26 mars 1991-26 mars 2026, il y a exactement 35 ans, jour pour jour, une révolution populaire renversait le régime du Général Moussa Traoré. Pour commémorer cet évènement historique de notre pays, le Chef du gouvernement, le Général de division Abdoulaye Maïga a, au nom du Président de la Transition, procédé, hier, au dépôt de gerbe de fleurs aux pieds du monument dédié aux martyrs de 1991.
Cet acte du Premier ministre symbolise la reconnaissance de la Nation aux sacrifices des héros tombés pour l'avènement de la démocratie au Mali. Des acteurs de cette révolution ont tenu à saluer leur mémoire par leur présence massive à cette cérémonie solennelle. Ont participé également à cette journée de commémoration, des membres du gouvernement, du corps diplomatique accrédité dans notre pays et des autorités administratives et politiques du District de Bamako. L’on pouvait lire sur la banderole : « la mémoire des martyrs, guide la refondation nationale».
Il est 9 heures, après les salutations protocolaires et l’exécution de l’hymne national, le Premier ministre respecte la tradition en s’inclinant devant la mémoire des martyrs. Dans son message à la presse, il a rappelé qu’il y a 35 ans, des Maliens ont payé le sacrifice ultime pour un idéal démocratique. Le Général de division Abdoulaye Maïga a rendu un hommage mérité aux victimes de ces évènements tragiques tout en implorant Dieu d’accepter les personnes décédées au paradis et a souhaité prompt rétablissement aux blessés.
Le Chef du gouvernement a affirmé que la commémoration de la journée des martyrs revêt plusieurs symboliques. Outre le devoir de mémoire, a-t-il souligné, c’est une indication claire de la volonté des autorités maliennes de matérialiser à travers différentions actions, cet idéal démocratique. «Il y 35 ans, je crois que nul ne peut contester le fait que la pratique et l’exercice démocratique dans notre pays aient connu des acquis qu’il faut consolider», a constaté le Premier ministre, reconnaissant dans le même temps que cette pratique démocratique a connu de grandes difficultés.
«Des difficultés qu’il faut corriger afin d’avoir une démocratie parfaite», a souhaité le Général de division Abdoulaye Maïga, avant de rappeler le dysfonctionnement de la pratique démocratique qui, pour lui, est la cause endogène de la crise multidimensionnelle que le pays connaît. «En 2012, nous avons perdu plus de 70% de notre territoire avec son lot de victimes civiles et militaires», a-t-il déploré, ajoutant que c’est compte tenu de toutes ces difficultés que le Président de la Transition a donné la parole aux Maliens pour qu’ils puissent faire un diagnostic sans complaisance de la situation politique, socio-économique du pays.
Le Général de division Abdoulaye Maïga (en blanc) lors du dépôt de gerbe de fleurs aux pieds du monument dédié aux martyrs
Pour le Premier ministre, les 517 recommandations issues des Assises nationales de la refondation (ANR) constituent le socle du Mali kura, la boussole du Chef de l’état. Dans cette dynamique, le Premier ministre a relevé des avancées, parmi lesquelles, l’amélioration substantielle de la sécurité des personnes et de leurs biens, l’équipement des Forces armées maliennes (FAMa), la reprise de plusieurs sanctuaires terroristes, l’adoption de la Constitution du 22 juillet 2023 et la relecture du code minier.
Citant ces résultats tangibles, le Chef du gouvernement a noté l’édiction des trois principes guidant l’action publique à savoir le respect de la souveraineté du Mali, le respect des choix stratégiques et des partenariats opérés par le pays et la défense des intérêts vitaux du peuple malien. A ce propos, le Chef de l’Administration malienne a insisté que les questions de souveraineté sont non négociables et constituent la cheville ouvrière de la refondation du Mali. Dans cette lancée, il a évoqué surtout l’initiative de la Confédération des états du Sahel qui repose sur les principes de souveraineté. Une Confédération qui, selon lui, aspire à devenir une puissance régionale.
Par ailleurs, le Général de division Abdoulaye Maïga a évoqué l’adoption d’une vision prospective pour notre pays jusqu’en 2063. Pour lui, ces actions matérialisent le processus de refondation dans notre pays. Toutefois, le Premier ministre a indiqué que des difficultés existent toujours, promettant qu’elles seront résolues. Pour relever ces défis, il a soutenu que le processus de refondation repose sur un prérequis extrêmement important pour la réalisation de la cohésion nationale.
Au nom du Chef de l’État, le Général de division Abdoulaye Maïga a salué la résilience du peuple malien face aux assauts de l’ennemi et aux difficultés de la vie quotidienne. Le Chef du gouvernement a exhorté ses compatriotes à la vigilance et à ne pas céder aux sirènes de la division et de la désinformation. De son point de vue, le Mali kura est une réalité. « Tous les objectifs assignés par le peuple à l’issue des ANR et d’autres fora seront pleinement atteints », a-t-il assuré.
Namory KOUYATE
Acculés par la pression militaire exercée par les Forces armées maliennes (FAMa), les groupes armés terroristes et leurs parrains se rabattent désormais sur le terrain médiatique pour tenter de déstabiliser notre pays. Cette dénonciation a été faite par le patron de la Direction de l’inf.
Les deux tomes du rapportLe rapport annuel d’activités 2025 constitue un document monumental de 1.087 pages, structuré en deux volumes distincts avec un premier tome de 381 pages consacré aux services centraux et un second tome de 706 pages dédié aux juridictions nationales..
La hausse des prix du carburant au Mali, observée il y a quelques jours, suscite de nombreuses interrogations et inquiétudes au sein de la population..
Dans une de nos tribunes, au tout début de la guerre au Moyen Orient, nous avions souligné la proximité temporelle de ce conflit, même s’il se déroule à des milliers de kilomètres de chez nous. Le monde d’aujourd’hui est devenu un petit village où l’on entend le moindre coup de pilon.
Par décision N° 96-06 /PM du 26 Février 1996, il a été crée une Commission nationale d’organisation de la cérémonie «Flamme de la Paix» présidée par SEM Dioncounda Traoré, ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, des Maliens de l’Extérieur et de l’Intégration afri.
Trente-cinq ans après les évènements historiques de mars 1991, le Mali ne se contente plus de commémorer. Il s'interroge. À l'heure où la Transition place la souveraineté au cœur de l'action publique, la question de l'héritage des martyrs de la démocratie revêt une dimension nouvelle.