La réunion participe à l’opérationnalisation du mécanisme de suivi de la Transition
La 3è réunion du Groupe de suivi et de soutien à la
Transition au Mali (GST-Mali) s’est achevée à Lomé, mardi dernier, par la tenue
d’une conférence de presse conjointement animée par le ministre des
Affaires étrangères, de l’Intégration régionale
et des Togolais de l’extérieur Robert Dussey, son homologue du Mali, Abdoulaye
Diop, le représentant spécial du secrétaire général des Nations unies et chef
de la Minusma, El Ghassim Wane, et le commissaire aux affaires politiques, à la
paix et la sécurité de la Communauté économique des états de l’Afrique de
l’Ouest (Cedeao), Abdel Fatau Musah.
D’entrée de jeu, le Pr Robert Dussey s’est réjoui de la
forte participation à cette réunion. «L’engagement du président de la République
Faure Gnassingbé, pour le Mali est
inconditionnel», a-t-il exprimé.
Selon le chef de la diplomatie togolaise, les
faits donnent aujourd’hui raison au président Faure Gnassingbé, qui avait prévenu sur la progression du
terrorisme vers les pays du littoral. «Nombre de personnes pensaient que c’était
un problème sahélien. Mais, actuellement, dans la région des savanes au Togo et
au Bénin, nous voyons que le terrorisme est à nos portes. Nous avons tout
intérêt à aider le Mali et en le faisant,
nous aidons nous-mêmes», a-t-il déclaré.
Le Pr Robert Dussey a indiqué que la diplomatie de son
pays, impulsée par la vision du président
Gnassingbé, repose sur la neutralité. «Nous ne voudrons pas prendre fait
et cause ni pour l’un, ni pour l’autre », a-t-il présenté comme ligne de
conduite dans les négociations. Le cas de la crise malienne est particulier car il ne s’agit
d’un état qui lutte contre le terrorisme, a-t-il relevé, ajoutant que le Togo répond
à sa vocation «d’une plateforme neutre, de paix, de dialogue, de tolérance et de discussions».
Qu’est-ce qui bloque la libération des 46 militaires
ivoiriens détenus au Mali ? En réponse à cette question d’un confrère,
le conférencier a été on ne peut plus clair. «Rien ne bloque cette libération»,
a-t-il dit, avant de demander à la presse de laisser la médiation faire son
travail. Concernant l’Accord pour la paix et la réconciliation, le
ministre Abdoulaye Diop soulignera qu’il est question de mettre en place les mécanismes
de Désarmement, démobilisation et réintégration (DDR) pour permettre d’avoir un
consensus avec les frères des mouvements armés signataires. L’objectif recherché,
a-t-il assuré, est d’aller vers une armée
nationale reconstituée.
Parlant de la sécurité, le ministre des Affaires étrangères
et de la Coopération internationale a rappelé que depuis le mois de décembre,
le gouvernement s’est engagé en mettant en œuvre une opération militaire de
grande envergure. Il a indiqué qu’une nouvelle stratégie de sécurisation et des
moyens qui sont déployés ont permis à l’état d’accroître son contrôle sur une
grande partie du territoire national. «Le Mali a commencé ces opérations
au mois de décembre», a précisé Abdoulaye Diop. Selon lui, le Mali entend œuvrer
pour la création d’une situation sécuritaire permettant la tenue des élections.
Au terme de la rencontre, le ministre Diop s’est dit satisfait.
Pour sa part, El Ghassim Wane a fait savoir que cette réunion
participe à l’opérationnalisation du mécanisme de suivi qui a été convenu entre
le Mali et ses partenaires. Sur le fond, a-t-il reconnu, la rencontre de Lomé est intervenue dans un
contexte marqué par des avancées significatives dans la conduite de la
Transition. Au chapitre des actions enclenchées par les autorités maliennes, le
diplomate onusien a cité l’adoption d’une loi électorale et la mise en place de
la Commission de rédaction de la nouvelle Constitution.
Les efforts sont en
cours pour mettre en place l’Autorité indépendante de gestion des élections
(Aige), a noté avec satisfaction le représentant spécial du secrétaire général
des Nations unies. « Les débats ont permis aux participants d’apprécier à
leur juste valeur les avancées qui ont été faites », a-t-il rappelé,
ajoutant que c’est une réunion réussie
qui a été marquée par un grand engagement des partenaires pour appuyer
le Mali.
Par ailleurs, le commissaire aux affaires politiques, à la paix et à la sécurité de la Cedeao a condamné la prise de pouvoir par des voies non constitutionnelles mais aussi le tripatouillage de la Loi fondamentale par des présidents démocratiquement élus. «Ce à quoi nous assistons dans notre sous-région», a regretté Abdel Fatau Musah. Avant de préciser que les relations entre la Cedeao et le Mali ont toujours été bonnes.
Envoyé spécial
Namory KOUYATÉ
Rédaction Lessor
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