Les activités commémoratives de ce cinquantenaire ont été officiellement
lancées, mardi denier à Bamako, par le Premier ministre Choguel Kokalla Maïga.
C’était en présence du secrétaire exécutif du Cilss, Dr Abdoulaye Mohamadou, du
ministre du Développement rural, Modibo Keïta et du ministre délégué chargé de
l’Élevage et de la Pêche, Youba Ba.
«Le Cilss : 50 ans d’engagement au service des populations
sahéliennes et ouest-africaines» est le thème de cette commémoration qui s’étendra
sur toute l’année 2023 dans tous les États membres de l’organisation. Une
opportunité d’échanges, de partage et de communication pour mettre en lumière
les importants acquis et connaissances scientifiques engrangés par
l’institution, au profit de ses États membres et leurs populations. Cette célébration
sera également un cadre privilégié pour l’organisation de faire un plaidoyer de
haut niveau à l’endroit des partenaires techniques et financiers en vue du
financement de son plan de travail 2023-2027. Ce plan est issu de sa vision
2050 pour la réalisation de son nouveau mandat.
À l’entame de ses propos, le Premier ministre a rappelé que
le Cilss est d’abord un état d’esprit de solidarité pour faire face à un destin
commun avant d’être une organisation. «Il y a donc cinquante ans, les pères
fondateurs de notre organisation jetaient les bases d’une coopération inédite
entre les peuples sahéliens dans un souci de solidarité agissante, afin de
lutter contre les effets des grandes sécheresses qui ont frappé la région sahélienne
dans les années 70», a-t-il déclaré.
Pour Dr Choguel Kokalla Maïga, le Cilss a, en un demi-siècle et malgré de nombreuses difficultés, fortement appuyé ses États membres et les partenaires dans les actions de développement au profit des populations du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest. Ce, par la mise en place de mécanismes, instruments et outils qui, aujourd’hui, permettent de mieux comprendre et faire face efficacement aux défis du développement durable dans la région.
MULTIPLES DÉFIS- Le chef du gouvernement s’est dit fier des
résultats engrangés par l’Institut dans la réalisation de son mandat. Et cela
grâce à une expertise forte et un leadership reconnu dans ses domaines
d’interventions avec l’appui de partenaires et d’institutions de référence qui
accompagnent dans la quête d’une sécurité alimentaire et nutritionnelle
durable.
Il a estimé que les acquis obtenus sur tous les plans ne doivent pas
faire oublier les multiples défis qui se posent à nos États, en proie notamment
à des crises alimentaires et nutritionnelles à répétition. Auxquelles crises
s’ajoutent les effets néfastes de la pandémie de la Covid-19, la pression démographique,
la variabilité climatique et le lourd tribut que paient nos États au fléau du
terrorisme et à l’insécurité transfrontalière.
Pour sa part, le secrétaire exécutif du Cilss a expliqué que
le choix de Bamako pour le lancement des activités au Mali est une
reconnaissance du rôle éminent que notre pays, membre fondateur, a joué dans
l’institutionnalisation et la production du Cilss. Dr Abdoulaye Mohamadou a
rappelé que l’organisation est née de la vision des chefs d’État sahéliens qui
se sont réunis le 12 septembre 1973 à Ouagadougou pour évaluer les effets des
grandes sécheresses.
Parmi les réussites du Cilss, il a cité l’érection du
Centre régional Agrhymet en Centre climatique régional d’Afrique de l’Ouest et
le Dispositif régional de prévention et de gestion des crises qui permet la
production de l’information agricole dans les pays membres du Cilss et au-delà.
Grâce à cet outil qui se réunit quatre fois par an, les États disposent de l’information
sur les productions agricoles, les prix des produits, les zones de vulnérabilités,
etc.
Le Cilss regroupe 13 États membres : Burkina Faso, Bénin, Cap-Vert, Côte d’Ivoire, Gambie, Guinée, Guinée-Bissau, Mali, Mauritanie, Niger, Sénégal, Tchad et Togo. Deux États, en l’occurrence le Soudan et la République centrafricaine, sont en attente d’adhésion. De nos jours, l’organisation intervient dans tout l’espace de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), en Mauritanie et au Tchad.
Makan SISSOKO
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