Bamako : Le triste sort reservé aux passerelles piétonnes

Alors que ces infrastructures urbaines ont été réalisées pour la sécurité des piétons lors de la traversée des routes dans la capitale, elles sont de moins en moins utilisées par les usagers et servent pour la plupart de dépôt d’ordures ou de repaires pour les bandits

Publié mercredi 02 juillet 2025 à 07:32
Bamako : Le triste sort reservé aux passerelles piétonnes

La réalisation de cette passerelle a coûté plusieurs millions de Fcfa

 

Au-dessous de l’échangeur pour les piétons du Quartier-Mali en Commune V du District de Bamako, Adama Diarra, un conducteur de mototaxi et ses collègues ont pris leur quartier. Il explique que ces infrastructures sont très utiles et facilitent les aller et retour des piétons qui doivent traverser la route. Par ailleurs, il regrette que certaines personnes préfèrent braver les véhicules plutôt que d’utiliser cette passerelle. «Nous passons la journée à les dissuader de traverser la route. La circulation sur cette voie est très dense, surtout aux heures de pointe», indique Adama Diarra.

Un groupe d’élèves qui utilise cette passerelle affirme que l’utilisation de l’échangeur leur permet de gagner du temps et d’éviter les accidents et les embouteillages.

«Nous l’empruntons régulièrement, parce que nous avons été témoins d’un grave accident un jour impliquant une petite fille et sa maman qui essayaient de traverser la route», se souvient l’un des écoliers. Ils sont unanimes qu’aucune excuse ne peut justifier la non utilisation des passerelles. Selon eux, c’est un dispositif de sécurité qui les empêche d’être stressés quand il est question d’aller à l’école.

Mamadou Kané dit Binkè vend des habits à proximité de l’échangeur pour piétons près du marché des friperies appelé « Worocour » en face du Centre hospitalier universitaire Gabriel Touré. Il témoigne que cette passerelle est beaucoup utilisée. La forte fréquentation de l’infrastructure, argumente-t-il, fait qu’il a atteint une large clientèle. «Malgré cela, nous rencontrons des difficultés liées à la présence dangereuse des délinquants qui attaquent les usagers sur la passerelle la nuit », déplore le marchand de vêtements.

Sur le même site, Seydou Bocoum vend des meubles depuis plus de deux ans. Il affirme qu'au-delà de 18 heures, l’utilisation de l’échangeur est très dangereuse. Selon lui, le faible intérêt pour ces infrastructures a engendré leur appropriation par des individus mal intentionnés. «D’après mes observations, certaines passerelles sont totalement délaissées. Celle de Dabanani est dangereuse en raison de la fréquence des agressions. Ce qui explique également son abandon par les usagers», souligne Seydou Bocoum.

Modibo Diallo, vendeur de sacs et d’autres marchands exposent leurs produits sur la passerelle près de « Worocour ». Il explique que les occupants de cet espace débarrassent régulièrement le lieu de ses immondices. Un usager qui a requis l’anonymat reproche aux autorités de ne pas s’investir suffisamment dans les actions visant à encourager les usagers à emprunter les échangeurs pour piétons. Il affirme avoir entrepris des démarches contre l’insécurité. « J’ai contacté la police à plusieurs reprises sans suite.

 Il est impératif de trouver une solution, car la situation est intolérable. Les vendeurs doivent nettoyer chaque matin cette passerelle pour pouvoir l’utiliser durant la journée », a indiqué Madou Diallo, qui a déploré la présence d’excréments humains, de préservatifs usagés, de mégots de cigarettes, de restes de joints et souvent de bouteilles d’alcool. Notre interlocuteur invite les autorités à prendre des mesures rigoureuses contre l’insécurité. Avant de les exhorter à électrifier ces passerelles, car leur utilisation ne peut se limiter à la journée.

