De Rharous à Mopti : Au fil de l’eau, un fabuleux itinéraire touristique

Sur le Niger, long fleuve tranquille, voguent des embarcations pittoresques. Le voyageur peut contempler de majestueuses dunes blanches tigrées et d’immenses surfaces rizicoles. Des forêts d’eucalyptus, d’acacias et de doums, servent d’écrin aux villes, villages et pêcheries, généralement bâtis dans le style soudano-sahélien et qui longent la voie d’eau

Publié mardi 15 août 2023 à 05:28
De Rharous à Mopti : Au fil de l’eau, un fabuleux itinéraire touristique

Ces embarcations accostées ne manquent jamais la foire hebdomadaire à Rharous

 

Voyager de Rharous à Mopti par le fleuve Niger, c’est voguer, au fil de l’eau, sur un fabuleux itinéraire touristique. Sur ce trajet, les paysages alternent et ne se ressemblent pas. Les contrées qui jalonnent cette voie d’eau sont géographiquement connues dans leur ensemble, sous l’appellation de Delta intérieur du fleuve Niger ou sous le nom générique de Macina, du fait du long règne du théologien-guerrier Sékou Amadou sur ces rives et des influences de la civilisation peule.

Tous les royaumes et empires qui ont fait l’actuel Mali : mandingue, songhoy, bambara ainsi que les conquérants marocains et les armées touarègues, ont successivement dominé cette zone, à différentes époques de l’Histoire avec, souvent, plus ou moins de bonheur. Toutes ces dominations ont apporté leur touche aux modes de vie des habitants et surtout à l’architecture des habitats.

Majestueuses dunes blanches tigrées, immenses surfaces rizicoles, forêts d’eucalyptus, d’acacias et de doums servent d’écrin aux villes, villages et pêcheries, généralement bâtis dans le style soudano-sahélien et qui longent la voie d’eau. Contempler, au passage, ces miniatures mosquées blanches qui se mirent dans les eaux du fleuve, toutes conçues dans le même style que celle de Djenné, est une véritable évasion pour l’âme.

Jeudi est jour de foire hebdomadaire à Rharous. Les nombreuses embarcations de transport qui arrivent ou repartent, les entrailles pleines de fret et de voyageurs, ne manquent jamais cette «messe» de rencontres et d’échanges de la semaine.

Pour aller régler des affaires personnelles à Mopti, nous choisissons, ce jour, de voyager par la voie fluviale. Le hasard fait que seule une pinasse doit effectuer la traversée pour ma destination ce jour-là. L’embarcation est un véritable mastodonte des fleuves. Sa forme rappelle un peu les boutres qui s’adonnent au cabotage sur le Nil. La coque est un assemblage de grosses planches d’Okoumé (Aucoumea klaineana), un arbre de la famille des burséracées, originaire des forêts tropicales d’Afrique.

Ce sont les ateliers fluviaux de Mopti qui construisent ces embarcations au design épuré et unique. Les artisans-constructeurs de ces pinasses sont généralement d’ethnie bozo ou somono. Ils perpétuent ce métier dont leurs ancêtres sont les maîtres depuis des siècles.

La pirogue que nous empruntons est pittoresque. Des arabesques aux couleurs vives ornent de part et d’autre la proue et la poupe. Le nom de la famille propriétaire est aussi richement et finement calligraphié sur les deux flancs ainsi que cette profession de foi : «Allahou Wahidoune» (Dieu est Unique !) Les passagers et le fret sont protégés contre le soleil et les intempéries par un hangar en tôle qui couvre tout l’habitacle.


Celui-ci est percé de grandes ouvertures qui permettent à l’air de circuler librement à l’intérieur et de contempler le paysage. Un hangar plus petit surmonte le premier et offre plus de confort. Il sert de cabine de pilotage et de salon VIP. Des banquettes pour se reposer ou dormir meublent l’embarcation ainsi qu’un petit téléviseur et un dispositif de charge de téléphones portables.

 

VAISSEAU ÉCHOUÉ SUR LES SABLES- Nous payons le prix pour jouir de ce confort et surtout, pour photographier les magnifiques paysages qui parsèment le parcours.

