Le présidium lors de la rencontre
Le Conseil national de Transition (CNT) a dépêché une
mission à Kayes pour échanger avec l’administration, les services techniques,
les partis politiques, les associations de la société civile et les religieux
sur la nouvelle loi électorale. La loi électorale N°2022-19 du 24 juin 2022
comprend 219 articles, 9 titres et 4 chapitres.
La délégation a organisé jeudi
2022 dans la salle de conférence du gouvernorat une session de restitution sur
cette nouvelle loi qui a été adoptée le 12 juin et promulgué le 24 juin 2022.
Cet exercice qualifié d’inédit par certains participants traduit la ferme
volonté des plus hautes autorités de la Transition de susciter un débat sur les
réformes politiques et institutionnelles en cours en vue de parvenir à un consensus
sur une loi qui pourrait être modifiée après le référendum constitutionnel.
« Cette loi nous permet d’aller vers des élections
transparentes, apaisées et libres pour le bonheur du peuple malien. L’administration vient en appui et nous
devons faire en sorte que le Mali réussisse les élections pour soulager les
populations qui ont tant souffert des crises post-électorales», a déclaré
Amadou Dicko, directeur de cabinet du gouverneur de la Région de Kayes, en
ouvrant les travaux de cette session de vulgarisation.
« Il s’agit pour nous de vulgariser cette loi pour une
meilleure appropriation de son contenu par les populations des régions de
Kayes, Nioro et Nara. Une autre délégation doit se rendre dans les régions de
Gao, Mopti et Taoudénit. La principale innovation de cette loi est la création
de l’Autorité indépendante de gestion des élections (AIGE).
Le pays a connu des
problèmes dans l’organisation des élections. Les résultats des derniers
scrutins ont plongé le pays dans le chaos. Nous voulons une loi inclusive
autour de laquelle tout le monde se retrouve. Il s’agit de faire en sorte que
tous les Maliens soient au même niveau d’information», a expliqué Mme Racky
Talla Diarra du CNT.
Après la cérémonie d’ouverture, Mme Saran Keïta Diakité a présenté
la loi électorale N°2022-19 du 24 juin 2022, en lisant intégralement ledit
document. Et puis, à l’aide de commentaires et d’exemples précis, elle a édifié
l’assistance sur les différents aspects et enjeux de la nouvelle loi qui est
essentiellement basée sur l’AIGE.
Son article 4 stipule que cette autorité a
pour mission l’organisation et la gestion de toutes les opérations référendaires
et électorales. Tandis que l’article 5 clarifie les rôles de l’administration :
organisation technique et matérielle des scrutins et des listes électorales,
mise en place des bureaux de vote, détermination du nombre de conseillers à élire
par commune, cercle, région et district, légalisation des candidatures et
procurations conformément aux dispositions de la Loi N°64-21/AN-RM du 15
juillet 1964 déterminant les modalités des législations en République du Mali).
Après cet exposé, certains participants ont déploré le fait
que les régions n’ont pas été consultées avant l’adoption de la nouvelle loi électorale.
Ils sont tous unanimes sur l’importance de cette rencontre qui permet de
vulgariser le texte afin de réduire les erreurs, de dissiper les malentendus,
de lutter contre l’achat de consciences (conquête du pouvoir par l’argent).
D’autres
interventions ont également porté sur l’interdiction de la campagne dans les
lieux de culte, les sanctions contre les membres de l’AIGE en cas de faute et
la neutralité de cet organe. Certains estiment que le document mérite d’être
traduit dans nos langues nationales pour que nos compatriotes puissent se
l’approprier.
« En politique, il n’y a pas de génération spontanée. Tenons
compte des cas sociaux dans le choix des agents électoraux et des candidats. échangeons
entre nous et changeons de comportement », a souligné Mamadou Diarrassouba du
CNT, en réagissant à une question sur le pouvoir de l’argent.
Les membres de la délégation du CNT ont donné des éclaircissements sur le caractère inclusif de cette loi qui s’inspire des recommandations des Assises nationales de la refondation de l’état, du Dialogue national inclusif et des concertations avec les personnes ressources, les partis et groupements politiques, l’administration et les différentes composantes de notre société.
Bandé Moussa SISSOKO / AMAP - Kayes
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