Le stock détruit comprenait notamment 5 kg de cocaïne, plus de 61 tonnes de médicaments contrefaits, 90 tonnes de charbon de chicha, 10 256 appareils de chicha et 9 tonnes d'autres drogues et produits chimiques. L'acheminement sécurisé de cette cargaison a nécessité un convoi exceptionnel de 13 camions, escorté par les Forces de défense et de sécurité (FDS), l'OCS et la Protection civile.
Cette opération de destruction publique, encadrée par l’article 136 de la loi sur les stupéfiants et l’Arrêté de mars 2021, s'est déroulée en présence des autorités municipales, scientifiques et de la société civile. Pour le Directeur général adjoint de l’OCS, le Contrôleur général de Police Bassirou Bamba, cette action répond à un strict souci de transparence envers l'opinion publique tout en visant à préserver la santé des populations. En y associant les médias et la société civile, l'office entend en faire un levier de sensibilisation majeur pour susciter un changement de comportement au sein de la communauté.
Cette démonstration de force intervient à un moment critique où le trafic et la culture locale du cannabis touchent de plein fouet la jeunesse malienne. Les statistiques de l'OCS révèlent en effet une réalité alarmante : les jeunes de 15 à 45 ans représentent désormais 80 % des trafiquants au Mali, tandis que 78 % des personnes interpellées par les services de sécurité sont de jeunes consommateurs.
Avant la mise à feu, un protocole de vérification scientifique a été mené en direct par le responsable du laboratoire national de l’OCS, le Colonel sapeur-pompier Sékou Dramé. À l'aide de kits de détection de pointe, les tests ont confirmé l'authenticité de la cocaïne saisie. L'expert a également alerté sur la dangerosité extrême du charbon de chicha, qui constitue la majeure partie du stock brûlé. Lors de sa combustion, ce produit dégage du monoxyde de carbone (CO), un gaz hautement toxique qui bloque le système respiratoire humain en remplaçant l'oxygène, un effet nocif que la vaporisation ne peut en aucun cas empêcher.
L'initiative a été fortement saluée par le maire de Dio-Gare, Daouda Kané, qui a souligné que la municipalité et sa jeunesse se devaient de soutenir un tel engagement de l'État afin de préserver les jeunes des ravages de la drogue.
Enfin, pour le président du réseau « Mali sans drogue », Sidy Mohamed Samaké, cette destruction massive et transparente permet de faire taire les rumeurs doutes de l'opinion publique. Tout en mesurant le danger sanitaire majeur qui a été écarté grâce à l'intervention de l'OCS, il invite la population à redoubler de vigilance et à accompagner activement les efforts de l'office.
Souleymane SIDIBE
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