AGRESSIONS- Awa Sidibé, vendeuse de friperie, précise que de 18 heures à 6 heures du matin, l’accès à l’échangeur est interdit en raison de la présence des délinquants. «Nous commençons à nous installer à partir de 7 heures et partons à 18 heures, avant leur arrivée», dénonce-t-elle. Avant d'annoncer qu’ils agressent les gens après leur départ. Ces bandits, renchérit-elle, tentent même des agressions en pleine journée. Mais, la forte affluence rend cela difficile pour eux. Le pont pour piétons en face de l’auto-gare de Sogoniko en Commune VI n’échappe pas à ce banditisme.


Le chef du département audit, réglementation et circulation routière de l’Agence nationale de la sécurité routière (Anaser) souligne l’importance de ces infrastructures notamment dans des zones où la vitesse des véhicules est élevée et où il y a la fluidité du trafic. Selon Blaise Adama Dena, leur rôle est essentiel pour la sécurité des piétons en particulier les enfants et les écoliers.

«La passerelle la plus utile possible est celle Quartier-Mali car là-bas, la traversée à pied pour les piétons est carrément impossible parce que la vitesse à la descente de l’échangeur est vraiment excessive », relève notre interlocuteur. Par ailleurs, il déplore l’incivisme de certains usagers qui préfèrent risquer leur vie en traversant la route plutôt que d’utiliser les passerelles.

Contre cette habitude, Blaise Adama Dena assure que des actions de sensibilisation, d’éducation et de formation sont menées quotidiennement dans le but d’informer les conducteurs et les piétons sur l’importance des passerelles et promouvoir leur utilisation. Dans cette démarche, il dira que des messages sont diffusés auprès des conducteurs, dans les écoles et par le biais des médias.

«Avant la construction des deux passerelles au niveau de Sébénicoro, les piétons étaient souvent victimes d’accidents, car il y a une concentration de la population à ce niveau et la présence du marché», se souvient Blaise Adama Dena. Toutefois, il constate que l’utilisation des passerelles n’est pas optimale car certains les utilisent à des fins inappropriées ou pour commettre des actes répréhensibles.

 Aussi, elles abritent des sans-abris. Le responsable de l’Anaser a insisté sur le fait que ces ouvrages sont construits à des millions de Fcfa pour la sécurité des populations. Avant de réfuter les arguments de ceux qui estiment que l’utilisation de ces passerelles est une perte de temps ou provoque des vertiges. Pour le chef de département audit, réglementation et circulation routière de l’Anaser, la sécurité des piétons est primordiale et les ponts pour piétons offrent une alternative plus sûre pour la traversée de la route. Notre interlocuteur a noté également la présence policière à proximité des passerelles, ce qui contribue à la sécurité des usagers.

 

Fatoumata KONÉ

Rédaction Lessor

Lire aussi : Efficacité énergétique à Bamako : 20 bâtiments seront audités

Réduire la consommation d’électricité des bâtiments publics et privés tout en améliorant leur performance énergétique, tel est l’objectif du Projet de renforcement des capacités de dix Entreprises de services écoénergétiques (Esco)..

Lire aussi : Facilité du transport sur le corridor Bamako-San Pedro : Le projet réalisé à 82,58%

Le ministère des Transports et des Infrastructures a abrité, hier, la cérémonie d’ouverture des travaux de la 4è session du Comité de pilotage du Projet d’aménagement routier et de facilitation du transport sur le corridor Bamako - Zantièbougou - Boundiali - San Pedro (PR 8)..

Lire aussi : Œuvres sociales du Président de la Transition : 800 kits alimentaires offerts au camp de Kati et au Génie militaire

Chaque kit alimentaire est composé de 50 kg de mil, 50 kg de riz, 50 kg de sucre et d’un bidon d’huile de 20 litres. Ces dons qui arrivent à quelques jours du début du Ramadan et du Carême, sont un véritable soulagement pour les bénéficiaires.

Lire aussi : Santé : ChildFund International harmonise ses actions avec le ministère de la santé et du développement social

La ministre de la Santé et du Développement social, le Colonel-major Assa Badiallo Touré, a accordé une audience, le mardi 10 février, au nouveau directeur pays de ChildFund International au Mali..

