Nous ne sommes nullement animés par un quelconque esprit de
jeter de la pierre dans le jardin de qui que ce soit. Mais l’état de dégradation
avancée du Groupe scolaire public «Franco-arabe» de Banankabougou requiert une
action de rénovation. Tout visiteur qui s’y rend s’indigne parce que tellement
la situation paraît surréaliste de voir un établissement d’enseignement dans un
piteux état.
Aujourd’hui, la bonne question n’est pas d’interpeller qui que ce soit, mais d’inciter tous à l’action pour aider l’établissement à enlever une épine du pied et permettre aux élèves de cette école d’apprendre dans de meilleures conditions et aux enseignants de l’établissement de dispenser leurs cours, sans ruminer cet état de détérioration des classes.
Il suffit d’y faire un tour pour constater. Un décor
sinistre, des salles de classe, des bureaux aux toitures trouées et qui
laissent transparaître des rayons de l’astre lumineux (le soleil). Des élèves
assis à même le sol pour insuffisance de tables-bancs, une cour insalubre. Le
visiteur n’est pas au bout de sa surprise parce qu’il peut aussi constater
l’absence de robinet ou de forage. Un autre souci majeur de l’établissement
demeure le manque de bibliothèque scolaire. Cet état de fait oblige les pédagogues
à payer de la documentation pour pouvoir dispenser leurs matières.
Les responsables de
cette école publique franco-arabe ont saisi le ministère de l’éducation
nationale, à travers le Centre d’animation pédagogique (Cap) de Banankabougou, à
travers plusieurs correspondances en vue d’inscrire leur établissement dans le
programme de réhabilitation de 2000 classes des écoles publiques à l’initiative
du président de la Transition, le colonel Assimi Goïta. Cette doléance, selon
eux, est restée sans suite jusqu’à nos jours.
La directrice du 1er cycle Mme Diawara Fanta D. Diabaté a été
contrainte d’abandonner son bureau pour cause de dégradation avancée des
toitures. Elle a rappelé d’autres doléances relatives à l’érection de l’établissement
en centre d’examen et la prise en charge intégrale du gardien des lieux, c’est-à-dire
de l’école par la tutelle.
Quant à sa collègue du second cycle Mme Diallo Djènèba Traoré,
elle a particulièrement insisté sur le besoin crucial de réhabilitation du
Groupe scolaire, avant de confirmer l’absence de bibliothèque scolaire dans l’établissement
qu’elle juge incompréhensible. Les pédagogues de cette école estiment être lésés
et laissés pour compte. C’est une discrimination expriment-ils à qui veut les
entendre. Or, l’une des recommandations des Assises nationales de la
refondation (ANR) porte sur la gestion de l’école et dans le cadre de la
refondation d’un Mali nouveau «Mali-Koura». Si on intègre ce contexte, le
relooking de l’établissement se fait ardemment désirer.
Toutes les structures œuvrant dans le domaine de l’éducation
et les Associations sont toutes les bienvenues pour la rénovation de l’école.
Le directeur du Cap de Banankabougou, Aly Diarra, reconnaît la nécessité voire
l’urgence de prendre le problème à bras le corps. Il expliquera clairement que
d’autres établissements scolaires se trouvent dans le même cas au niveau de son
Cap.
Situé en face du lycée «Ibrahima Ly», le Groupe scolaire public «Franco-arabe»
de Banankabougou a été créé en 1996. Il est bâti sur une superficie d’un
hectare. Le 1er cycle accueille 602 élèves, y compris 228 filles pour 12
enseignants. Parmi eux, 3 sont arabophones. Quant au second cycle, il compte
264 élèves, y compris 142 filles, encadrés par 21 pédagogues. Le français représente
60% contre 40% d’arabe.
Sidi WAGUE
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