#Mali : Chata Keïta : Une passionnée d’agriculture

Depuis 4 heures du matin, Chata Keïta emprunte le chemin de son périmètre maraîcher situé à Samanko, dans la Commune rurale du Mandé. Elle y reste jusqu’à 18 heures. Sur une surface de 0,25 hectare, la quinquagénaire cultive plusieurs plantes dont l’oignon, la laitue, le raisin et la menthe.

Publié vendredi 12 avril 2024 à 07:51
#Mali : Chata Keïta : Une passionnée d’agriculture

Cette veuve refuse la fatalité, mais surtout de tendre la sébile. Elle s’investit sur sa parcelle afin de subvenir aux besoins de sa famille

 

 Chata Kéita, est née d’un père agriculteur. Mais elle dit n’avoir pas pratiqué l’agriculture pendant son enfance. C’est sa passion pour le travail de la terre qui l’amènera plus tard à cultiver. L’amazone exerce ce métier, il y a plus de 20 ans. À l’ACI 2000, les grands immeubles ont poussé à la place de son premier champ. «Nous avons libéré ce site à la demande de l’État», se souvient la passionnée de l’agriculture, avant de rappeler qu’ils avaient lancé un cri du cœur à l’endroit des autorités afin qu’elles leur attribuent d’autres parcelles. Celles-ci leur offriront la zone qu’elle occupe actuellement après son aménagement en 2012. Plus de 300 cultivateurs, dont 110 femmes y travaillent, précise la cultivatrice.

Au début, dit-elle, l’espace était approvisionné en eau par la Société Énergie du Mali (EDM-SA), devenue la Société malienne de gestion de l’eau potable (Somagep). «À cause des factures impayées, EDM-SA nous a privés d’eau depuis 2014. Le problème d’eau persiste et demeure un frein au développement de notre activité agricole», déplore Chata Kéita. Et de regretter que les puits sont secs en cette période. Elle affirme que ses collègues et elle utilisent l’eau du forage des voisins pour arroser leurs plantes.

L’habitante de Kalabambougou en Commune IV du District de Bamako cite également l’accès difficile aux intrants agricoles et l’insuffisance des matériaux nécessaires. Malgré la situation pénible, elle fait preuve d’une grande détermination surtout depuis le décès de son époux en 2010. «On n’a rien sans peine. La gestion d’un champ est difficile surtout pour une femme qui doit concilier travaux champêtres et domestiques. Mais quand on a l’amour du travail, rien n’est impossible», pholosophe-t-elle. Ses garçons lui apportent un appui pour les travaux champêtres. Quand les activités sont intenses notamment pendant la saison froide, la battante recrute d’autres jeunes pour renforcer son équipe. Elle peut récolter des tonnes de produits maraîchers.

Chata Kéita est une raison de plus pour l’État de multiplier les initiatives visant à faciliter l’accès des femmes à la terre conformément à la loi la loi N° 2017-001 du 11 avril 2017 portant sur le foncier agricole. Cette législation précise que l’État et les Collectivités territoriales doivent veiller à assurer un accès équitable aux terres agricoles des différentes catégories d’exploitations agricoles avec au moins 15% des terres aménagées qui sont attribués aux groupements et associations de femmes et de jeunes situés dans la zone concernée.

Amsatou Oumou TRAORE

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