C’est pour tirer la sonnette d’alarme que l’ABFN a organisé, mardi 16 juin 2026, une conférence-débat sur le thème : «Impact de la crise climatique sur le fleuve Niger : quelles solutions dans un contexte de développement durable ?». Cette rencontre, inscrite dans le cadre de la 27è édition de la Quinzaine de l’environnement, a réuni journalistes, universitaires, étudiants, usagers du fleuve et experts autour d’une préoccupation commune : l’avenir du plus grand cours d’eau du pays.
Dès l’ouverture des travaux, le Directeur général de l’ABFN, Moussa Diamoye, a donné le ton. Pour lui, le fleuve Niger est bien plus qu’un simple cours d’eau. Il constitue une ressource vitale dont dépendent des millions de Maliens. Agriculture, pêche, transport, alimentation en eau potable, production d’électricité : le fleuve irrigue l’économie nationale et soutient les moyens de subsistance de nombreuses communautés.
Face à cette importance stratégique, le responsable n’a pas caché son inquiétude. Il a notamment dénoncé les pratiques de dragage liées à l’orpaillage qui se multiplient dans le lit du fleuve. Selon lui, ces activités contribuent à la dégradation de l’écosystème et accentuent les risques pesant sur la disponibilité de l’eau.
« Dieu seul sait ce que le fleuve nous apporte », a-t-il rappelé, avant d’inviter les populations riveraines à s’impliquer davantage dans la protection de cette ressource. « Les communautés sont les premières sentinelles du fleuve. Elles doivent empêcher l’installation des dragues et signaler les pratiques qui menacent son équilibre », a-t-il insisté. Au cours de son exposé, le Directeur général adjoint de l’ABFN, Kalifa Traoré, a dressé un tableau préoccupant des effets du changement climatique sur le bassin du Niger. Variabilité accrue des pluies, perturbation des calendriers agricoles, fragilisation des activités pastorales et halieutiques, multiplication des risques pour les populations riveraines : autant de conséquences qui affectent déjà le quotidien de milliers de familles.
Selon le conférencier, la crise climatique et la pollution constituent aujourd’hui une double menace pour la survie du fleuve. Une situation qui exige des réponses urgentes et concertées. « La préservation du fleuve Niger n’est plus une option. Elle est une condition essentielle du développement durable du Mali », a-t-il souligné. Mais au-delà des analyses techniques, ce sont les témoignages des usagers qui ont le plus marqué les esprits. Prenant la parole au nom des riverains, Kôkê Siminta a décrit avec émotion la dégradation progressive du fleuve. Jadis source d’eau potable et de vie, le Niger est désormais confronté à une pollution croissante qui compromet la santé des populations et les activités de pêche.
« Le fleuve est devenu un dépotoir pour certains. Nous avons tout essayé pour faire cesser ces pratiques, mais les résultats restent insuffisants. Nous demandons aux autorités d’agir avant qu’il ne soit trop tard », a-t-il lancé. Au terme des échanges, un constat s’est imposé à tous : le fleuve Niger est à un tournant décisif de son histoire. Face aux effets du changement climatique et aux agressions humaines, sa préservation nécessite une mobilisation collective impliquant l’État, les collectivités, les communautés riveraines et l’ensemble des citoyens.
Car protéger le fleuve Niger, c’est bien plus que préserver un cours d’eau. C’est sauvegarder la santé des populations, soutenir l’économie nationale et garantir un avenir durable aux générations futures.
Moussa M. DEMBÉLÉ
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