Des habitants saluent l’action de l’armée

Des groupes de pression en service commandé tentent de présenter la victoire de l’armée sur les terroristes à Moura comme étant une opération punitive contre de paisibles populations.

Publié lundi 11 avril 2022 à 05:19
Des habitants saluent l’action de l’armée

Pour arriver à leur fin, ils utilisent des allégations diffamatoires qui sont complètement en déphasage avec les témoignages des habitants de la zone. Les populations opprimées, toujours otages des groupes terroristes, saluent vivement l’opération qu’ils considèrent comme le début d’une libération.

Par peur des représailles des extrémistes, beaucoup refusent de commenter la situation à visage découvert. Ce n’est pas le cas de Moussa Cissé, éleveur et conseiller municipal de la Commune rurale de Ouromodi, située à 6 km du village de Moura. Le sexagénaire explique que suite à la crise de 2012, il a été procédé à la création des postes de sécurité pour un maillage du territoire. à cet effet, des postes de sécurité ont été créés à Kouakourou (Cercle de Djenné), Diondiori, Toguéré-Coumbé (Cercle de Ténenkou) et Dialloubé (Cercle de Mopti).

Le grand espace très difficile d’accès qui s’étend de Moura aux Communes de Ouromodi, Soye, Salsalbé, Koubaye, Diafarabé pour déboucher sur le Cercle de Youwarou, est longtemps resté sans poste militaire d’envergure ni présence de l’état. Ce qui a fait que la zone est devenue un espace de prédilection des groupes terroristes qui en ont fait leur sanctuaire.

Par la force des choses, Moura qui abrite la plus importante foire hebdomadaire qui se tient chaque dimanche, est devenu la plaque tournante de toutes les activités économiques et même pour les grandes rencontres entre les différents Katibas évoluant dans les Cercles de Mopti, Ténenkou et Youwarou, précise Moussa Cissé. Qui poursuit : « Nous avons et continuons de subir les pires formes d’exactions : fermeture de toutes les écoles, des centres de santé, des mairies, enlèvements de biens, assassinats ciblés et exécutions sommaires portant sur les responsables des collectivités, les agents de l’état et les autorités villageoises. Puisqu’ils règnent en maître absolus dans la zone, nous subissons toujours les obligations de port vestimentaire, l’enlèvement du bétail au nom de la « Zakat » et l’application de la charia ».

Au regard de ces exagérations et la souffrance des communautés, les populations saluent vivement cette intervention des FAMa qui fait renaître l’espoir d’être Malien chez beaucoup de personnes qui se sentaient abandonnés. « Cette action a porté un coup dur aux groupes armés terroristes qui, non seulement étaient venus avec un nombre important de bétail de leur rapt au nom de la Zakat pour vendre et se ravitailler en denrées pour le mois de Ramadan et la tenue d’une rencontre entre différents Katibas à Moura. C’est ce qui explique la présence d’un si grand nombre de terroristes au moment des faits », témoigne notre interlocuteur.

Oumar Diall, un jeune ressortissant de Moura, dit bravo aux FAMa pour ce coup réussi contre les ennemis du Mali. Il appelle de ses vœux d’autres actions du genre pour la libération totale de la zone. Le jeune homme est l’une des victimes des exactions des terroristes. Il est encore sous le choc de l’assassinat de son frère cadet Amadou Diall, lors d’un rapt d’animaux entre Kouakourou et Soye en décembre 2021.

Selon notre interlocuteur, certes, un moment les groupes armés obligeaient les populations à adhérer à leur cause. Mais par la suite, beaucoup se sont engagés volontairement pour l’enrichissement, le banditisme et la vengeance. « Tous ceux qui disent qu’il y a eu carnage des populations civiles sont partie prenante ou le disent pour discréditer l’armée. Tous ceux qui sont mort, excepté quelques-uns (dont les femmes) qui ont tenté de fuir, étaient bien avec les ennemis. Il est souhaitable qu’un poste de sécurité soit installé dans la zone pour mener d’autres actions similaires et consolider les acquis pour le bonheur des populations meurtries depuis des années, témoigne notre interlocuteur.

