#Mali : Planification familiale : Regards croisés sur la pratique

La perception des méthodes contraceptives dans notre pays est influencée par des facteurs culturels et religieux. Certaines personnes peuvent être réticentes en raison des croyances traditionnelles ou religieuses et considèrent la pratique comme négative au sein d’un couple

Publié mercredi 10 janvier 2024 à 06:53
#Mali : Planification familiale : Regards croisés sur la pratique

Il est nécessaire de choisir la méthode contraceptive adaptée à chaque femme

 

Dans notre pays, il est établi par les observateurs et les spécialistes de la santé que la planification familiale (PF) participe de l’amélioration de la santé de la mère et de l’enfant et donc à la lutte contre la mortalité maternelle et néonatale. Elle contribue surtout à une meilleure maîtrise de la croissance démographique pour une meilleure planification des programmes de développement. C’est au regard de toutes ces raisons que les autorités ne cessent de pousser le moteur pour un repositionnement de la pratique dans notre société où l’usage des méthodes contraceptives revêt une importance cruciale dans la gestion des grossesses non désirées et de l’espacement des naissances.

Le désir des femmes d’éviter des grossesses non planifiées constitue un facteur moteur pour le recours à la contraception d’urgence comme en témoigne Aïssatou, une jeune fille déterminée à prendre en main sa vie sexuelle reproductive. Elle estime être parfaitement à l’aise avec la pratique. «Les contraceptifs me permettent de planifier ma vie, de poursuivre mes études et de concrétiser mes rêves sans craindre une grossesse non prévue», explique-t-elle.

Certaines femmes optent pour la contraception en vue d’atteindre un équilibre familial, tandis que d’autres le font dans le souci de préserver leur santé et de favoriser un environnement sain pour leurs enfants, comme le démontre le cas de Mariam, mère de quatre enfants. Elle explique : «Les méthodes contraceptives me permettent de veiller sur ma santé et d’assurer un avenir meilleur à chacun de mes enfants en leur offrant l’attention et les consacrant les ressources nécessaires. Alors que d’autres se retiennent sous le poids de la religion». 


Contrairement à celles qui ont le loisir de recourir à la contraception pour espacer les naissances de leurs enfants, une dame couverte de haut en bas et tenant la main d’un enfant explique que son mari s’oppose à la pratique. «Mon conjoint n’acceptera jamais que je fasse le planning familial. La bonne dame est, on ne peut plus claire : si je m’y hasarde, il risque de me répudier», argumente-telle.

 

MÉTHODES NATURELLES- Mais au-delà des méthodes contraceptives modernes, il en existe d’autres méthodes naturelles de contraception comme l’explique cette vieille femme sous anonymat. Elle explique : «Les anciens utilisaient le citron aussi (pour les hommes). Puisque le citron ne serait pas compatible avec les spermatozoïdes. Il y avait le suivi des menstrues de la femme et quand on allaite l’enfant, il y a très peu de chance que la femme tombe enceinte». La sensibilisation et la communication sur la PF ne se passent pas particulièrement bien dans les zones rurales, notamment concernant le choix des méthodes contraceptives et leurs éventuels effets secondaires, malgré leur utilisation fréquente par les femmes.


Le Dr Alou Diarra, gynécologue à l’Hôpital du Mali souligne l’efficacité des oestroprogestatifs pour perturber le cycle menstruel et bloquer l’ovulation. Il met toutefois en garde contre le retour lent à la fertilité avec les injectables, insistant sur la nécessité de choisir la méthode contraceptive adaptée à chaque femme. «Des critères d’éligibilité, notamment pour les diabétiques et les hypertendus, sont essentiels pour garantir la sécurité et l’efficacité de la méthode choisie», précise-t-il.

Au-delà de la question de la PF, celle-ci s’entrelace avec les nuances culturelles et religieuses de la société ouest-africaine. Cependant, toutes les perspectives ne convergent pas vers une vision moderne. Amadou Kébé, du haut de ses 90 ans, ce traditionaliste intervient pour expliquer que, selon leur croyance, les méthodes contraceptives ne font pas partie de leur culture. Il affirme : «Les femmes sont simplement appelées à procréer.»

En contrepoint, un leader religieux musulman ne partage pas les conceptions des experts, en particulier ce prêcheur à la mosquée de Kalaban-coro. Il souligne l’opposition de l’islam à cette pratique en affirmant : «Il n’est pas permis à la femme d’utiliser des pilules contraceptives afin de ne pas avoir d’enfant ou par peur d’être sujette à la pauvreté. Toutefois, il est permis de les utiliser dans le cas où la femme a une maladie qui pourrait lui causer du tort ou si elle ne peut pas accoucher normalement.»

Ainsi, entre tradition, religion, expertises médicales et témoignages personnels, le Mali évolue dans un paysage complexe de perspectives sur l’utilisation des contraceptifs, soulignant la nécessité d’une approche diversifiée et inclusive pour répondre aux besoins de toutes les femmes.

Aminata DJIBO

Rédaction Lessor

Lire aussi : Supposée libération de terroristes : La DIRPA dénonce une pure manipulation

Acculés par la pression militaire exercée par les Forces armées maliennes (FAMa), les groupes armés terroristes et leurs parrains se rabattent désormais sur le terrain médiatique pour tenter de déstabiliser notre pays. Cette dénonciation a été faite par le patron de la Direction de l’inf.

Lire aussi : Ministère de la Justice et des Droits de l’Homme: Le rapport annuel d’activités 2025 remis au Garde des Sceaux

Les deux tomes du rapportLe rapport annuel d’activités 2025 constitue un document monumental de 1.087 pages, structuré en deux volumes distincts avec un premier tome de 381 pages consacré aux services centraux et un second tome de 706 pages dédié aux juridictions nationales..

Lire aussi : Un choc exogène lié aux tensions géopolitiques

La hausse des prix du carburant au Mali, observée il y a quelques jours, suscite de nombreuses interrogations et inquiétudes au sein de la population..

Lire aussi : À l’heure du Mali : La résilience malienne, face au choc pétrolier venu d’Ormuz

Dans une de nos tribunes, au tout début de la guerre au Moyen Orient, nous avions souligné la proximité temporelle de ce conflit, même s’il se déroule à des milliers de kilomètres de chez nous. Le monde d’aujourd’hui est devenu un petit village où l’on entend le moindre coup de pilon.

Lire aussi : Il y a 30 ans, la Flamme de la Paix à Tombouctou

Par décision N° 96-06 /PM du 26 Février 1996, il a été crée une Commission nationale d’organisation de la cérémonie «Flamme de la Paix» présidée par SEM Dioncounda Traoré, ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, des Maliens de l’Extérieur et de l’Intégration afri.

Lire aussi : 35 ans de démocratie au Mali : Entre héritage des martyrs de 1991 et refondation de l’Etat

Trente-cinq ans après les évènements historiques de mars 1991, le Mali ne se contente plus de commémorer. Il s'interroge. À l'heure où la Transition place la souveraineté au cœur de l'action publique, la question de l'héritage des martyrs de la démocratie revêt une dimension nouvelle.

Les articles de l'auteur

Musique: La star Salif Keita contrainte d’annuler son concert en Afrique du Sud en raison d’une urgence médicale

«Chers fans de Salif Keita. C'est avec un profond regret que nous vous annonçons l'annulation de son concert prévu ce week-end en Afrique du Sud en raison d'une urgence médicale inattendue », peut-on lire sur Salif Keïta officiel fan page (Facebook).

Par Rédaction Lessor


Publié vendredi 27 mars 2026 à 21:02

Communiqué du conseil des ministres du mercredi 25 mars 2026

Le Conseil des Ministres s’est réuni en session ordinaire, le mercredi 25 mars 2026, dans sa salle de délibérations au Palais de Koulouba, sous la présidence du Général d’Armée AssimiGOITA, Président de la Transition, Chef de l’Etat..

Par Rédaction Lessor


Publié mercredi 25 mars 2026 à 22:15

COMMUNIQUE DU CONSEIL DES MINISTRES DU MERCREDI 18 MARS 2026

Le Conseil des Ministres s’est réuni en session ordinaire, le mercredi 18 mars 2026, dans sa salle de délibérations au Palais de Koulouba, sous la présidence du Général d’Armée Assimi GOITA, Président de la Transition, Chef de l’Etat..

Par Rédaction Lessor


Publié mercredi 18 mars 2026 à 23:29

Bamako: Arrivée de 780 citernes ce mercredi

Selon le ministère de l’Industrie et du Commerce, ce sont plus de 780 camions-citernes qui sont arrivés ce mercredi 18 mars 2026 dans les parkings à Bamako..

Par Rédaction Lessor


Publié mercredi 18 mars 2026 à 16:40

Service national des jeunes : Plusieurs activités réalisées en 2025

Le ministre de la Jeunesse et des Sports, chargé de l’Instruction civique et de la Construction citoyenne, Abdoul Kassim Ibrahim Fomba, a présidé, hier, dans la salle de conférences du stade Mamadou Konaté, l’ouverture des travaux de la 9ᵉ session ordinaire du conseil d’administration de la direction du Service national des jeunes (SNJ), dont il assure lui-même la présidence..

Par Rédaction Lessor


Publié vendredi 13 mars 2026 à 10:20

Mali-États-Unis : Pas encore de coopération dans le domaine militaire

Dans le cadre du dialogue politique régulier entre les deux pays, le Mali et les États Unis d’Amérique ont eu des échanges directs, tant avec la représentation diplomatique américaine au Mali qu’avec des Hauts Fonctionnaires américains en provenance de Washington..

Par Rédaction Lessor


Publié mercredi 11 mars 2026 à 08:46

Enseignement supérieur : Le Professeur Abdoulaye Djimdé nommé au sommet de la science mondiale

Le Professeur Abdoulaye Djimdé, éminent chercheur à l’Université des sciences, des techniques et des technologies de Bamako (USTTB), rejoint officiellement le prestigieux Comité scientifique consultatif du Secrétaire général des Nations unies..

Par Rédaction Lessor


Publié mercredi 11 mars 2026 à 08:27

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner