Les émissaires maliens ont visité des structures étatiques et universitaires
En effet, l’organisation institutionnelle des Émirats arabes unis (EAU) a de quoi surprendre. Cet État fédéral, composé de sept émirats monarchiques où s’applique la charia sous l’autorité d’un Président Chef de l’État, s’impose pourtant aujourd’hui comme un champion mondial de la tolérance religieuse et de la coexistence pacifique.
C’est ce modèle singulier qu’est venue étudier une délégation du Comité ad hoc de réflexion sur la prévention des troubles dans l’espace religieux du Mali. Composée d’un leader musulman, de deux représentants chrétiens (catholique et protestant) et d’un conseiller technique du ministère des Affaires religieuses, du Culte et des Coutumes, la mission a passé au crible les rouages de la gouvernance religieuse émiratie.
Durant leur séjour, les émissaires maliens ont visité les structures étatiques et universitaires qui façonnent cet écosystème. Le parcours les a conduits du ministère de la Tolérance et de la Coexistence à l’Université Mohamed Bin Zayed des sciences humaines, en passant par l’Université d’Al Qasimia à Sharjah. Ces deux derniers établissements se distinguent notamment par des programmes de pointe dédiés à la formation des imams, alliant théologie et réalités contemporaines.
Le point d’orgue de cette immersion a été la découverte de l’Autorité générale des affaires islamiques, des Waqfs et de la Zakat à Abou Dabi. Véritable tour de contrôle de l’espace religieux émirati, cette institution ne laisse rien au hasard. Aux Émirats, n’est pas imam qui veut : l’exercice de la fonction est soumis à l’obtention d’un quitus strict de cette Autorité. Plus rigoureux encore, c’est cette même structure qui définit et centralise le thème du sermon du vendredi pour l’ensemble des mosquées du pays, neutralisant ainsi tout risque de dérive radicale ou de discours de haine.
Parmi les moments forts de la mission, la visite d’un complexe interreligieux unique a particulièrement marqué les esprits. Illustration parfaite du niveau de tolérance du pays, ce site exceptionnel voit cohabiter des édifices musulmans et chrétiens au sein d’un même espace partagé. Symbole ultime de ce dialogue en actes : une mosquée y porte fièrement le nom de « Marie, mère de Jésus ».
Si les Émirats arabes unis s’imposent aujourd’hui comme un havre de paix au sein d’une péninsule arabique à la stabilité relative, cela ne doit rien au hasard. C’est le fruit d’un mécanisme ultra-efficace de prévention et de lutte contre l’extrémisme violent et le terrorisme. Pour les hautes autorités maliennes, l’intérêt de cette mission est éminemment stratégique.
Face aux défis sécuritaires majeurs du Mali, l’objectif est d’approfondir la réflexion sur les modalités d’organisation, d’encadrement et de régulation des prêches et sermons. À travers cette analyse comparative, le Comité ad hoc revient avec des bonnes pratiques et des expériences inspirantes, dont certaines pourraient être directement dupliquées et adaptées au contexte malien pour consolider la paix sociale.
Source : CIGMA
Moustapha Toure
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