Un autre interlocuteur ayant souhaité garder l’anonymat a été contraint de quitter Moura suite à des tentatives d’enlèvement. Selon lui, depuis 2015, les populations de la localité vivent dans la peur du fait de la présence des terroristes. Les femmes qui ne portaient pas d’habit noir étaient punies. Les marchés n’étaient plus fréquentés comme par le passé. Les hommes et les femmes ne pouvaient pas rentrer dans les mêmes véhicules de transport.

Le chef de village de Moura a passé une semaine entre leurs mains en brousse. Ceux qui ne pouvaient plus tenir ont été contraints de fuir. Après l’intervention militaire, les rumeurs ont circulé. Certains ont parlé de carnage. Après le retour au calme, la plupart des personnes qui avaient été déclarées tuées ont refait surface. Beaucoup de porteurs d’arme ont effectivement trouvé la mort. Des innocents ont pu être victimes aussi de balles perdues. Il y a aussi le cas des gens qui ont refusé d’obtempérer aux consignes et qui voulaient fuir. Les allégations de tueries de civils sont non fondées.

C’est vrai que des commerçants ont subi des dégâts matériels. Les populations ont subi un traumatisme parce qu’elles n’ont pas l’habitude des échanges de tirs. Aussi, beaucoup de personnes sont encore sous le choc car elles ont dû patienter dehors pendant 3 jours, le temps pour les militaires de fouiller toutes les maisons. Un enseignant ayant dû quitter la localité, requiert aussi l’anonymat. Depuis 2015, témoigne-t-il, les habitants de Moura sont sous l’emprise des terroristes. Ces derniers ont imposé la charia en obligeant les femmes porter le voile, en imposant une barrière entre celles-ci et les hommes dans les marchés, même dans les véhicules de transport en commun et  dans les pirogues.

L’intervention des FAMa met fin à ces conditions insoutenables. Les premières informations qui ont véhiculé les 28 et 29 mars n’étaient pas du tout vérifiées. On nous a fait croire que certains habitants de Moura ont été tués mais après quand nous avons vérifié, il s’est avéré que c’était une fausse information. Ces personnes dont on a annoncé la mort sont bel et bien vivantes.

Ce qui est sûr, l’intervention des FAMa a été un grand soulagement pour la population de Moura. Même si beaucoup sont encore sous le choc du fait de la violence des événements. C’est pourquoi, les activités n’ont toujours pas repris totalement. Les gens ont toujours peur de se déplacer. En outre, depuis l’arrivée de terroristes en 2015, il n’y pas des services publics ni d’école à Moura.

 Amap-Mopti
Amap-Djenné

Rédaction Lessor

Lire aussi : Supposée libération de terroristes : La DIRPA dénonce une pure manipulation

Acculés par la pression militaire exercée par les Forces armées maliennes (FAMa), les groupes armés terroristes et leurs parrains se rabattent désormais sur le terrain médiatique pour tenter de déstabiliser notre pays. Cette dénonciation a été faite par le patron de la Direction de l’inf.

Lire aussi : Ministère de la Justice et des Droits de l’Homme: Le rapport annuel d’activités 2025 remis au Garde des Sceaux

Les deux tomes du rapportLe rapport annuel d’activités 2025 constitue un document monumental de 1.087 pages, structuré en deux volumes distincts avec un premier tome de 381 pages consacré aux services centraux et un second tome de 706 pages dédié aux juridictions nationales..

Lire aussi : Un choc exogène lié aux tensions géopolitiques

La hausse des prix du carburant au Mali, observée il y a quelques jours, suscite de nombreuses interrogations et inquiétudes au sein de la population..

Lire aussi : À l’heure du Mali : La résilience malienne, face au choc pétrolier venu d’Ormuz

Dans une de nos tribunes, au tout début de la guerre au Moyen Orient, nous avions souligné la proximité temporelle de ce conflit, même s’il se déroule à des milliers de kilomètres de chez nous. Le monde d’aujourd’hui est devenu un petit village où l’on entend le moindre coup de pilon.

