Les motos-taxis sont actuellement très prisées par les Bamakois
«C’est un business très intéressant», embraye Sékou
Coulibaly, conducteur de moto-taxi. Domicilié à Djélibougou en Commune I du
District de Bamako, il assure le transport des enfants d’une dame qui réside à
l’Hippodrome en Commune II. Tous les matins, Sékou amène les mômes à l’école.
Et le soir, il va les chercher. «Chaque jour, je quitte mon domicile à 6 h 30
pour être chez la dame avant 7 h», explique-t-il.
Sékou
Coulibaly est payé par jour. Des clients lui ont proposé des contrats mensuels
qu’il a déclinés. Et pour cause, le travail journalier est plus rentable et,
surtout, les «engagements pris dans le cadre du contrat mensuel ne sont pas
toujours honorés». Notre interlocuteur confie qu’il peut gagner 20.000 Fcfa
comme recette journalière (de 7 à 16 h).
Les principales difficultés qu’il
rencontre dans son travail sont les pannes qui peuvent occasionner des retards.
En plus, déplore-t-il, les mômes, à leur descente, au lieu de rester sur place,
partent souvent se promener avec leurs camarades, contraignant ainsi les
taximans à une longue attente. «Les parents doivent aussi savoir que les prix
varient en fonction de la distance à parcourir. Certains d’entre eux insistent
sur des montants qui n’arrangent guère les conducteurs», ajoute Sékou
Coulibaly.
Bocar
Karambé exerce ce métier depuis deux ans. Rencontré à Niarela, il explique que
deux familles l’ont engagé pour assurer les déplacements de leurs enfants. «Les
deux familles me payent chacune un salaire mensuel de 45.000 Fcfa. J’ai aussi
une cliente lycéenne à Sotuba, qui me paye 1.000 Fcfa à l’aller. À son retour,
si je suis disponible, je la ramène à la maison au même prix», dit-t-il.
Grâce à ce
travail, plusieurs chefs de famille arrivent à subvenir aux besoins de leurs
familles. Parmi eux, Sékou Konaté, marié et père de trois enfants. Résidant du
quartier Badialan en Commune III, il est devenu conducteur de moto-taxi après
avoir perdu son boulot. «J’arrive à m’en sortir, surtout pendant l’année
scolaire», martèle celui qui guette les élèves tous les matins au bord des
grandes artères. Il lui arrive de prendre à la fois deux écoliers, malgré les
risques. «Je n’aime pas les contrats, parce que je ne suis pas sûr d’avoir mon
argent à la fin du mois. Je préfère éviter les discordes», conclut Sékou
Konaté.
Fatoumata KAMISSOKO
Rédaction Lessor
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