D’un côté, les Aigles du Mali et de l’autre, les Aigles de Carthage. Entre maillots officiels, visages grimés aux couleurs nationales et drapeaux flottant au vent, la ferveur était palpable dès l'échauffement des joueurs.
À l’apparition du capitaine Yves Bissouma et de ses coéquipiers, le «12è homme» a fait entendre sa voix. Sous l'impulsion des troupes d'animation de l'Union nationale des associations des supporters des Aigles du Mali (UNASAM) et du Congrès nationale des supporters des Aigles du Mali (CNASAM), les tribunes n'ont cessé de danser, poussant les protégés de Tom Saintfiet à chaque offensive. Dès le dernier tir au but réussi, scellant la qualification du Mali en quarts de finale, la ville s'est métamorphosée. La tension a laissé place à une explosion de joie dans les tribunes et à Maârif, le quartier du stade Mohammed V de Casablanca, non loin du boulevard Moulay Youssef et la célèbre Corniche d’Aïn Diab.
Les scènes de joie ont succédé au stress des 120 minutes de jeu. «C'est la joie pure. Cette qualification doit être célébrée comme il se doit. Quand nous sommes unis, rien n'est impossible», s'enthousiasme Alima Karagnara, étudiante à Casablanca. Pour elle, comme pour beaucoup d’autres supporters, ce succès à dix contre onze est le signe que le Mali peut enfin viser son premier sacre continental. Si la fête a battu son plein, l'exigence reste de mise chez les observateurs avertis.
Mohamed Touré, un autre supporter, savoure mais prévient : «Nous avons vu une équipe solidaire et engagée, surtout après l'expulsion de Woyo Coulibaly. C'est cet état d'esprit qu'il faudra contre le Sénégal, ce vendredi à Tanger». Alassane Goïta lui, se montre critique à l’endroit du sélectionneur Tom Saintfiet : «Je m'attends à un match très compliqué ce vendredi contre le Sénégal. Le coach doit améliorer sa lecture de jeu et faire ses changements plus tôt. On ne peut pas toujours compter sur les miracles». Un scepticisme partagé par Idrissa Diarra, qui redoute l'usure physique avant le choc 100% ouest-africain contre les Lions de la Teranga.
L'image forte de cette nuit restera aussi le soutien des Marocains, à l'image de Mohamedine Youssef : «Je supporte le Maroc et le Mali. Les Maliens sont des gens fidèles et accueillants. Je rêve d'une finale entre nos deux pays. Ils peuvent battre le Sénégal, je n'en doute pas». La fête s’est poursuivie jusque tard dans la nuit dans les hôtels et hébergements des Maliens. Les chansons à la gloire des Aigles ont résonné toute la nuit, transformant Casablanca en une partie du Mali. Le football a, une fois de plus, réussi son pari : unir les cœurs autour d'un rêve commun. Prochain escale pour les Aigles : le Sénégal, pour un quart de finale qui s'annonce déjà électrique.
Envoyée spéciale
Djeneba BAGAYOGO
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