Une vue des membres du comité lors des travaux ADRS
Malgré un contexte difficile, la mise en œuvre du Contrat-Plan État-ADRS-exploitants agricoles 2023-2025 est jugée globalement satisfaisante. C’est le constat qui ressort de la réunion du comité de suivi, tenue vendredi dernier, à l’antenne de Bamako de l’Agence de développement rural de la vallée du fleuve Sénégal (ADRS), consacrée à l’examen et à l’adoption du rapport d’évaluation du contrat.
Les travaux, dirigés par le président du comité de suivi du Contrat-Plan, Souleymane Diarra, en présence du directeur général de l’ADRS, Moussa Ben Issak Diallo, ont porté sur le niveau d’exécution des engagements, les résultats obtenus, les difficultés rencontrées ainsi que les écarts entre les prévisions et les réalisations. La rencontre devait également permettre de formuler des recommandations en vue de l’élaboration du prochain Contrat-Plan.
Dans son intervention, le président du comité de suivi a insisté sur la nécessité de disposer d’indicateurs fiables, d’assurer une meilleure traçabilité des résultats et de clarifier les responsabilités de chaque partie. « Les recommandations qui découleront de nos travaux devront être réalistes, hiérarchisées et assorties, autant que possible, de responsables clairement identifiés, d’échéances de mise en œuvre et de modalités de suivi », a indiqué Souleymane Diarra.
Pour le directeur général de l’ADRS, le bilan de la mise en œuvre du Contrat-Plan 2023-2025 est globalement satisfaisant, malgré les nombreuses contraintes rencontrées. Moussa Ben Issak Diallo a précisé que l’État a honoré ses engagements à hauteur de 66 % des dotations financières prévues.
Ces ressources ont notamment permis d’assurer l’entretien et la réhabilitation des infrastructures agricoles, de renforcer la formation des producteurs et l’encadrement technique, ainsi que de promouvoir de nouvelles pratiques agricoles, notamment le système de riziculture intensive (SRI). « Globalement, nous pouvons dire qu’à l’évaluation, certains engagements ont été exécutés de façon très satisfaisante, tandis que d’autres l’ont été de façon assez satisfaisante », a-t-il résumé.
Plusieurs difficultés ont toutefois affecté l’exécution du Contrat-Plan. Le directeur général de l’ADRS a notamment cité l’insécurité, l’enclavement de certaines zones de Kita et de Kayes ainsi que l’insuffisance des financements. Selon lui, l’exécution d’un Contrat-Plan étant directement liée aux objectifs fixés et aux moyens disponibles, le taux de mobilisation de 66 % des dotations financières de l’État n’a pas permis d’atteindre l’ensemble des objectifs initialement prévus.
La disponibilité de la main-d’œuvre agricole constitue également une préoccupation. La migration de nombreux jeunes vers les zones minières prive les exploitations d’une partie de leur force de travail. À cela s’ajoutent les effets du changement climatique, notamment les pluies tardives et irrégulières, qui perturbent les calendriers agricoles et compliquent les activités de production.
Pour le prochain Contrat-Plan, l’ADRS souhaite bénéficier d’une dotation financière suffisante afin d’atteindre les objectifs fixés et de contribuer davantage à la sécurité alimentaire. Le directeur général recommande également une évolution du mécanisme de financement. Il préconise notamment une planification triennale des financements, qui permettrait de disposer d’une meilleure visibilité et de programmer les travaux au cours des périodes les plus favorables.
S’adressant aux producteurs, Moussa Ben Issak Diallo les a exhortés à privilégier l’exploitation des terres aménagées et à rester engagés dans l’agriculture. « Ces aménagements sont plus importants que les mines », a-t-il estimé, rappelant que les activités minières sont temporaires et comportent également des risques. Pour lui, c’est à travers l’exploitation durable des périmètres agricoles que les producteurs pourront créer durablement de la richesse et contribuer à la sécurité alimentaire du pays.
Amadou GUEGUERE
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