La ministre en charge du Dialogue social et le directeur du Bureau pays de l’OIT participent aux travaux
Démarrés lundi dernier, les
travaux de la Conférence sociale se poursuivent au Centre international de
conférences de Bamako. Les débats d’hier portaient sur les trois thématiques de
la rencontre, à savoir le dialogue social, la gestion des carrières et la
politique de rémunération, ainsi que la liberté syndicale. Les participants ont
été répartis en trois groupes pour échanger sur ces thématiques.
Cela, à la
faveur des ateliers animés par les experts ayant répondu à l’invitation. Notre
équipe de reportage s’est intéressée à la question portant sur la création et
l’organisation des syndicats, l’un des sous thèmes de la thématique : la
liberté syndicale.
Ce thème a été présenté par le directeur national du
travail, Dr Fassoun Coulibaly à l’endroit du groupe I composé de syndicalistes,
d’administrateurs des services publics et des promoteurs d’entreprise.
Le directeur national du travail a abordé les points liés à la
régulation de la création des organisations syndicales des travailleurs,
l’organisation des structures syndicales au niveau hiérarchique et leur
représentativité.
Les travailleurs d’une entreprise, a-t-il précisé, doivent
être au nombre de onze personnes pour avoir la possibilité de créer un comité
syndical. à défaut, le personnel peut s’organiser pour poser les revendications
auprès de l’employeur.
Dans son intervention, la
spécialiste principale des activités pour les travailleurs au sein de
l’Organisation internationale du travail (OIT), Kattia Paredes Moreno, a
indiqué que le syndicalisme doit être celui de propositions de solutions aux
préoccupations des travailleurs et de revendications des droits. Elle a aussi
indiqué que la représentativité qualitative des syndicats est fondamentale pour
le bon fonctionnement du dialogue social.
L’experte de l’OIT a déploré la
création abondante des syndicats qui divise la voix des travailleurs et
compromet l’unité d’action dont un syndicat a besoin. Elle a invité les
organisations syndicales à donner la voix
aux travailleurs de l’économie informelle.
Les participants à cet
atelier ont relevé plusieurs préoccupations telles que l’ingérence des
employeurs dans la mise en place des comités syndicaux à travers les
licenciements, les conditions de la retenue sur le salaire et le droit de tous
les travailleurs d’appartenir à un syndicat. Parmi celles-ci, le retard dans la
tenue des élections professionnelles, la nuance entre les statuts particulier
et autonome.
En réponse à ces questions,
le directeur national du travail a expliqué que le statut autonome trouve sa
source dans la constitution qui attribue un statut au corps militaire et à la
justice. Selon lui, les statuts particuliers sont des dispositions qui
complètent le statut général. C’est sur la base des pressions syndicales,
a-t-il argumenté, qu’il y a eu d’autres statuts autonomes en dehors de ce que
la législation prévoit.
Pour Dr Fassoun Coulibaly,
les employeurs ne doivent pas s’ingérer dans la création d’un syndicat. Cette
dérive résulte, selon lui, de la méconnaissance des textes. Pour y remédier, il
a proposé la formation des employeurs sur les textes.
Par ailleurs, le
directeur national du travail a estimé que le retard de l’organisation des
élections professionnelles est dû à des problèmes liés au seuil de
représentativité syndicale. Il a rassuré les participants que les
recommandations de cet atelier permettront de mettre fin au désordre dans le
monde du travail.
Notre pays compte quatre centrales syndicales à savoir l’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM) créée en 1963, la Confédération syndicale des travailleurs du Mali (CSTM) en 1997, la Confédération malienne du travail (CMT) en 2006, la Centrale démocratique des travailleurs du Mali (CDTM) en 2014. En plus de ces centrales, il existe aussi 25 syndicats non affiliés.
Mohamed DIAWARA
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