Certains commerçants ont commencé cette pratique dans le but d’accroître leurs revenus
L’image de véhicules hors normes ou hors gabarit en surcharge, circulant sur les voies interurbaines ou internationales ou manœuvrant en pleine ville est devenue monnaie courante au Mali. La circulation de ces mastodontes entraîne pourtant une dégradation rapide du réseau routier national.
La situation a amené le ministre des Transports et des infrastructures a faire un communiqué, le 5 février dernier, pour demander «le respect des normes relatives aux gabarits, aux poids et à la charge à l’essieu des véhicules lourds de transport de marchandises», conformément aux dispositions du code de la route et notamment de l’article 32 du décret n°2023-0509/PT-RM du 12 septembre 2023.
La mise en application de cette réglementation vise à lutter contre la circulation des véhicules hors normes et hors gabarit en surcharge sur les routes. Le communiqué du Conseil des ministres du 13 février 2025 précise que le réseau routier national subit de graves dommages causés, «notamment par les véhicules gros porteurs hors gabarit et hors normes, qui sont en surcharge de marchandises, en provenance des ports maritimes où transite le fret généré par les importations et les exportations du Mali».
La conception du réseau routier national a été faite sur la base des dimensions réglementaires de 3 essieux pour le tracteur et de 3 à 4 essieux pour la semi-remorque. Les dimensions maximales autorisées sont : longueur : 16,5m pour les véhicules articulés, largeur : 2,55m pour l’ensemble des véhicules, hauteur : 4m pour tous les véhicules, rappellent les services techniques. Au carrefour des frontières du Mali avec le Burkina Faso et avec la Côte d’ivoire, la ville de Bamemba Traoré est une zone de forte circulation de véhicules de transport de marchandises comme de personnes.
«Nous conduisons ces véhicules contre notre gré car on est conscient des multiples dangers qui nous guettent. Mais que faire ? On le fait pour gagner notre pain quotidien», témoigne à notre équipe de reportage un conducteur de gros porteurs de Sikasso qui désire garder l’anonymat.
«Je salue la clairvoyance du ministre des Transports et des Infrastructures. Son communiqué est d’une importance capitale. Cette lutte est la nôtre. La sécurité routière est l’affaire de tous…», déclare le secrétaire général adjoint du Syndicat national des chauffeurs et conducteurs routiers du Mali (section de Sikasso), Ba Sékou Coulibaly. Selon lui, le Conseil malien des transports routiers (CMTR) a longtemps mené cette lutte mais en vain.
Il rappelle que c’est vers 2010, que certains commerçants ont commencé cette pratique dans le but d’accroître leurs revenus. «Ils évoluent dans le commerce et le transport en même temps. Ces individus modifient leurs véhicules en 3m de largeur et entre 16 et 22 m de longueur », explique-t-il. Le slogan de certains d’entre eux : «Même si je me limite à seulement deux voyages par an, si le véhicule est endommagé, cela ne sera pas une perte». Le syndicaliste enfonce le clou. «Ces commerçants font trois voyages en un. Ils surchargent les véhicules tout en augmentant le taux de chômage des chauffeurs dans le secteur du transport. Ils endommagent non seulement, de façon précoce nos routes mais également entrainent des accidents de la circulation, mettant en danger la vie des populations», détaille-t-il.
Pour Ba Sékou Coulibaly, cette pratique n’offre aucune garantie ou protection au chauffeur car, en la matière, l’employé ne bénéficie pas de salaire convenable et n’est pas assuré. En bref, le conducteur de véhicules hors normes et hors gabarit en surcharge met sa vie en péril mais, aussi, celle de paisibles populations. C’est pourquoi, en 2020, certains routiers ont commencé à prendre conscience des risques qu’ils courent.
En outre, le secrétaire général adjoint du Syndicat national des chauffeurs et conducteurs routiers du Mali (section de Sikasso) invite les autorités de la Transition à obliger les commerçants, qui font du transport, à choisir entre les deux métiers, sinon à respecter les règlements du secteur du transport.
ABSENCE DE STATISTIQUES- Quant à la directrice régionale des transports et des infrastructures de Sikasso Mme Traoré, Lydie M. Fatoumata Jocoué, elle affirme qu’il y a plus de 500 véhicules qui traversent la ville de Sikasso de façon quotidienne. «La quasi-totalité de ce nombre important est hors normes et hors gabarit », confie-t-elle. S’exprimant sur les dispositions prises par sa structure au niveau régional afin d’assurer la réglementation correcte des véhicules concernés, Mme Traoré Lydie M. Fatoumata Jocoué a indiqué avoir informé le Conseil malien des transporteurs routiers et celui des chargeurs des nouvelles dispositions. «Également, poursuit-elle, la direction est en train de prendre les dispositions nécessaires pour faire une large diffusion du communiqué ministériel sur les différentes stations de radios.»
En termes de difficultés, la directrice régionale du transport et des infrastructures a mis un accent particulier sur l’absence totale de statistiques sur les véhicules hors normes et hors gabarit en surcharge dans la région. Enfin, Mme Traoré Lydie M. Fatoumata Jocoué invite «tous les transporteurs de la région à respecter les réglementations pour le bien-être de tous. Le communiqué du Conseil des ministres est clair sur le respect de la mesure : à compter du 1er avril 2025, tout transporteur ne respectant pas les dimensions réglementaires s’expose à l’application des sanctions prévues par la réglementation en vigueur. Il s’agit de l’immobilisation du véhicule à la frontière ou aux points de contrôle, l’obligation de transbordement et de correction de gabarit.
Mariam DIABATE / AMAP - Sikasso
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