Le directeur général de l’Office central des stupéfiants, le Colonel-major Fousseyni Keïta
La consommation de produits stupéfiants en milieu scolaire constitue une menace directe pour l’éducation, la jeunesse et l’avenir du pays. C’est le constat alarmant dressé par le premier responsable de l’Office, dimanche dernier lors d’un entretien accordé à l’ORTM 2. Réagissant aux reportages mettant en lumière la consommation de cannabis et de chicha chez les élèves, il estime que cette situation interpelle l’ensemble des Maliens. Sur le plan opérationnel, le directeur général assure que la lutte contre la drogue bat son plein sur le terrain. De septembre 2025 à nos jours, l’Office a procédé à l’interpellation de 1025 personnes et à la saisie de plus de 178 tonnes de produits prohibés.
À ces résultats s’ajoute le démantèlement de quatre champs de cannabis localisés dans les zones de Bougouni, de Dioïla et de Sikasso. Ce qui souligne le caractère récent de ces chiffres qui attestent de la dynamique des services. La lutte concerne également la prolifération de la chicha. En application de l’arrêté interministériel interdisant ce produit, les services ont saisi plus de 10.000 appareils et interpellé plus de 83 personnes. Si les contrôles rigoureux exercés sur les clubs spécialisés ont conduit à leur fermeture effective sur tout le territoire, le Colonelmajor Fousseyni Keïta relève un déplacement des pratiques : «certains jeunes se tournent désormais vers des appartements privés pour consommer».
Face à ce contournement, l’OCS s’appuie sur la vigilance de comités d’alerte et la collaboration de la population pour traquer ces réseaux. Interrogé sur les récents faits de violence signalés dans la capitale et sur un éventuel lien avec la criminalité, le premier responsable de l’Office appelle à la retenue. En l’absence des conclusions officielles des enquêtes menées par les services compétents, il juge prématuré d’établir un lien direct entre ces crimes et la consommation de stupéfiants. S’il reconnaît que la drogue peut induire des comportements extrêmement violents, il insiste sur le fait que ce lien n’est pas systématique et invite la population à éviter les amalgames.
Abordant la question de la jeunesse vulnérable, notamment les jeunes recalés chaque année aux différents concours de recrutement de l’armée, le directeur général a rappelé que l’admission au sein des forces armées et de sécurité exige une santé irréprochable et un esprit sain. La consommation de stupéfiants est donc totalement incompatible avec le port de la tenue et la protection des citoyens. Pour lui, la sensibilisation et l’information restent primordiales pour prévenir l’addiction, y compris chez ceux déjà en fonction.
Enfin, le Colonel-major Fousseyni Keïta a appelé l’ensemble de la population malienne, particulièrement de la jeunesse, à la vigilance et à la responsabilité tout en évitant les amalgames. Pour ce faire, il rappelle que l’OCS a mis à la disposition de la population le 135 (un numéro vert entièrement gratuit, anonyme et garantissant la stricte confidentialité). Souleymane SIDIBÉ
Moustapha Coulibaly
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