Dr Sidy Ba, enseignant-chercheur à l'ENI-ABT, a animé la conférence
La rencontre était animée par Dr Sidy Ba, enseignant-chercheur à l’École nationale d’ingénieurs Abderhamane Baba Touré (ENI-ABT) et directeur du Laboratoire de génie chimique et environnemental (LG-ChE). Il avait à ses côtés le doctorant en génie environnemental, Balla Coulibaly, dont la présentation a porté sur la contamination du fleuve Niger par les rejets d’eaux usées hospitalières contenant des molécules d’antibiotiques.
Devant un parterre de journalistes et de représentants des services de l’environnement et de l’eau, Dr Sidy Ba a rappelé que le projet NATURE s’inscrit dans une dynamique de recherche axée sur les solutions fondées sur la nature pour réduire la présence des antibiotiques, des bactéries pathogènes et la résistance aux antimicrobiens dans les écosystèmes aquatiques. «Nous avons mené une étude sur la présence des antibiotiques dans les eaux usées de certains hôpitaux de Bamako qui aboutissent au fleuve Niger», a expliqué le conférencier, soulignant que ce cours d’eau constitue une source essentielle d’alimentation en eau potable pour la capitale et plusieurs autres villes du pays.
Selon les chercheurs, les hôpitaux figurent parmi les principales sources de rejet de résidus pharmaceutiques dans les milieux aquatiques. Par ailleurs, la surprescription et l’usage incontrôlé des antibiotiques contribuent fortement au développement de la résistance antimicrobienne, considérée aujourd’hui comme une menace mondiale majeure de santé. D’après l’Organisation mondiale de la santé (OMS), ce phénomène pourrait causer jusqu’à 10 millions de décès par an d’ici 2050 à travers le monde.
Les investigations réalisées dans le cadre du projet ont porté sur quatre grands hôpitaux de Bamako, à savoir l’Hôpital du Point G, l’Hôpital Gabriel Touré, l’Hôpital du Mali et l’Hôpital Golden Life. Des prélèvements ont été effectués à la sortie de ces établissements ainsi qu’aux points de rejet finaux dans le fleuve Niger. Les analyses ont mis en évidence la présence généralisée et persistante de plusieurs molécules d’antibiotiques dans les effluents hospitaliers, avec des concentrations parfois très élevées par rapport aux données disponibles dans la littérature scientifique. Les chercheurs ont également observé une atténuation partielle au fil des écoulements, sans pour autant éliminer le danger au niveau des zones de rejet.
Les résultats présentés au cours de la rencontre ont montré que ces résidus d’antibiotiques présentent un risque écotoxicologique élevé pour les espèces aquatiques, notamment les poissons. Plus inquiétant encore, leur présence favorise l’apparition et la propagation de bactéries résistantes aux antibiotiques, réduisant ainsi l’efficacité des traitements contre certaines infections.
Face à ces constats, Dr Sidy Ba et son équipe ont formulé plusieurs recommandations. La première porte sur le renforcement de la bonne gouvernance des antibiotiques et la rationalisation de leur prescription en milieu clinique. «Là où ce n’est pas nécessaire de prescrire des antibiotiques, il faut l’éviter», a-t-il insisté. Le chercheur a aussi appelé à une application plus stricte de la réglementation sur l’accès à ces médicaments. Il a notamment dénoncé la vente informelle d’antibiotiques par des pharmacies ambulantes, estimant qu’aucun antibiotique ne devrait être acquis sans ordonnance médicale.
La deuxième recommandation concerne l’amélioration des infrastructures de collecte et de traitement des eaux usées hospitalières. Selon les responsables du projet, les systèmes existants ne sont pas conçus pour éliminer efficacement les micropolluants pharmaceutiques comme les antibiotiques. À ce propos, les chercheurs ont préconisé la promotion de solutions durables adaptées au contexte local, notamment les solutions fondées sur la nature telles que les filtres végétalisés.
Ces dispositifs, jugés économiques et efficaces, pourraient contribuer à réduire la contamination du fleuve Niger et limiter la résistance antimicrobienne dans l’environnement.
Au terme de la rencontre, le conférencier principal a invité les administrations compétentes, les structures sanitaires, les collectivités territoriales, les agences de contrôle, la société civile ainsi que les partenaires techniques et financiers à renforcer leur collaboration afin de protéger le fleuve Niger, dans une approche intégrée «One Health », reliant la santé humaine, animale et environnementale.
Le projet NATURE, lancé en septembre 2021 et clôturé en décembre 2024, a été mené en consortium avec cinq institutions de recherche européennes et une malienne. Plusieurs publications scientifiques ont déjà été produites, et d’autres données restent en cours d’exploitation.
Makan SISSOKO
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