Dr Aïssata Boubakar Cissé : Une guerrière de la lutte contre la tuberculose

À l'Institut national de santé publique (INSP), sis au quartier Hippodrome en Commune II du District de Bamako, un nom revient quand on évoque la lutte contre la tuberculose. Celui de Mme Traoré Aïssata Boubakar Cissé.

Publié mardi 24 mars 2026 à 08:53
Dr Aïssata Boubakar Cissé : Une guerrière de la lutte contre la tuberculose

Cheffe du Laboratoire national de référence de la tuberculose, elle traque au quotidien les bactéries de cette épidémie. Ses tâches consistent à accueillir les malades, recueillir les prélèvements d’expectorations et d’autres fluides corporels et des informations clés sur le patient. «En fonction de la demande du médecin et de l’historique de la maladie, nous réalisons les examens appropriés dont la microscopie, les tests de détection moléculaires, les tests de résistance à la tuberculose et maintenant des examens spécialisés de génomique», explique-t-elle.

La microbiologiste assure également l’animation d'un réseau performant de laboratoires de tuberculose dans le pays par une surveillance continue de la maladie et de la résistance aux antituberculeux. La chercheure s’occupe de la formation, la réalisation de la recherche opérationnelle et le service de conseil à la coordination nationale de lutte contre la tuberculose.

Dr Aïssata Boubakar Cissé voulait devenir médecin comme son père. «Avec un baccalauréat en série sciences exactes, j’ai été orientée en pharmacie. Et au cours des études de pharmacie, j’étais beaucoup attirée par les modules portant sur la biologie. C’est la raison pour laquelle, j’ai choisi d’embrasser cette spécialité», argumente-t-elle. Avec son doctorat d’État en Pharmacie obtenu à la Faculté de médecine, de pharmacie et d’odontostomatologie de Bamako, elle est recrutée à la Fonction publique d'État en 2008. La nouvelle recrue a été affectée à l'INSP.

Dans ce temple de la santé, elle est mise à la disposition du Laboratoire national de référence de la tuberculose pour appuyer l'équipe sur place. «Ce n’était pas un choix personnel. J’ai appris à aimer la biologie; surtout quand on sait qu’on sauve des vies, grâce à un diagnostic fiable», confie la native de Bamako, avant de souligner l’importance du travail de laboratoire dans la prise en charge de la tuberculose.

«Nous avons pu montrer, à travers des recherches effectuées chez des malades traités contre la tuberculose à plusieurs reprises sans succès, que la maladie qu’ils portaient n’était pas la tuberculose, mais une maladie proche d’elle par ses signes et les bactéries responsables», révèle la quadragénaire. Et de poursuivre que sans le laboratoire, il serait impossible de faire la part entre ces infections.

L'ancienne élève du Lycée Notre Dame du Niger indique que le maintien de ses tâches professionnelles n’est pas très aisé souvent avec la vie de foyer, les responsabilités de femme et de mère. Elle explique que les femmes doivent s’organiser doublement pour satisfaire à la vie professionnelle et à celle du foyer en cherchant perpétuellement un équilibre.

Le parcours académique de Dr Aïssata Boubakar Cissé est couronné d’un diplôme en immunologie-microbiologie à l'École doctorale des sciences et technologie de Bamako. Elle est également détentrice d'un Master 2 en Immunologie à la Faculté de médecine Paris 11 et d'un diplôme universitaire de virologie médicale à l'Université Paris 7 Denis Diderot.

La patronne du Laboratoire national de référence de la tuberculose a exécuté plusieurs protocoles de recherche sur cette pathologie dont celle sur les mycobactéries non tuberculeuses isolées au cours de la prise en charge de la tuberculose au Mali. Ses publications sont parues dans plusieurs revues dont le Journal africain de la recherche sur la bactériologie, la Revue malienne d’infectiologie et de microbiologie et la Revue africaine de biologie médicale.

Issa Cissé, chef du département qualité et biosécurité à l’INPS, témoigne que son collègue a l’amour de son travail qu’elle axe sur le résultat. Selon lui, Dr Aïssata Boubakar Cissé est une femme dévouée et un modèle à l’Institut.  Issa Cissé témoigne que la chercheure n’hésite pas à aller dans les zones très reculées pour accéder aux malades tuberculeux.

Mohamed DIAWARA

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