement vilipendé l’attitude de Mohamed Camara, la ministre des sports de la France Amélie Oudéa-Castéra s’en est également prise au milieu de terrain malien de Monaco. «Je trouve que c’est un comportement inadmissible. J’ai pu d’ailleurs dire ce que j’en pensais à la Ligue de football professionnel et j’estime qu’un tel comportement doit faire l’objet des sanctions les plus fermes à la fois contre le joueur, mais aussi contre le club qui l’a laissé faire», a réagi Amélie Oudéa-Castéra quelques heures après le match Monaco-Nantes, remporté 4-0 par les Monégasques dont un but de Mohamed Camara. Il ne fait guère de doute que l’on parlera longtemps de cette affaire en France et que la pression mise par la ministre des sports de la France ne restera pas sans suite. De même, on peut s’attendre à des sanctions contre l’international malien, tant au niveau de son club qu’au niveau de l’instance dirigeante du football professionnel français. Mohamed Camara était-il conscient des conséquences de sa décision ?

Avant de répondre à cette question et chercher à comprendre ou expliquer l’attitude du Malien, il nous paraît important de parler d’abord de l’homophobie. Autrement dit, que signifie ce mot ? Apparu dans les années 1970, le terme homophobie vient de «homo» qui est l’abréviation de «homosexuel» et de «phobie», et du grec phobos qui signifie «crainte». Selon le dictionnaire, «le terme homophobie permet de faire référence au refus, voire à la détestation de toute relation amoureuse ou sexuelle entre personnes du même sexe».

Quid du sigle LGBT ? Dans le même dictionnaire on peut lire que L signifie «Lesbienne», c’est-à-dire «les femmes homosexuelles, qui sont attirées sexuellement et/ou affectivement par des femmes», G veut dire Gay qui désigne des hommes «homosexuels, qui sont attirés sexuellement et/ou affectivement par des hommes», B est le diminutif de «bisexuel» (des personnes qui peuvent être attirées sexuellement et/ou affectivement par les deux sexes), T veut dire «trans» et concerne «les personnes transgenres, c'est-à-dire celles qui ne vivent pas avec le genre de leur naissance mais avec celui auquel elles s'identifient».

 

UNE DéCISION QUI S'IMPOSAIT- Peut-on imaginer un seul instant un Malien, né de parents musulmans et musulman lui-même, accepter pour quelle que raison que ce soit, de manifester publiquement son soutien à l'homophobie ? La réponse est claire : c'est non tout simplement parce que l'Islam condamne sans équivoque toute relation sexuelle entre personnes de même sexe.

En tant que musulman, Mohamed Camara a pris la décision qui s'imposait et le joueur peut compter sur le soutien sans faille de l'ensemble de la communauté musulmane du monde. D'autres joueurs avant lui, ont également rencontré des problèmes similaires, dont son aîné Frédéric Kanouté, quand il évoluait sous les couleurs du FC Séville et les Sénégalais Sadio Mané (avec le Bayern Munich) et Idrissa Gana Gueye (avec le PSG).

Le reproche que l'on peut faire à Mohamed Camara dans cette affaire, c'est juste le fait qu'il a accepté de participer au match. Le milieu de terrain malien aurait dû refuser de participer à la rencontre, comme l'a fait l'international égyptien de Nantes, Mostafa Mohamed lors du même match. L'attaquant nantais lui, a carrément refusé de disputer le match parce qu'il ne voulait pas participer à la campagne contre l'homophobie.

Mohamed Camara a commis une erreur en décidant de participer à ce match qui s'est déroulé dans un stade Louis II où plusieurs paneaux avaient été déployés et sur lesquels on pouvait lire “Stop à l’homophobie”. Après avoir marqué sur penalty, Mohamed Camara a  manifesté sa joie devant les caméras, laissant apparaître le sparadrap blanc qu’il a mis sur son maillot pour masquer le logo “Stop à l’homophobie”. Malheureusement, le Malien ne pourra jamais effacer cette image.

Cette nouvelle affaire interpelle à la fois les instances sportives et les agents des joueurs sur les clauses des contrats des footballeurs. Celles-ci doivent être clairement définies avant la signature des contrats et une fois le document paraphé, chacune des deux parties doit scrupuleusement respecter son contenu.

Les clubs ont des obligations contractuelles avec leurs sponsors et les joueurs doivent en être informés avant la signature de leur contrat. Cela peut contribuer à la résolution de ce genre de problème, donc, à mettre tout le monde dans ses droits. Quand je dis tout le monde, il ne s'agit pas seulement des joueurs et des clubs, les intérêts des instances sportives et de leurs partenaires doivent également être pris en compte et spécifiés lors de la signature des contrats.

 À bon entendeur, salut !

Soulemane Bobo TOUNKARA

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