Diadié Sékou Diakité lors de son interview
La
terre brûle. C’est l’impression que l’on ressent une fois que le soleil
commence à darder ses rayons. En tout cas, nos compatriotes sont unanimes à
reconnaître qu’il y a une forte poussée de chaleur, une canicule, qui sévit ces
derniers temps à Bamako et dans d’autres localités du pays. Le thermomètre
affiche souvent des températures assez élevées (42 ou 43° Celsius voire un peu
plus). Ces températures représentent de réels risques pour les personnes du troisième
âge et les enfants.
Au
regard des risques, l’Agence nationale de la météorologie a sonné l’alerte.
Selon ses données, le thermomètre affichait 44°C, hier, dans la ville de
Bamako. Aujourd’hui, les Bamakois doivent encore affronter une canicule étouffante
et selon les prévisions de l’Agence nationale de la météorologie, la
température maximale attendue est de 45°C. On restera dans les mêmes
proportions de température jusqu’à vendredi prochain. La situation n’est pas
sans danger surtout pour les personnes vulnérables, notamment les vieilles
personnes et les enfants. Ceux-ci encourent plus un risque de déshydratation,
des accidents cardiovasculaires (AVC) et autres. Les autres couches ne sont pas
non plus à l’abri de ces éventuelles situations.
L’anesthésiste-réanimateur,
Diadié Sékou Diakité confirme que beaucoup de complications peuvent survenir
suite à la canicule étouffante, notamment la déshydratation. Pour celui qui
officie à l’hôpital de district de la Commune IV, il est préférable que cette
conséquence ne survienne pas. «C’est une complication majeure à éviter parce
qu’elle est source de beaucoup d’autres maux dont les troubles ioniques. Si on
n’intervient pas tôt, on peut perdre le malade», explique Sékou Diakité, avant
d’ajouter que les complications peuvent conduire aussi à un saignement dans la
tête.
En cette période de canicule, témoigne le praticien, les consultations médicales peuvent augmenter. Celui qui sait de quoi il parle souligne simplement que les choses sont plus ou moins liées. Quand les gens dorment mal, beaucoup de malaises peuvent survenir, prévient-il.
Pour
être à l’abri de ces complications, il est vital pour la population d’adopter
des pratiques salvatrices. L’anesthésiste indique que les personnes âgées, les
malades chroniques et les enfants sont les plus à risque des complications
liées à la forte chaleur. L’anesthésiste-réanimateur de l’hôpital de district
de la Commune IV insiste sur l’urgence et la nécessité d’une surveillance
accrue de ces personnes à risque.
Diadié Sékou Diakité conseille surtout de leur faire boire beaucoup d’eau même si ces personnes n’ont pas soif. Selon le médecin, elles doivent aussi multiplier les bains. Le toubib conseille aussi de diminuer voire d’abandonner les efforts physiques sous la canicule ainsi que les déplacements.
Il conseille également le port des chapeaux et
de s’habiller avec des vêtements amples, mais surtout en coton. Entre autres
facteurs de risque qui augmentent le besoin en eau, il cite la consommation de
l’alcool, des aliments trop salés et gras. Le médecin de l’hôpital de district
prévient qu’il faut éviter de dormir dans les maisons en tôle, mais plutôt dans
la cour.
Période de ramadan oblige. Malgré la forte chaleur, le médecin spécialiste conseille de rompre le jeûne avec de la boisson chaude d’abord. De ne surtout pas y associer tout de suite de l’eau fraiche. «Il ne faut pas boire une grande quantité d’eau dans le but de compenser tout en si peu de temps. Ça peut être fatale pour la personne. On a toute la nuit pour boire au fur et à mesure. En mangeant, on récupère aussi de l’eau», relève Diadié Sékou Diakité.
Mohamed DIAWARA
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