Lire aussi : Programme Tokten : Des résultats satisfaisants

Le ministre Mossa Ag Attaher (c) préside la rencontreLe ministre des Maliens établis à l’extérieur et de l’Intégration africaine Mossa Ag Attaher a présidé, mardi 10 février dans les locaux de son département, la cérémonie d’ouverture de la session ordinaire du comité de pilotage .

Lire aussi : Journée des diplomates russes : L’axe Bamako-Moscou se consolide

Le Mali et la Russie sont résolument déterminés à approfondir leur dialogue politique et à coordonner leurs positions de principe sur les questions actuelles de l’agenda mondial et régional à l’ONU et dans d’autres formats multilatéraux. Ces assurances ont été données par l’ambass.

Les articles de l'auteur

Familles fondatrices de Bamako : Le petit-fils le plus âgé de «jamanatigi» s’appelle Samba Niaré

Dans l’article intitulé «Familles fondatrices de Bamako : Titi Niaré intronisé 11è Jamanatigi», une erreur nous a fait dire que le contrôleur général de police à la retraite Mamadou Niaré dit Gari est le petit-fils le plus âgé de Titi Niaré qui a été intronisé, le samedi 7 février à Bamako..

Par Rédaction Lessor


Publié mercredi 11 février 2026 à 08:50

Communiqué du conseil des ministres du 07 janvier 2026

Le Conseil des Ministres s’est réuni en session ordinaire, le mercredi 7 janvier 2026, dans sa salle de délibérations au Palais de Koulouba, sous la présidence du Général d’Armée Assimi GOÏTA, Président de la Transition, Chef de l’État..

Par Rédaction Lessor


Publié jeudi 08 janvier 2026 à 08:53

ESPGMP : la 7ᵉ promotion sur le marché de l’emploi

L’École supérieure de passation et de gestion des marchés publics (ESPGMP) a procédé ce mardi, à la remise des diplômes de Master aux auditeurs de sa 7è promotion. La promotion a été parrainée par le président de l'Autorité de régulation des marchés publics et des délégations de service public, Alassane Ba.

Par Rédaction Lessor


Publié mercredi 07 janvier 2026 à 08:10

«Tourbillon dans un canari» : le nouvel ouvrage de Taki Kanté ElKalil

«Le nouvel ouvrage de l’écrivaine Taki Kanté Elkhalil intitulé: «Tourbillon dans un canari» vient renforcer le patrimoine littéraire. Le livre a été lancé, le samedi 27 décembre 2025, dans la bibliothèque de la Fondation Amadou Toumani Touré pour l’enfance sise à Hamdallaye ACI en Commune IV du District de Bamako..

Par Rédaction Lessor


Publié mercredi 07 janvier 2026 à 08:09

L’ISFMI : La promotion Harouna Niang versée sur le marché de l’emploi

L’Institut Simon finance et management international (ISFMI) a organisé, jeudi dernier dans un hôtel de la place, une cérémonie de remise de diplômes aux 211 étudiants en Licence et Master de la promotion baptisée Harouna Niang, économiste et ancien ministre de l’Industrie, du Commerce et de la Promotion des Investissements..

Par Rédaction Lessor


Publié lundi 29 décembre 2025 à 09:04

Vaccination des enfants indigents : L’Anam s’engage à améliorer le taux national

L’Agence nationale d’assistance médicale (Anam), en collaboration avec le Centre national d’immunisation (CNI), a mis en place un programme d’identification et d’immunisation des enfants dits «zéro dose»..

Par Rédaction Lessor


Publié lundi 29 décembre 2025 à 09:03

Rémunération liée à la performance dans l’administration publique : Le commissariat au développement institutionnel engage la réflexion

Le secrétaire général du ministère de la Refondation de l’État, Ibrahim Simpara, a présidé, la semaine dernière dans un hôtel de la place, la cérémonie d’ouverture de l’atelier sur la rémunération liée à la performance dans l’administration publique..

Par Rédaction Lessor


Publié lundi 29 décembre 2025 à 09:02

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner