L’ambassadeur du Royaume-Uni au Mali, Mme Katy Ransome lors de son allocution
La rencontre était présidée par l’ambassadeur du Royaume-Uni dans notre
pays, Mme Katy Ransome, en présence des représentants de plusieurs
organisations de défense des droits de l’Homme et de lutte contre les VBG. Le
panel était co-animé par trois experts nationaux : Me Saran Keïta, avocate
spécialiste en droits de la famille et vice-présidente de la Commission des
lois constitutionnelles, de la législation, de la Justice, des droits de
l’Homme et des institutions de la République du Conseil national de Transition
(CNT), Mme Rose Bouzaid, conseillère à la protection des droits des femmes
contre les violences sexuelles en conflit armé à la Minusma et Cheick Diallo,
membre fondateur de «Halte aux violences conjugales et plus jamais ça».
Dans
son allocution, l’ambassadrice du Royaume-Uni a exprimé le plaisir et
l’importance pour son institution, depuis trois ans, de s’impliquer dans le
combat noble de lutte contre les VBG notamment dans le cadre des 16 jours
d’activisme contre les violences faites aux femmes et aux filles. Selon Katy
Ransome, les VBG constituent un fléau mondial contre lequel aucune excuse ne
saurait être acceptable. À ce propos, elle s’est réjouie de la qualité des
interventions qui ont permis d’évoquer des pistes de solutions contre ces
violences au nombre desquelles le renforcement de la sensibilisation notamment
au sein des ménages.
C’est
pourquoi l’ambassade du Royaume-Uni soutient plusieurs projets de
sensibilisation à travers la mise en place des communautés maliennes. La
diplomate britannique s’est dit satisfaite des résultats encourageants
enregistrés par l’ensemble des projets appuyés par son pays, notamment celui
qui met l’accent sur l’implication des hommes dans la recherche de solution
contre les VBG. Mais aussi les projets portant sur l’autonomisation économique
des femmes.
Durant
plus d’une heure, les panelistes ont, à tour de rôle, répondu aux nombreuses
questions des participants et apporté des éclairages utiles sur les mécanismes
nationaux, régionaux et internationaux de lutte contre les VBG. Les inquiétudes
des participants ont porté, entre autres, sur le blocage de la loi portant
répression des violences basées sur le genre, la pénalisation de la pratique de
l’excision dans les textes juridiques maliens. D’autres préoccupations avaient
trait à l’instauration des volets de sensibilisation dans les programmes
scolaires, l’inadéquation de l’aide des partenaires financiers internationaux
et le respect des valeurs traditionnelles des communautés bénéficiaires.
Dans
son intervention, Mme Rose Bouzaid a insisté sur l’importance pour les femmes
de s’exprimer en prenant la parole car cela permet aux victimes des VBG
d’amorcer un début de guérison du traumatisme subi par l’agression. Elle a
surtout insisté sur le manque de volonté politique dans la lutte contre les
VBG. La rencontre a été suivie d’une réception offerte par l’ambassade aux
participants. Selon les statistiques fournies par Le Bureau de la coordination
des affaires humanitaires des Nations unies (Ocha), au cours des 10 derniers
mois, plus de 8.000 cas de VBG ont été enregistrés au Mali sur lesquels 25%
représentent des agressions sexuelles
Aboubacar TRAORE
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