L’atmosphère était solennelle dans la grande salle de l’Hôtel de l’Amitié. Après des mois d’incertitude institutionnelle, les 72 délégués, représentants des ligues régionales, des clubs de première division, des champions de D2 et des groupements sportifs, ont répondu présent à l’appel du destin. L’enjeu est de taille : sortir le football malien d’une zone de turbulences pour l’engager sur la voie de la durabilité.
Le ton de cette journée a été donné dès la veille. Mercredi 15 avril, une délégation de haut niveau composée de représentants de la FIFA, de la CAF et de l’UFOA-A a foulé le sol malien. Conduite par le Colonel Major Hamidou Djibrila Hima dit «Pélé» (membre du Conseil de la FIFA), cette équipe comprenait également Elhadji Wack Diop et Fatou Camara (Bureau régional FIFA), Sacré Guebae (CAF), ainsi que Lamin Kaba Bajo et Mapathé Gaye (UFOA-A). Dès leur arrivée, ces émissaires ont multiplié les réunions de concertation avec la commission électorale et le secrétaire général de la Femafoot, Sidy Békaye Magassa, pour garantir un processus transparent et apaisé.
L’un des moments les plus marquants de la cérémonie d’ouverture a été l’intervention du Colonel Major Hamidou Djibrila Hima dit «Pélé». Fort de ses 16 ans d’expériences à la tête de la fédération nigérienne de football, il a pointé du doigt le mal profond du football malien : l’instabilité chronique. «Pendant mes 16 ans au Niger, j’ai connu trois présidents et une présidente de CONOR au Mali. Ce n’est pas normal», a-t-il martelé. «Vous êtes les précurseurs des académies, vous avez produit des talents immenses comme Djila ou Seydou Keïta. Pourquoi n'êtes-vous pas en Coupe du monde ? Parce que vous perdez votre énergie dans les palabres», a-t-il ajouté.
Ce constat a été partagé par le président de l’UFOA-A, Lamin Kaba Bajo, rappelant que cette instabilité sacrifie l'avenir de millions de jeunes Maliens. Tidiani Niambélé, représentant les présidents d’honneur, a apporté une touche de sagesse à l’assemblée. Invoquant le «combat souverainiste» actuel du pays, il a rappelé que le football est un «phénomène social total» exigeant le respect de la parole donnée.
«On ne peut pas mettre une équipe en place et, dès demain, tirer dessus», a-t-il conseillé. Le secrétaire général de la Femafoot, Sidy Bekaye Magassa, a pour sa part reçu les hommages de l'assistance. En l'absence de comité exécutif pendant quatre mois, il a réussi le tour de force de maintenir les compétitions nationales et la préparation des sélections, assurant ainsi la continuité du service.
Présidant la cérémonie d’ouverture, Modibo Traoré, secrétaire général du ministère en charge de la Jeunesse et des Sports, a réitéré l’engagement total du gouvernement pour une transition inclusive. «Le football vibre de Kayes à Taoudénit. Le Mali a besoin de stabilité pour transformer ses talents en succès concrets », a-t-il déclaré avant d’ouvrir officiellement les travaux.
Avec une seule liste en lice, conduite par Mahazou dit Baba Cisset, l'issue du scrutin semble tracée. Bien que seul candidat, il devait obtenir la majorité absolue (37 voix sur 72) pour valider son mandat. Fort du soutien de 7 ligues sur 9 et de 14 clubs professionnels, le futur président hérite d’un chantier immense : restaurer la confiance, briser le plafond de verre international.
Le message de Bamako est désormais clair : l’heure n’est plus à la division, mais à l’union sacrée autour du ballon rond malien.
Ladji Madiheri DIABY
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