Le ministre chargé de la Population, Imirane Abdoulaye Touré, (turban) a présidé la cérémonie d’ouverture des travaux
Comment permettre aux personnes déplacées internes de retrouver leur autonomie et de reconstruire leur vie dans la dignité ? C’est l’objectif du projet consacré à la recherche de solutions durables à Sikasso et à Ségou, dont la première session du comité de pilotage s’est tenue, jeudi, à la Direction nationale de l’urbanisme et de l’habitat. Les travaux ont porté sur les résultats de la phase de démarrage et les orientations de mise en œuvre.
La cérémonie était présidée par le ministre de l’Urbanisme, de l’Habitat, des Domaines, de l’Aménagement du territoire et de la Population, Imirane Abdoulaye Touré, en présence du représentant du Système des Nations unies, Mathias Spaliviero, et de la représentante de l’Union européenne, Evi Ruso-Dragoumis. Le gouverneur de la Région de Ségou, Chiaka Magassa, et le représentant de la mairie de la Commune III, Abdourahamane Traoré, y ont également pris part.
Financé par l’Union européenne et exécuté par ONU-Habitat et le Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), le projet est mis en œuvre sous le leadership des ministères chargés de l’Urbanisme et du Développement social. Il bénéficie d’une enveloppe de plus de 4 milliards de Fcfa pour 36 mois, dont six consacrés à la préparation. Au-delà de l’assistance d’urgence, l’initiative vise à permettre aux personnes déplacées internes (PDI) d’accéder à un logement décent, aux services essentiels et à des moyens de subsistance. Elle entend également soutenir les villes d’accueil face aux besoins croissants en matière de logement, de foncier, d’emploi et d’équipements collectifs.
Pour Mathias Spaliviero, une solution durable suppose que les personnes déplacées n’aient plus besoin d’une assistance ou d’une protection spécifiquement liée à leur déplacement et puissent exercer leurs droits fondamentaux sans discrimination. Il a insisté sur le rôle central des autorités dans la conduite du processus. «Il s’agit de faire en sorte que les personnes déplacées internes aient accès à des conditions de vie dignes, soient pleinement intégrées dans leurs communautés d’accueil et deviennent autonomes, tout en contribuant au développement local dans un climat de paix et de cohésion sociale», a-t-il expliqué.
La représentante de l’Union européenne, Evi Ruso-Dragoumis, a, pour sa part, souligné la nécessité d’associer l’intégration des déplacés au soutien des communautés hôtes. Au Mali, comme ailleurs, le déplacement interne constitue un défi humanitaire, mais aussi un enjeu de développement et de cohésion sociale. «Notre objectif est de contribuer à créer les conditions qui permettront aux personnes déplacées de participer pleinement à la vie économique et sociale, tout en soutenant les communautés hôtes», a-t-elle déclaré.
Dans son discours d’ouverture, le ministre chargé de l’Urbanisme a salué l’engagement des partenaires, notamment l’Union européenne, le HCR et ONU-Habitat. Organisée dans le cadre d’Octobre urbain, cette rencontre intervient alors que les déplacements forcés figurent parmi les défis majeurs du pays. Derrière cette situation, a rappelé Imirane Abdoulaye Touré, se trouvent des femmes, des hommes et des enfants qui aspirent à retrouver la sécurité et des perspectives d’avenir. Pour lui, l’aide d’urgence ne suffit pas : il faut aussi renforcer les capacités d’accueil et soutenir le développement des territoires concernés.
Le choix de Sikasso et de Ségou repose sur leur rôle dans l’accueil des personnes déplacées internes. Dans ces deux villes, le projet entend améliorer les conditions de vie des familles déplacées tout en renforçant celles des communautés hôtes. Pour les familles contraintes de tout abandonner, l’enjeu est de retrouver un logement, des moyens de subsistance et la possibilité de reconstruire leur avenir. Aux décideurs et aux partenaires de traduire les engagements en résultats concrets, afin que ces populations puissent retrouver leur autonomie et reprendre pleinement leur place dans la société.
Abdoul Karim COULIBALY
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