Jeudi, 11 juillet. Il est quatorze heures. Le tintement cristallin d’un carillon perce l’air, indiquant que le départ est imminent. Deux passerelles faites de larges planches permettent de monter à bord. Dans un grouillement digne d’une fourmilière, les passagers se ruent vers celles-ci, chacun voulant être le premier à l’intérieur pour avoir la meilleure place.

Certains hommes, qui voyagent avec leurs familles, n’hésitent pas entrer dans l’eau jusqu’à la ceinture, femmes et enfants hissés sur les épaules pour faire prendre place. Cris et rires ponctuent ces scènes cocasses.

Les accompagnants des voyageurs et quelques badauds, qui trainent toujours là, exultent avec des rires gras et des propos grivois, quand un jeune homme frêle, transportant sur les épaules une grosse femme avance dans l’eau jusqu’à mi-mollet, titube plusieurs fois et ne tenant plus, se débarrasse de son fardeau.


La femme se retrouve en l’air et amorce sa descente dans l’eau, le pagne en parachute. Les deux protagonistes prennent une bonne tasse avant de se relever, bien trempés, sous les moqueries de la foule. Ce genre de scènes est courant sur le quai de la foire, tous les jeudis.

Dans l’habitacle, chacun s’installe comme il peut sur les sacs de farine, les bidons d’huile, les fûts de carburant et diverses autres marchandises que contiennent les entrailles de la grosse pinasse.

Pendant ce temps, les impressionnants moteurs qui équipent ce vaisseau des fleuves à l’arrière, déchirent l’air de leur infernale pétarade couverte par un épais nuage de fumée. L’embarcation bouge enfin sous la brutale poussée de ces gros engins, aidés par quelques membres de l’équipage qui se tiennent à la proue et à la poupe, poussant avec de longues perches pour dégager la pinasse de l’emprise du sable. Ils sont plus de dix à travailler à bord, comme : pilotes, manœuvres et cuisiniers.

Nous nous éloignons progressivement de la rive. Les moteurs rugissent pour donner à l’embarcation tout son élan. Une fois dans le lit du fleuve, leur vacarme devient plus supportable, au fur à mesure qu’ils gagnent du régime.

À bord, la vie s’organise. À tribord, on peut déjà apercevoir, le riant petit village de Sahamar noyé dans une luxuriante petite forêt de palmiers dattiers. À babord, majestueusement dressé sur une dune, le fort colonial de Rharous, communément appelé La «Résidence», semble garder un œil tutélaire sur le voyageur.

Cette immense bâtisse de couleur ocre, tient à la fois du château Périgourdin, du palais marocain des Atlas et d’un vaisseau échoué sur les sables. De son toit, on peut voir trente kilomètres à la ronde. C’était pour cet objectif que le capitaine Mourgues, topographe de l’armée coloniale, a choisi ce promontoire sableux, pour sécuriser la navigation sur le fleuve et combattre les bandits qui menaient des razzias, en s’attaquant aux voyageurs et même au courrier postal qui reliait Gao à Tombouctou.

Ce fort a été construit en 1926. Chacune de ses briques renferme les larmes et le sang des populations locales soumises au travail forcé, sous la férule des gardes-cercle...

 

Mohamed GAKOU

Amap-Rharous

Rédaction Lessor

Lire aussi : Efficacité énergétique à Bamako : 20 bâtiments seront audités

Réduire la consommation d’électricité des bâtiments publics et privés tout en améliorant leur performance énergétique, tel est l’objectif du Projet de renforcement des capacités de dix Entreprises de services écoénergétiques (Esco)..

Lire aussi : Facilité du transport sur le corridor Bamako-San Pedro : Le projet réalisé à 82,58%

Le ministère des Transports et des Infrastructures a abrité, hier, la cérémonie d’ouverture des travaux de la 4è session du Comité de pilotage du Projet d’aménagement routier et de facilitation du transport sur le corridor Bamako - Zantièbougou - Boundiali - San Pedro (PR 8)..

Lire aussi : Œuvres sociales du Président de la Transition : 800 kits alimentaires offerts au camp de Kati et au Génie militaire

Chaque kit alimentaire est composé de 50 kg de mil, 50 kg de riz, 50 kg de sucre et d’un bidon d’huile de 20 litres. Ces dons qui arrivent à quelques jours du début du Ramadan et du Carême, sont un véritable soulagement pour les bénéficiaires.

Lire aussi : Santé : ChildFund International harmonise ses actions avec le ministère de la santé et du développement social

La ministre de la Santé et du Développement social, le Colonel-major Assa Badiallo Touré, a accordé une audience, le mardi 10 février, au nouveau directeur pays de ChildFund International au Mali..

Lire aussi : Programme Tokten : Des résultats satisfaisants

Le ministre Mossa Ag Attaher (c) préside la rencontreLe ministre des Maliens établis à l’extérieur et de l’Intégration africaine Mossa Ag Attaher a présidé, mardi 10 février dans les locaux de son département, la cérémonie d’ouverture de la session ordinaire du comité de pilotage .

Lire aussi : Journée des diplomates russes : L’axe Bamako-Moscou se consolide

Le Mali et la Russie sont résolument déterminés à approfondir leur dialogue politique et à coordonner leurs positions de principe sur les questions actuelles de l’agenda mondial et régional à l’ONU et dans d’autres formats multilatéraux. Ces assurances ont été données par l’ambass.

Les articles de l'auteur

Familles fondatrices de Bamako : Le petit-fils le plus âgé de «jamanatigi» s’appelle Samba Niaré

Dans l’article intitulé «Familles fondatrices de Bamako : Titi Niaré intronisé 11è Jamanatigi», une erreur nous a fait dire que le contrôleur général de police à la retraite Mamadou Niaré dit Gari est le petit-fils le plus âgé de Titi Niaré qui a été intronisé, le samedi 7 février à Bamako..

Par Rédaction Lessor


Publié mercredi 11 février 2026 à 08:50

Communiqué du conseil des ministres du 07 janvier 2026

Le Conseil des Ministres s’est réuni en session ordinaire, le mercredi 7 janvier 2026, dans sa salle de délibérations au Palais de Koulouba, sous la présidence du Général d’Armée Assimi GOÏTA, Président de la Transition, Chef de l’État..

Par Rédaction Lessor


Publié jeudi 08 janvier 2026 à 08:53

ESPGMP : la 7ᵉ promotion sur le marché de l’emploi

L’École supérieure de passation et de gestion des marchés publics (ESPGMP) a procédé ce mardi, à la remise des diplômes de Master aux auditeurs de sa 7è promotion. La promotion a été parrainée par le président de l'Autorité de régulation des marchés publics et des délégations de service public, Alassane Ba.

Par Rédaction Lessor


Publié mercredi 07 janvier 2026 à 08:10

«Tourbillon dans un canari» : le nouvel ouvrage de Taki Kanté ElKalil

«Le nouvel ouvrage de l’écrivaine Taki Kanté Elkhalil intitulé: «Tourbillon dans un canari» vient renforcer le patrimoine littéraire. Le livre a été lancé, le samedi 27 décembre 2025, dans la bibliothèque de la Fondation Amadou Toumani Touré pour l’enfance sise à Hamdallaye ACI en Commune IV du District de Bamako..

Par Rédaction Lessor


Publié mercredi 07 janvier 2026 à 08:09

L’ISFMI : La promotion Harouna Niang versée sur le marché de l’emploi

L’Institut Simon finance et management international (ISFMI) a organisé, jeudi dernier dans un hôtel de la place, une cérémonie de remise de diplômes aux 211 étudiants en Licence et Master de la promotion baptisée Harouna Niang, économiste et ancien ministre de l’Industrie, du Commerce et de la Promotion des Investissements..

Par Rédaction Lessor


Publié lundi 29 décembre 2025 à 09:04

Vaccination des enfants indigents : L’Anam s’engage à améliorer le taux national

L’Agence nationale d’assistance médicale (Anam), en collaboration avec le Centre national d’immunisation (CNI), a mis en place un programme d’identification et d’immunisation des enfants dits «zéro dose»..

Par Rédaction Lessor


Publié lundi 29 décembre 2025 à 09:03

Rémunération liée à la performance dans l’administration publique : Le commissariat au développement institutionnel engage la réflexion

Le secrétaire général du ministère de la Refondation de l’État, Ibrahim Simpara, a présidé, la semaine dernière dans un hôtel de la place, la cérémonie d’ouverture de l’atelier sur la rémunération liée à la performance dans l’administration publique..

Par Rédaction Lessor


Publié lundi 29 décembre 2025 à 09:02

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner