Le thème retenu pour cette 18è
édition est : «Accélérer les actions pour mettre fin aux mutilations génitales
féminines au Mali». Le thème international est : «Accélérer les
investissements pour mettre fin aux mutilations génitales féminines».
Célébrée le 6 février de chaque année, depuis
2004, par la communauté internationale, cette journée permet aux gouvernements,
le Système des Nations unies, les organisations de la société civile et les
personnes de bonne volonté de se mobiliser pour faire le bilan de la lutte pour
l’élimination des mutilations génitales féminines, et projeter les actions à
venir pour accélérer l’atteinte de la tolérance zéro aux MGF d’ici 2030.
La célébration de la journée internationale du
6 février «tolérance zéro» aux MGF/Excision est l’expression de la volonté
politique de l’état. Le thème de la célébration offre davantage d’espaces de
dialogues et de responsabilités pour les parties prenantes en vue de renforcer
l’information et la formation des populations sur les violences basées sur le
genre et les droits sexuels et reproductifs en général et les MGF en
particulier. Ces actions ont pour but d’accroître la possibilité d’exercer les
droits des femmes et de réaliser leur plein potentiel en termes de santé, d’éducation
et de revenus.
Dans notre pays, les femmes et les jeunes
filles continuent d’être victimes de cette pratique ancestrale. Cela malgré les
multiples campagnes d’information, de sensibilisation en faveur de l’abandon de
ladite pratique.
En effet, selon l’Enquête démographique et de
santé du Mali (EDSM-VI 2018), au moins 45% des femmes de 15 à 49 ans ont subi
des actes de violence physique ou sexuelle dans notre pays ; environ la moitié
des femmes (49%) de la même tranche, en union ou en rupture d’union ont subi
des violences émotionnelles, psychologiques, physiques et/ou sexuelles. Parmi
les victimes, 68% n’ont jamais recherché d’aide et n’en ont jamais parlé à personne.
Cette même enquête montre un taux de mariage de 53% avant l’âge de 18 ans et un
taux de 18% avant 16 ans toujours dans la tranche d’âge de 15 à 49 ans.
Selon le même rapport 73% des filles de 0-14
ans et 89% des femmes de 15-49 ans ont été excisées ; 76% des filles ont subi
les MGF/E avant l’âge de 5 ans ; 70% des femmes et 68% des hommes pensent que
l’excision est exigée par la religion et trois-quarts des femmes et des hommes
pensent que la pratique de l’excision doit
continuer malgré le fait que la pratique ait des conséquences graves sur
la santé sexuelle et reproductive des futures adolescentes et femmes. Les
raisons varient selon les cultures et les régions : traditions, religions.
Elle est pratiquée aussi bien par les musulmans, chrétiens ou animistes. Bref, la pratique de l’excision est comme une norme sociale à laquelle l’on se plie pour éviter tout problème lié, à sa non pratique. Au Mali, le gouvernement et ses partenaires luttent contre ce phénomène en menant des actions pour faire évoluer les mentalités sur cette pratique nuisible pour la femme et la fille.
Cependant, malgré les nombreux engagements
pris sur le plan national et international (conventions, chartes ratifiées) et
les diverses actions menées depuis plusieurs années, la réalité et les chiffres
montrent que les pratiques préjudiciables aux filles telles que les MGF,
mariages d’enfants, l’exploitation économique, la servitude, le gavage
persistent de manière alarmante au Mali.
Cette tendance alarmante risque de s’aggraver,
du fait de l’impact de la pandémie Covid-19, des disparités et inégalités
sociales, de l’insécurité alimentaire, des crises humanitaires et conflits, du
changement climatique et de l’insécurité qui affectent le continent. Pour
efficacement lutter contre le phénomène dans notre pays, les autorités ont
organisé et structuré la réponse nationale contre la pratique des MGF par
l’adoption des instruments juridiques internes et externes qui protègent les
droits humains, le renforcement du cadre institutionnel et politique publique,
l’élaboration des programmes et stratégies d’envergure national.
Autant de mesures qui ont pour but de protéger
davantage les droits des couches les plus vulnérables que sont les femmes et
les enfants. Par ailleurs dans le domaine de la prise en charge des victimes,
il est à souligner que malgré la mise en place des unités de prise en charge
holistique des cas de VBG appelées «One Stop Center» dans plusieurs centres de
santé de référence à Bamako et à l’intérieur du pays des défis demeurent.
Pour
la présente édition, les communications seront dirigées vers toutes les couches
de la société mais prioritairement vers les décideurs administratifs et
politiques, les leaders communautaires, religieux, les jeunes filles et femmes
particulièrement sur les multiples et graves conséquences liées aux MGF, pour
leur pleine participation à la recherche des réponses appropriées en vue d’éliminer
la pratique des MGF. Il s’agit aussi d’informer les parties prenantes sur les
conséquences, l’ampleur et les services de prise en charge des MGF.
L’édition 2022 qui sera célébrée à Bougouni entend par ailleurs inciter les décideurs à accélérer leur engagement en faveur de l’investissement pour l’abandon des MGF et à accélérer leur engagement en faveur d’une législation pour l’abandon des violences faites aux femmes et aux filles. Quant aux partenaires techniques et financiers il leur sera demandé d’accélérer l’investissement dans l’accès équitable à des services intégrés inclusifs, sûrs, protecteurs et de qualité.
Mariam A. Traoré
Rédaction Lessor
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