Lire aussi : Il y a 30 ans, la Flamme de la Paix à Tombouctou

Par décision N° 96-06 /PM du 26 Février 1996, il a été crée une Commission nationale d’organisation de la cérémonie «Flamme de la Paix» présidée par SEM Dioncounda Traoré, ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, des Maliens de l’Extérieur et de l’Intégration afri.

Lire aussi : 35 ans de démocratie au Mali : Entre héritage des martyrs de 1991 et refondation de l’Etat

Trente-cinq ans après les évènements historiques de mars 1991, le Mali ne se contente plus de commémorer. Il s'interroge. À l'heure où la Transition place la souveraineté au cœur de l'action publique, la question de l'héritage des martyrs de la démocratie revêt une dimension nouvelle.

Les articles de l'auteur

Musique: La star Salif Keita contrainte d’annuler son concert en Afrique du Sud en raison d’une urgence médicale

«Chers fans de Salif Keita. C'est avec un profond regret que nous vous annonçons l'annulation de son concert prévu ce week-end en Afrique du Sud en raison d'une urgence médicale inattendue », peut-on lire sur Salif Keïta officiel fan page (Facebook).

Par Rédaction Lessor


Publié vendredi 27 mars 2026 à 21:02

Communiqué du conseil des ministres du mercredi 25 mars 2026

Le Conseil des Ministres s’est réuni en session ordinaire, le mercredi 25 mars 2026, dans sa salle de délibérations au Palais de Koulouba, sous la présidence du Général d’Armée AssimiGOITA, Président de la Transition, Chef de l’Etat..

Par Rédaction Lessor


Publié mercredi 25 mars 2026 à 22:15

COMMUNIQUE DU CONSEIL DES MINISTRES DU MERCREDI 18 MARS 2026

Le Conseil des Ministres s’est réuni en session ordinaire, le mercredi 18 mars 2026, dans sa salle de délibérations au Palais de Koulouba, sous la présidence du Général d’Armée Assimi GOITA, Président de la Transition, Chef de l’Etat..

Par Rédaction Lessor


Publié mercredi 18 mars 2026 à 23:29

Bamako: Arrivée de 780 citernes ce mercredi

Selon le ministère de l’Industrie et du Commerce, ce sont plus de 780 camions-citernes qui sont arrivés ce mercredi 18 mars 2026 dans les parkings à Bamako..

Par Rédaction Lessor


Publié mercredi 18 mars 2026 à 16:40

Service national des jeunes : Plusieurs activités réalisées en 2025

Le ministre de la Jeunesse et des Sports, chargé de l’Instruction civique et de la Construction citoyenne, Abdoul Kassim Ibrahim Fomba, a présidé, hier, dans la salle de conférences du stade Mamadou Konaté, l’ouverture des travaux de la 9ᵉ session ordinaire du conseil d’administration de la direction du Service national des jeunes (SNJ), dont il assure lui-même la présidence..

Par Rédaction Lessor


Publié vendredi 13 mars 2026 à 10:20

Mali-États-Unis : Pas encore de coopération dans le domaine militaire

Dans le cadre du dialogue politique régulier entre les deux pays, le Mali et les États Unis d’Amérique ont eu des échanges directs, tant avec la représentation diplomatique américaine au Mali qu’avec des Hauts Fonctionnaires américains en provenance de Washington..

Par Rédaction Lessor


Publié mercredi 11 mars 2026 à 08:46

Enseignement supérieur : Le Professeur Abdoulaye Djimdé nommé au sommet de la science mondiale

Le Professeur Abdoulaye Djimdé, éminent chercheur à l’Université des sciences, des techniques et des technologies de Bamako (USTTB), rejoint officiellement le prestigieux Comité scientifique consultatif du Secrétaire général des Nations unies..

Par Rédaction Lessor


Publié mercredi 11 mars 2026 à 08:27

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner