Bandiougou Danté, président de la Commission communication
Mise en place le 10 décembre 2024 par décret présidentiel, le délai initial de 2 mois de la mission de la Commission de rédaction du projet de la Charte nationale pour la paix et la réconciliation nationale, censé arriver à terme depuis le 10 février, n’a pas suffi. Compte tenu de cette contrainte, elle vient ainsi d’être prorogée de quelques mois. Désormais, la Commission, présidée par l’ancien Premier ministre Ousmane Issoufi Maïga, a le quitus de poursuivre ses travaux jusqu’au 30 juin prochain.
Dans un décret en date du 4 avril dernier, le Président de la Transition, le Général d’armée Assimi Goïta, a apporté une modification à l’article 9 du décret n°2024-0714/PT-RM du 10 décembre 2024 portant mise en place de ladite Commission. Cette modification proroge, de ce fait, le mandat de la Commission jusqu’au 30 juin prochain. Outre la prorogation de son délai, la Commission devra également faire un «point d’étape tous les 15 jours ou en cas de besoin» au Chef de l’État.
Après la phase des consultations avec l’ensemble des acteurs concernés depuis sa mise en place, la Commission de rédaction mettra à profit le temps supplémentaire pour faire la restitution de ses travaux préliminaires. Président de la Commission communication de cette Commission rédactionnelle du Projet de la Charte nationale pour la paix et la réconciliation nationale, Bandiougou Danté expliquera que la prorogation s’inscrit dans le souci d’avoir un document qui reçoit l’implication de tous les acteurs.
«C’est pour pouvoir écouter l’ensemble des Maliens et restituer également aux différentes Forces vives consultées ce qu’elles ont eu à faire comme propositions. Cela est extrêmement important. Quand on reçoit des messages pour la formulation d’un projet, il est important de rendre compte aux personnes qui ont été écoutées au départ en leur restituant la manière dont les idées ont été formulées. Ça aide à avoir un document consensuel», a-t-il détaillé.
Toujours selon celui qui est également le président de la Maison de la presse du Mali, cette prorogation apporte bien évidemment de nouveautés dans la mission de la Commission de rédaction dans la mesure où, il estime que ça permet d’améliorer ce qui a été déjà fait. «C’est une œuvre humaine. Donc, cette prolongation permet d’améliorer la qualité du travail et de pouvoir faire la restitution.
Dans un premier temps, nous avons consulté tous les acteurs. Et aujourd’hui, il s’agit pour nous d’aller faire la restitution de ce qui a été déjà fait. C’est un peu comme si vous envoyez un message et vous partez ensuite à la vérification de ce message dans le but de procéder à des rectifications», a-t-il souligné.
Investie de la lourde responsabilité de poser les jalons d’une paix durable après des années de crises ayant ébranlé le tissu social national, la Commission de rédaction du projet de la Charte nationale pour la paix et la réconciliation nationale entend toujours procéder à pas mesurés dans sa démarche d’élaboration de ce document majeur.
En plus de recueillir les avis des uns et des autres, notamment les Institutions de la République, les acteurs politiques, les acteurs de la société civile…, sa méthodologie consiste également à organiser des travaux en commissions en son sein en plus des plénières qui constituent un cadre d’échanges profonds entre ses membres.
«La prorogation du délai n’a autre objectif que de permettre d’avoir un document, à la limite, parfait même si la perfection appartient à Dieu. Nous allons tout faire pour mieux utiliser le temps qui nous est imparti pour pouvoir proposer à qui de droit un document solide», a conclu Bandiougou Danté.
Conformément à son décret de création, la Commission de rédaction du projet de la Charte nationale pour la paix et la réconciliation nationale sera amenée à remettre au Président de la Transition le projet de Charte et un rapport de fin de mission à l’issue de son mandat qui doit prendre fin le 30 juin prochain.
Alassane Cissouma
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